Europe centrale et orientale : il suffit de franchir le pas !

Michel Lodolo
Une conjoncture économique particulièrement favorable, des besoins en équipements, infrastructures et biens de consommation soutenus par une forte croissance et des pouvoirs d’achat en hausse. Si proches, et pourtant si lointains, les pays d’Europe centrale et orientale présentent de vrais potentiels pour le développement à l’international des PME et ETI françaises, dans la plupart des secteurs d’activité.  

Précisions avec Michel Lodolo, directeur zone Europe Centrale et Orientale chez Business France.

Une conjoncture favorable aux investissements étrangers

Drapeau UE
« Indéniablement, l’adhésion à l’UE a été un accélérateur de croissance. L’Europe a financé des grands travaux d’infrastructures, les Etats devaient mettre la main à la poche à hauteur de 15 % seulement », souligne Michel Lodolo.

Ce point commun leur a permis d’entrer, malgré les crises, dans un cercle vertueux avec des taux de croissance : +3,8 % pour la Roumanie en 2017, +3,6 % pour la Hongrie, +3,5 % pour la Pologne et +3% pour la République Tchèque.

 Mais les fonds européens n’expliquent pas tout.  Ces pays bénéficient d’importants investissements privés étrangers. Les entreprises allemandes ont déjà pris une longueur d’avance, ayant plus tôt que les autres pressenti le potentiel de ces nouveaux marchés. Elles sont le plus souvent aux avant-postes, avec des parts de marché se situant autour de 25 % dans plusieurs pays de la zone.

Financements européens et investissements étrangers ont aussi dopé la consommation intérieure. Le chômage a fortement diminué, atteignant des taux extrêmement bas. Les salaires ont connu des hausses importantes et, bien que nettement inférieurs à ceux pratiqués dans la zone euro, ils ont boosté le pouvoir d’achat. La main-d’oeuvre y est qualifiée, voire très qualifiée. Le marché du travail est parfois en tension, difficulté que l’on peut contourner en proposant des rémunérations un peu plus élevées que la moyenne nationale, mais qui restent très compétitives.

 

Les PME et ETI dans le sillage des grands groupes français

Les éléments d’ordre macroéconomiques ont eu des répercussions sur la plupart des domaines d’activité, à commencer par l’industrie (automobile, aéronautique, énergie, environnement…). L’agriculture offre aussi d’importants débouchés (équipements, agro-machinisme, intrants, produits phytosanitaires…), de même que le secteur des nouvelles technologies avec de véritables pôles d’innovation et de brillantes réussites à l’image du Tchèque Avast dont l’antivirus est commercialisé à l’échelle mondiale.

Picto Consommation

Quant à la hausse de la consommation, elle est allée de pair avec le développement de réseaux de distribution et l’arrivée sur les territoires de grandes enseignes et de franchiseurs.

Du côté des investisseurs français, on retrouve Renault, PSA, Sanofi Avantis, Airbus Helicpoter, Véolia, Suez, BNP, Crédit Agricole… Cette ouverture vers l’Europe aura tout d’abord fait l’affaire des majors. « Mais, souligne Michel Lodolo, quels que soient les secteurs d’activité, elles ont appelé les PME et les ETI françaises, à les suivre. Quand Carrefour ou Auchan se sont implantés, la grande distribution n’existait pas dans ces pays. Ils ont entraîné avec eux des spécialistes de la lecture des codes barres, des terminaux de paiement, de la logistique, etc. on pourrait multiplier les exemples dans tous les secteurs d’activité ».

« Un accès direct aux marchés mais un accompagnement indispensable »

Reste que cette première vague d’implantations passée, la question posée aux PME et ETI de l’Hexagone est aussi celle d’un accès direct aux marchés de ces pays. « Aujourd’hui, du fait de la croissance, de la consommation, de la modernisation de l’économie, il y a une autre attractivité, celle des marchés domestiques », poursuit le responsable de la zone Europe centrale et orientale. 

« Trois pays sortent du lot, la Pologne avec 38 millions d’habitants, la Roumanie avec 21 millions et l’Ukraine avec 42 millions. Ils ont besoin de services, de compétences qui leur font défaut », tout comme les autres pays de la zone qui comptent entre 2 et 10 millions d’habitants. 

Dès lors, il faut savoir comment les aborder. Si tous sont à la recherche d'un standard européen, il existe entre eux des différences de maturité avec parfois, des écarts culturels qui jouent sur les relations d’affaires.

Photo Groupe Europe Centrale BF

Se faire accompagner par Business France, par Bpifrance qui propose des services à l’international (conseils, financements, crédit à l’exportation, assurance export) ou toute autre structure ayant une bonne connaissance du tissu économique, du marché, et du droit des affaires local, peut être déterminant. Ces conseils reviennent à chaque fois dans les propos des experts, avec cette préconisation, travailler avec un partenaire local pour mieux pénétrer son marché, pour réussir son implantation.

Un partenaire ça ne se choisit pas au hasard, mais en s’appuyant sur la présence française. Et puis, malgré une concurrence féroce qui n’est pas seulement le fait des pays l’UE, ne pas hésiter à franchir le pas : « les produits français jouissent d’une bonne image de marque et les PME et ETI qui proposent des produits et services innovants arrivent à tirer leur épingle du jeu. Pour cela, il ne faut pas avoir peur de se montrer face à la concurrence. Les entreprises françaises qui réussissent en Europe centrale et orientale, sont justement celles qui avancent dans ce sens. A partir du moment où il y a un enrichissement de la zone, un besoin de consommation, toutes les opportunités s’ouvrent aux entreprises françaises », conclut Michel Lodolo.

*Pays de la zone Europe centrale et orientale de Business France : Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Ukraine.

Russie, un vaste marché 

Photo Russie

Après des années de crise, accentuées par les sanctions internationales, la Russie renoue timidement avec la croissance. Le pays offre des opportunités aux PME et ETI françaises dans l’industrie agroalimentaire, la santé, la grande distribution, l’énergie nucléaire, le ferroviaire, les infrastructures et les nouvelles technologies notamment.
Pierric Bonnard, directeur pays de Business France, recommande de « ne pas foncer tête baissée », tout en invitant les entrepreneurs à se rendre compte du décalage existant entre l’image de ce pays souvent considéré comme risqué et a réalité économique ». Le marché compte 150 millions de consommateurs, 80 millions de plus avec les autres pays de la CEI1, excepté l’Ukraine.

Il recommande aux PME de se faire accompagner par un acteur connaissant bien le marché de l’intérieur, les pratiques commerciales et les codes culturels. « Il faut signaler une forte présence française en Russie. C’est rassurant, ça aide à trouver des interlocuteurs en termes de débouchés. La France est le premier investisseur et le premier employeur étranger du pays. La Russie est un pays qui évolue très vite », souligne-t-il.

1 Liste des pays de la Communauté des Etats Indépendants

Partagez cette actu !
Abonnez-vous !

Recevez les dernières actualités directement dans votre boîte email.

CONNECTEZ-VOUS AVEC L’UNIVERS ENTREPREUNARIAL

Ne perdez pas le fil

Publié par Facebook sur 

EdTech : ces start-up françaises qui dessinent l’éducation du futur https://t.co/R6LRd0MxO4

À LIRE ÉGALEMENT

Pour aller encore plus loin.