#InnoGeneration : santé et data, la gestion des données pourra-t-elle remplacer les médecins ?

Le volume des données disponibles devrait être multiplié par 50 d’ici 2020. Dans ces conditions, comment capitaliser sur le potentiel de ces données pour délivrer des soins de santé plus intelligents, efficaces et centrés sur le patient ? Comment gérer et protéger ces données ? Quel est leur potentiel en termes d’aide au diagnostic, prévention… Réponses en vidéo.

Quel encadrement de l’usage des données personnelles ?

Le 25 mai 2018 entrera en application la nouvelle réglementation européenne qui encadre strictement l’utilisation par les entreprises des données à caractère personnel (données qui permettent l’identification directe ou indirecte d’une personne). Le but : « renforcer les droits des personnes (droit à la portabilité des données personnelles notamment), responsabiliser les acteurs traitants les données et renforcer la coopération entre les autorités de protection des données. » explique Olivier Desbiey, membre du Laboratoire d’Innovation Numérique de la CNIL. Il rappelle aussi que l’objectif est d’encadrer l’usage des données, pas de l’interdire. Pour Alexandre Le Guilcher, directeur Innovation R&D d’Evolucare « La technologie (IA, data mining) arrive plus vite que la demande dans ce secteur, mais le cadre règlementaire évolue plus lentement que la technologie, ce qui peut constituer un frein. »

3 exemples d’utilisations de la donnée

  • Détecter les complications

Le projet Smart Angel, porté par la société Evolucare, vise à développer un système de surveillance multimétrique en continu permettant d’agréger l’ensemble des données concernant un patient, et de générer des alertes individualisées et contextualisées. Utilisable en intra-hospitalier ou en ambulatoire, ce système permettra de détecter précocement les complications post-opératoires et ainsi diminuer la mortalité post-opératoire et les taux de ré-hospitalisations.

  • Alerter le médecin

Implicity développe une plateforme de télésuivi des patients équipés d’un pacemaker ou d’un défibrillateur. La technologie d’intelligence artificielle traite les alertes de manière automatique et permet de trier et de synthétiser les données récupérées. Cet outil est compatible avec tous les types de dispositifs, quel que soit le fabricant. Les études ont d’ailleurs été réalisées en récupérant les données des 5 principaux fabricants de pacemakers et défibrillateurs. Pour Arnaud Rosier, cardiologue et CEO d’Implicity, « l’intelligence artificielle permet de trouver rapidement les informations pertinentes et d’alerter le médecin uniquement quand c’est nécessaire. »

  • Faire gagner du temps aux personnels soignants

Cardiologs développe un logiciel d'assistance à l'interprétation d'électrocardiogrammes. L’objectif est d’entraîner les logiciels à prendre des décisions cliniques. Pour apprendre à reconnaître les particularités graphiques d'un ECG anormal, le logiciel a été alimenté par une vaste base de données d'ECG de personnes saines ou porteuses de pathologies cardiaques.

Une nouvelle relation à la santé

« On est dans la culture du risque santé. Aujourd’hui, le médecin n’annonce plus seulement un diagnostic, mais aussi un risque » explique Odile Peixoto, directrice santé de BVA Group.

"Le malade veut donner un sens à ses données, c’est le rôle du médecin de le faire."

Ainsi, l’« impact des data sur le métier de soignant est majeur, affirme-t-elle. Des études montrent que 9 % des Français surveillent au quotidien certains de leurs paramètres de santé et que 50 % seraient intéressés par un bilan de santé quotidien par test salivaire ». Et si les craintes sur l’utilisation des données de santé sont fortes, « 32 % des patients atteints de maladies chroniques se disent prêts à les mettre à disposition. » C’est pourquoi il est nécessaire d’encadrer ces données de santé. « Le malade veut donner un sens à ses données, c’est le rôle du médecin de le faire. La relation soignant/soigné est devenue horizontale car le patient est maintenant acteur de sa santé.» ajoute-t-elle. De plus, « la digitalisation remplace le temps-homme par du temps-machine et répond (ou crée) un besoin d’instantanéité ».

Pour conclure, tous les intervenants de cet atelier s’accordent sur le fait que le rôle des data est d’aider les soignants, de dégager du temps et d’optimiser les soins. Enfin, les outils de gestion des données n’ont pas vocation à remplacer le médecin mais de constituer une aide à la décision (par exemple : aide au diagnostic via l’utilisation d’un algorithme).

Intervenants de cet atelier Echo 5 lors Bpifrance Inno Generation  : Sandrine Degos (CEO, Care Insight ), Alexandre Le Guilcher (directeur Innovation R&D, Evolucare), Yann Fleureau (CEO, Cardiologs), Olivier Desbiey (membre du Laboratoire d’Innovation Numérique de la CNIL ), Arnaud Rosier (cardiologue CEO, Implicity), Odile Peixoto (directrice santé, BVA Group)

Organisé par la direction de l'expertise Bpifrance, en partenariat avec  Cap Digital, BVA Group

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