Accélérateur PME : la 3e promotion reprend le flambeau

Auréolés de leur succès, les accélérés pionniers viennent de transmettre, au cours d’une cérémonie au Hub de Bpifrance, leur plein d’énergie et d’enthousiasme aux 60 nouvelles entreprises sélectionnées pour intégrer le programme.

Nicolas Dufourcq

« On a besoin d’entreprises puissantes ! », a lancé Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, devant une salle comble, lors de la cérémonie de clôture de la promotion pionnière de l’Accélérateur PME, qui marquait en même temps le lancement de sa troisième vague. Un cursus qui vise à permettre aux petites et aux moyennes entreprises de devenir les ETI de demain, grâce à un accompagnement personnalisé par Bpifrance durant pas moins de 24 mois ; selon des axes tels que la croissance, l’emploi, la gouvernance, la performance et l’internationalisation.

Car le constat est sévère : la France souffre d’un déficit d’entreprises de taille intermédiaire. « On ne peut pas imaginer avoir notre contingent légitime de médailles aux jeux olympiques de l’économie mondiale si on ne forme pas nos athlètes dans des centres techniques nationaux ou régionaux extrêmement exigeants, fondés sur une religion de la performance et organisés, structurés et dotés de moyens. Notre vision est que dans toutes les régions de France, il y ait un accélérateur de PME et d’ETI à la fin de l’année 2018 », a-t-il martelé devant quelque 200 entrepreneurs.

Lancée en mars 2015, la toute première promotion de l’Accélérateur PME de Bpifrance, riche de soixante entreprises participantes, semble convaincue par le concept. « Beaucoup d’énergie », « d’émulation », « l’occasion de créer un réseau solide », « gonflés à bloc » … sont quelques-unes des impressions partagées par les entrepreneurs diplômés et qui ont résonné à l'occasion d’une rétrospective filmée sur les deux années vécues au sein du programme. Mais ils étaient surtout plusieurs à se relayer pour témoigner en chair et en os de ce que l’Accélérateur leur a apporté.

Paroles d’accélérés

Anne-Lise Melki

Équipée, pour l’occasion, de jumelles – un outil quotidien dans son métier pour observer des oiseaux – Anne-Lise Melki, directrice adjointe de Biotope, une entreprise spécialisée dans l’ingénierie écologique, a ainsi déclaré : « L’accélérateur m’a beaucoup apporté : on se sent moins seul, on a plus confiance en soi, on est plus décomplexé et on sait dire stop ou réorienter un projet. » 

"Il faut parler de ses problèmes, c’est là qu’on apprend beaucoup " Jean-Luc Thomé, président de BA Systèmes

Briser la solitude du dirigeant est en effet essentiel. « Apprenez à vous connaître le plus tôt possible, faites tomber les masques ! Il faut parler de ses problèmes, c’est là qu’on apprend beaucoup », a conseillé de son côté Jean-Luc Thomé, président de BA Systèmes, spécialiste de solutions intralogistiques, pour qui le programme a notamment été l’occasion « de structurer le comité de direction et de donner à celui-ci une conscience et une confiance collective sur ce que peut être la croissance. »
« J’avais besoin de savoir où aller, pourquoi y aller, et comment faire adhérer les gens. Et j’ai trouvé des réponses à ces questions à travers le programme », a raconté pour sa part Céline Gris, directrice générale de Gris Découpage, fabricant de composants métalliques pour les constructeurs automobiles, une société fondée par son père. D’ailleurs, « le programme est un formidable outil pour benchmarker tout ce qui se fait de mieux », a noté celle qui est en train de travailler sur l’usine du futur. Laurent Duray, président de LIM Group, un fabricant de selles d’équitation haut de gamme, en est quant à lui sorti fort d’une inspiration, d’une « prise de recul », d’une « redéfinition des priorités », sans oublier qu’une quarantaine de ses collaborateurs ont depuis intégré le capital de la PME. « Sans le programme, je n’aurais jamais osé prendre une telle décision », a-t-il souligné en témoignant en duplex.

