Bpifrance Inno Génération 2017 : penser grand pour transformer le monde

Pour être acteurs de la mutation en cours, les entrepreneurs doivent oser. Oser faire ce qui n'a jamais été entrepris, oser voir grand et avoir le courage de relever tous les défis : tel a été le message de la 3e édition de Bpifrance Inno Generation

Si, grâce à l'installation de MK2, la réalité virtuelle pouvait être expérimentée dans les couloirs de l'AccorHotels Arena, à l'occasion de Bpifrance Inno Generation, c'est une situation bien réelle qui a été évoquée par les quelque 600 intervenants et intervenantes de la journée du 12 octobre, placée sous le signe de la transformation du monde. Une transformation déjà en cours, et qui va à toute allure.

Pas question, dans ces conditions, de manquer le train. « Nous avons 30 mois devant nous », a lancé Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, faisant référence aux Trente Glorieuses. Et pour cause, « le temps long n'existe plus », a renchéri Christel Bories, la nouvelle patronne d'Eramet. « Aujourd'hui 25 % de la production s'effectue avec des technologies qui n'existaient pas il y a quelques années seulement », a-t-elle poursuivi, en décrivant des mines gérées à distance, exploitées par quelques grosses machines seulement.

Finis les complexes !

Pas question non plus d'avoir des complexes. « Je suis venu voir Xavier Niel, c'est un super champion, qui n'a pas hésité à s'attaquer aux gros », s'exclame ainsi Gaétano Vaccariello, un jeune startuppeur, parmi les milliers d'entrepreneurs sur place. Avec ses plateformes de e-commerce, de posting d'offres d'emploi et de services, il veut s'attaquer aussi bien à Amazon qu'à Monster et au Bon Coin ! Chacun et chacune peut se lancer, chacun et chacune peut innover. Que l'on soit « né à Créteil, dans une famille moyenne », comme Xavier Niel, fils d'agriculteur de l'Aveyron, tel Pierre-Jean Malgouyres, patron du cabinet de consultance en urbanisme Archetype, dont le groupe est aujourd'hui présent dans 15 pays d'Asie, fils d'immigrés, comme Frédéric Sanchez, qui a redressé le groupe d’ingénierie industrielle Fives, ou issue de la banlieue, telle Sarah Ourahmoune, médaillée d'argent aux Jeux Olympiques de Rio et fondatrice de la société Boxer Inside. « Mon premier combat a été avec ma mère, qui ne voulait pas que je fasse de la boxe ! », relate-t-elle.

Fabuleuse French Fab

Mais surtout, on parle d'avenir. Chaque intervenant et intervenante a le petit coq bleu de la French Fab à la poitrine, signe de la mutation d'une économie désindustrialisée en un pays riche de nouvelles usines 4.0. « Pourquoi l'Europe, qui représente près de 25 % du PIB mondial, ne pèse encore que 3 % lorsqu'on prend la valeur des entreprises de la tech ? », s'interroge Xavier Niel

"La France peut être l'incubateur de l'Europe" Erel Margalit

La France a toutes les cartes en main pour retourner cette tendance : un écosystème idéal, fait de talents entrepreneuriaux, de chercheurs à la tête bien faite, de coups de pouce venant d'incubateurs comme la Station F, et d'investisseurs qui osent faire confiance. De fait, « la France peut être l'incubateur de l'Europe, affirme de son côté Erel Margalit, fondateur de Jerusalem Venture Partners. Et elle peut faire le lien avec la Méditerranée. » La révolution en cours offre ainsi une place de choix à l'Hexagone dans le monde - et une promesse d'expansion pour les entreprises.

Les ballons qui flottent dans l'Arena, marquant les lieux de rendez-vous pour s'informer sur l'Afrique, l'Amérique latine ou un autre marché, n'indiquent pas autre chose. Le monde est à portée de main. Surtout si l'on veut le conquérir en surfant sur la vague de la tech, de l'intelligence artificielle ou des énergies vertes. « Pour l'instant, nous dépolluons les eaux industrielles en enlevant le sel de l'eau, explique Stanislas de Montlebert, de la société Adionics, présent lui aussi sur place. Demain, nous proposerons du lithium, pour les batteries de véhicules électriques. » Un créneau porteur s'il en est... Mais l'innovation peut aussi trouver sa place dans les activités traditionnelles. « A condition, comme l'indique le célèbre pâtissier Christophe Michalak, de ne pas surfer sur la vieille vague des macarons ! ». Nouvelles présentations, plus nomades, nouvelles textures, moins grasses, nouvelles compositions, moins sucrées, et une marque de fabrique, sous le signe de la French Touch, qui se projette aujourd'hui dans le monde entier.

Rencontres prometteuses

Pas question, enfin, d'être passif : Bpifrance Inno Generation est aussi l'occasion de rencontres, fortuites ou organisées. Thomas Othax, lui, attend avec impatience de parler avec les responsables de Limagrain, pour voir si Packitoo, sa plateforme de sourcing de parckaging sur mesure, pourrait séduire les producteurs. Il a des arguments : « Notre plateforme permet de faire baisser le budget packaging de 20 à 40 % », assure-t-il. Une façon aussi pour les petits producteurs, comme sa famille, qui fait des confitures dans le Sud-Ouest, de promouvoir leurs produits et de séduire davantage de clients. En outre, un nouvel espace, baptisé « A bâtons rompus », permet au public d'aller plus loin, en s'adressant en one-to-one aux intervenants, qui sont là pour cela, comme Denis Philipon, le PDG de voyageprivé.com. « Je suis vrai », dit-il simplement, en parlant de l'école des XV, qui soutient des jeunes en difficulté scolaire, issus des quartiers d'Aix en Provence, siège de l'entreprise. La révolution, c'est aussi une prise de responsabilités sociétales plus forte. Chacun peut « faire sa part », comme l'assure Caroline Hilliet-Le Branchu, à la tête de la conserverie La Belle Iloise. Au delà de la pêche raisonnée, elle travaille à la protection de l'environnement - « 100 % des déchets de notre usine sont recyclés » - et en particulier des océans.

Les participants seront repartis forts de quelques certitudes : la révolution est un voyage - une aventure, même, collective et personnelle, dont il faut accepter « le désordre, créateur d'énergie », comme l'a souligné Nadia Fettah, à la tête de Saham Finances, pour conclure : « Souhaitons que le monde n'arrête pas de changer ». Chaque intervenant et intervenante aura partagé son expérience personnelle de la transformation : « Je suis entré à Normale Sup en nerd et j'en suis ressorti en costume trois pièces », s'amuse le mathématicien Cédric Villani, arrivé sur scène lavallière au cou et araignée à la boutonnière, comme il se doit, en jurant que sa mission sur l'intelligence artificielle devrait transformer le monde - et le changer lui aussi. Quant à Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, il a préféré, après avoir annoncé la mise en place prochaine de binômes entre chefs d'entreprise et parlementaires, sur différentes thématiques, « afin de transformer le réel », terminer sur un tube, celui de Freddie Mercury Don't stop me now. La révolution ne fait que commencer !  

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