Hongrie : savoir se positionner dans la chaine de production

Entrepreneurs, pensez à l'Europe de l'Est ! 
Entrée dans l’Union européenne en 2004, la Hongrie bénéficie d’importants fonds européens qui contribuent à tirer sa croissance vers le haut. De multiples secteurs d’activité sont accessibles aux PME françaises, mais le pays se positionne notamment comme un « atelier de production » ouvert sur des marchés internationaux, comme l’explique Arnaud Zerkovitz, directeur pays chez Business France.

Qu’en est-il aujourd’hui de la conjoncture économique du pays ?

Globalement la situation est bonne. Les fondamentaux économiques sont sains.  Le pays est sorti de la procédure de déficit excessif en juin 2013. En 2014 il a enregistré une croissance de plus de 4 %, de 3,1 % en 2015, puis de 1,9 % l’an dernier. Le déficit public est à -2,4 % du PIB en 2017, la balance commerciale est positive. Le chômage est descendu à 4,3 % (contre 11 % en 2013).

Pour la période 2014-2020, la Commission européenne prévoit d’investir 34 milliards d’euros de fonds, soit près de 5 milliards par an.

Quels sont les secteurs porteurs pour les entreprises françaises ?

Medicament

De la période du bloc de l’Est, La Hongrie a hérité d’une forte industrie pharmaceutique, mais également d’activités dans la sidérurgie, la fabrication d’autobus ou encore l’électronique.

Parc auto1

Aujourd’hui, l’automobile est le secteur porteur. 40 % des investissements étrangers en Hongrie vont vers l’industrie automobile avec la présence d’Audi, de Mercedes, de Suzuki et d’Opel, qui fabriquent environ 500 000 véhicules par an, et 2,5 millions de moteurs.

Budapest
Le tourisme favorise également la croissance, avec 14 millions de touristes en 2016, en augmentation de près de 10 % par rapport à 2015 ! Budapest est une capitale devenue tendance avec le tourisme thermal, et le tourisme médical, notamment pour les soins dentaires.
Bien sûr, comme partout, le secteur de l’énergie est important avec un programme de construction de réacteurs nucléaires. Enfin notons que l’agriculture représente 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an avec des terres cultivables couvrant près de 80 % du territoire.

Comment se positionner sur ces marchés ?

La stratégie que je préconise aux PME françaises : se positionner dans la chaine de production hongroise !

La stratégie que je préconise aux PME françaises est de se positionner dans la chaine de production hongroise, qui produit bien au-delà de son marché domestique. C’est là qu’il y a des places à prendre ! Le secteur agricole offre aussi des opportunités. Il bénéficie de fonds européens importants avec des besoins notamment en machinisme. Autre marché à saisir : celui des produits gourmets, des vins, et des produits alimentaires sains, bios pour lesquels les importations ne sont pas encore énormes mais en augmentation constante. 
On peut aussi parler des infrastructures ou de l’énergie, qui bénéficient de fonds européens pour des grands projets. La Hongrie vient de passer un gros contrat de centrale nucléaire avec la Russie, Paks 2. Il y aura donc besoin d’équipements sur lesquels on essaie de positionner les entreprises françaises. De même pour le ferroviaire.

Comment travailler en Hongrie, faut-il trouver un partenaire ?

Equipe Hongrie BF
Les partenariats sont réellement justifiés, quand il y a besoin d’un suivi technique ou commercial par exemple. 
Il faut cependant savoir que dans tous les cas, les Hongrois préfèreront dealer avec des Hongrois, d’autant qu’il y a une barrière linguistique : il peut parfois être difficile de travailler en anglais dans le pays. 
Aider les entreprises, c’est notre principale mission. Nous les conseillons sur les opportunités d’affaires, facilitons la mise en relation avec les bons partenaires. Nous pouvons aussi accroître leur notoriété par la communication et les aider à travers le VIE qui est une formidable solution RH.

A noter, les Hongrois se déplacent assez facilement sur les salons en Allemagne, c’est l’occasion de les rencontrer.

Vous évoquez l’Allemagne, est-ce un concurrent sérieux pour les Français ?

L’Allemagne, c’est 26 % du commerce extérieur de la Hongrie, la France arrive en 4e position avec moins de 5 %. Les chiffres sont à peu près équivalents qu’il s’agisse des importations ou des exportations. Autant dire que la concurrence allemande est très forte. Pour autant, les entreprises françaises peuvent tirer leur épingle du jeu. Le pays compte 320 filiales d’entreprises françaises, employant 40 000 personnes pour un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros, ce qui est loin d’être ridicule au regard du PIB du pays qui est de 112 Mds d’euros. Le groupe Auchan réalise plus d’un milliard et Schneider Electric plus de 800 millions !

Trois conseils pour venir en Hongrie

  • Vérifier que le marché existe, tous les secteurs ne sont pas porteurs, et qu’il n’est pas saturé. 
  • Avoir un partenaire local de confiance et le dynamiser.
  • Attention aux risques juridiques notamment dans les contrats publics

Le groupe JBT en Hongrie, un carrefour stratégique

logo GroupeJBT

Membre de Bpifrance Excellence, Le Groupe JBT a choisi de développer ses activités à Siofok, près du lac Balaton, en Hongrie, avec une filiale employant 200 personnes : certains de ses clients sont en effet implantés dans ce pays, ce qui a nécessité de se rapprocher de leurs unités de production, explique Jean-Charles Blanc, directeur commercial de cette ETI spécialisée dans l’injection plastique et l’assemblage de multicomposants pour le domaine industriel automobile, pharmaceutique et médical via la production en salles blanches. Les atouts du marché hongrois ?

« C’est un pays en développement, avec une croissance régulière. Il y a un savoir-faire technique dans la plasturgie et un coût de la main d’œuvre raisonnable », indique-t-il. Les défis ? « Le hongrois est une langue très spécifique et très peu de gens parlent l’anglais. » Par ailleurs, « le turnover est élevé car les salaires augmentent assez rapidement. » La Hongrie, enfin, peut être une base pour servir d’autres marchés de la région. « Nous travaillons avec de grands groupes internationaux qui peuvent être localisés en République tchèque ou en Roumanie », confie-t-il.

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