Hugues Golzio
Pierre Guirard, président de Pneu Wyz, distributeur de pneus sur Internet, était, lui, loin d’imaginer il y a deux ans où son entreprise, « petit poucet de la bande », en serait à l’issue de la formation. Au moment d’intégrer celle-ci, « nous faisions 15 millions d’euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, nous dépassons 38 millions ». Avec, en prime, une implantation dans six pays à la fin de l’année. Difficile enfin de passer à côté de l’optimisme de Hugues Golzio, Pdg de BEG Ingénierie, concepteur de grands bâtiments commerciaux, qui n’a pas hésité à mettre son chapeau « d’explorateur » pour mieux symboliser la nouvelle confiance de son entreprise, forte désormais de 250 collaborateurs et passée ainsi au statut d'ETI.

Un tiers des accélérés devenus des ETI

Autant d’enthousiasme qui se lit aussi dans les chiffres. « Ce plafond de verre de 50 millions d’euros et de 250 salariés, qui est le seuil pour devenir une ETI, vous êtes 20 à l’avoir brisé et les autres sont dans les starting-blocks pour le faire », s’est réjouie Fanny Letier, directrice exécutive des Fonds propres PME et de l’Accompagnement de Bpifrance, en dressant le bilan de la première promotion.

À en juger par les statistiques, l’essai est transformé : une croissance moyenne de 22 % du C.A. en deux ans pour les membres de la première promotion, des effectifs en hausse de 9,6 % par an, quelque 68 % des PME accélérées qui ont ouvert de nouveaux marchés… Un succès consacré par une remise solennelle de diplômes. « La première promotion prend fin, mais c’est maintenant que tout commence. Vous êtes 85 % à nous dire que vous souhaitez une suite au programme », a savouré Fanny Letier.

La 3e vague est lancée

Louis Gallois et Michel Bon

Place désormais aux soixante nouvelles PME qui ont été sélectionnées par Bpifrance pour rejoindre l’aventure. Issues de toutes les régions et de nombre de secteurs d’activité, elles seront « accélérées » autour de deux fils rouges : l’international et le digital. À l’ère de la révolution numérique, cette dernière se pose comme un défi majeur pour les entreprises. « Je constate que beaucoup de PME hésitent face à la transformation numérique », a pointé Louis Gallois, président du Conseil de surveillance de PSA Groupe, ex-patron de la SNCF, d’EADS… et parrain de cette troisième promotion d’accélérés. « Il me paraît très important qu’il y ait du coaching dans ce domaine, c’est-à-dire que l’entreprise ne soit pas seule vis-à-vis de ce problème. » La transformation numérique « donne une chance à des PME qui n’ont pas d’énormes capitaux. Encore faut-il passer à l’acte et c’est parfois un bouleversement complet de l’entreprise auquel il faut se préparer », a-t-il relevé lors d’une table-ronde avec Michel Bon, président du Conseil de surveillance de Devoteam. « Vous êtes beaucoup plus agiles que les grandes entreprises », a quant à lui rappelé ce dernier aux PME.

Les nouveaux accélérés n’ont pu qu’être galvanisés par les témoignages de la soirée. « C’est très enthousiasmant ! On est chacun dans son domaine, dans son coin, et le fait de pouvoir ouvrir les yeux et échanger avec d’autres entreprises est vraiment réjouissant », a confié Gilles Knoery, directeur général de Digora, une PME spécialisée dans la gestion des données, sur son stand, au beau milieu du showroom dévolu aux nouveaux membres. « C’est une sorte de sas qui va nous injecter de la compétence et de la connaissance. On va nous pousser dans nos retranchements et c’est très intéressant », a glissé de son côté Didier Riahi, le patron de Juste à temps, spécialiste des produits de convivialité en entreprise, au moment où le cocktail battait son plein. Une occasion en or pour commencer à échanger avec d’autres accélérés, sans tarder !

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