Les SATT, un guichet unique pour accéder à la richesse de la recherche

Créées pour valoriser les résultats de la recherche et les transférer vers l’industrie, les 14 Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies (SATT) ont déjà investi 100 M€ dans des projets de maturation et de preuve de concept et créé 60 start-up. Elles offrent aux PME un accès simplifié à des technologies « maturées » issues des laboratoires.

Satt : accélération

Les SATT (Société d’Accélération du Transfert de Technologies) constituent un « guichet privilégié pour accéder à la richesse de la recherche » assure Olivier Fréneaux, président de la SATT Sud Est et président de l’association Réseau SATT. Créées et financées dans le cadre du programme des investissements d’avenir, les SATT ont pour mission de valoriser les résultats de la recherche par la création de start-ups ou par le transfert de technologie vers l’industrie. C’est par exemple par l’intermédiaire de la SATT midi-pyrénéenne, Toulouse Tech Transfer, que la société FittingBox bénéficie d’une technologie issue de l’IRIT (Institut de Recherche en Informatique de Toulouse). Spécialisée dans les solutions interactives pour les professionnels de l’optique, FittingBox s’est appuyé, dans le cadre d’un projet de maturation de 18 mois, sur la nouvelle technique de réalité augmentée de l’IRIT pour développer des bornes interactives de simulation permettant un essayage virtuel des lunettes.

Depuis leur création à partir de 2012, dans le cadre du programme des investissements d’avenir, les 14 SATT, dont les 2 dernières sont nées à l’été 2014, ont ainsi détecté 3500 projets issus des laboratoires, déposé 700 brevets, accordé 180 licences d’exploitation et créé 60 start-ups. Elles offrent une porte d’entrée unique aux travaux de plus de 160 universités, organismes de recherche, établissements hospitaliers et écoles d’ingénieurs, qui en sont actionnaires. Au total, sur les 856 M€ dont les SATT disposent pour 10 ans, 100 M€ ont déjà été engagés dans des projets de maturation et de preuve de concept.

Simplifier et dé-risquer

« La démarche ne consiste pas à se rapprocher d'un chercheur, mais bien de mettre les PME en contact avec des projets dont la preuve de concept industrielle est démontrée par une étape de maturation dans la SATT » ajoute Laure Reinhart, directrice des partenariats chez Bpifrance. 

« Les SATT ont un véritable effet transformant » constate Claude Girard, responsable des investissements au Commissariat Général à l'Investissement. Ses services ont annoncé, le 26 février, avec le Gouvernement, le versement d'une seconde tranche de financement de 104 M€ aux cinq premières SATT labellisées : IDF Innov, LuTech, Toulouse Tech Transfert, SATT Sud Est et Conectus Alsace. Cette annonce s'inscrit dans la suite de l'évaluation indépendante menée par les cabinets Technopolis Group et Finance Consulting. « Les SATT apportent de la simplification et de la visibilité au dispositif de transfert de la recherche vers l'industrie » poursuit Claude Girard. « La démarche ne consiste pas à se rapprocher d'un chercheur, mais bien de mettre les PME en contact avec des projets dont la preuve de concept industrielle est démontrée par une étape de maturation dans la SATT » ajoute Laure Reinhart, directrice des partenariats chez Bpifrance qui a signé des conventions avec 5 SATT (Conectus en Alsace, Sud est en PACA, Ouest valorisation sur Bretagne et Pays de Loire, Grand centre / Auvergne / Limousin/ Poitou Charentes et AXLR en Languedoc Roussillon).

Valoriser jusqu'à la création d'entreprise

Un entrepreneur s'adresse désormais à un guichet unique pour trouver une technologie et négocier l’usage de titres de propriété intellectuelle avec l'ensemble des organismes de tutelle. Les SATT financent également la maturation de projets, cette étape cruciale pour intéresser les entreprises mais souvent délaissée par les financeurs. « Les SATT dé-risquent les résultats de recherche pour les industriels et livrent des technologies plus proches du marché » explique Olivier Fréneaux. Ce processus, qui peut s'étaler sur 18 mois, débouche sur des accords de licence d'exploitation. Les SATT vont jusqu'à accompagner la création de start-up. « Tout le monde était d’accord pour sortir le projet du laboratoire, raconte Pierre-Alain Muller, du laboratoire Modélisation, Intelligence, Processus et Systèmes (Mulhouse – Université de Haute-Alsace), mais personne ne savait comment faire ». La SATT Conectus Alsace a financé et accompagné pendant 18 mois la maturation de la technologie « Mind Tracking », un logiciel d’analyse du comportement des internautes. Devenu un outil de marketing comportemental destiné aux acteurs du web, aux boutiques en ligne ou aux sites d’information, la technologie a été à la base de la création en 2012 de BeamPulse par Pierre-Alain Muller et Patrick Rein. « La SATT nous a accompagné jusqu’à la rédaction des contrats » confie Patrick Rein. La start-up qui propose de convertir les visiteurs d’un site en acheteurs compte désormais de grands noms parmi ses clients et notamment Rue du Commerce ou Cdiscount et a multiplié son chiffre d’affaires par 5 depuis l’an dernier.

« Les SATT dé-risquent les résultats de recherche pour les industriels et livrent des technologies plus proches du marché » explique Olivier Fréneaux

Connecter les PME aux SATT

Pour autant, s'adresser à une SATT requiert un état d'esprit particulier. « Le chef d'entreprise qui se rapproche de la recherche doit savoir ce qu'il cherche » estime Laure Reinhart. « Si sa demande n'est pas suffisamment précise, la recherche peut le mener vers des problématiques qui ne l’intéresse pas directement. Dans le même temps, il doit être suffisamment ouvert sur la manière de parvenir à ses fins pour intégrer l'innovation ». Si Bpifrance met à disposition des PME et ETI une base de données pour accéder aux technologies et compétences compilées, ses chargés d'affaires constituent une bonne interface pour trouver les compétences dont elles ont besoin, notamment dans les SATT. D'autant que la banque publique met son expertise à disposition des SATT pour la sélection de projets pouvant rencontrer un marché et donc engager un processus de maturation d'une SATT, mais aussi pour la recherche d'entreprises intéressées par les projets en maturation. Les chargés d'affaires de Bpifrance peuvent dès lors accompagner le transfert de technologie souhaité par les PME en les connectant aux SATT et en articulant leurs produits de financement en innovation. La dimension régionale des SATT devrait d'ailleurs s'amplifier avec la loi de décentralisation et les compétences renforcées des régions en matière de développement économique et d'innovation. Les régions pourraient co-financer des projets, comme c'est déjà le cas en Languedoc-Roussillon avec la SATT AxLR.

L'avenir des SATT devrait également passer, comme le recommande le CGI après la première évaluation des premières SATT labellisées, par la mise en place d'indicateurs de performance homogènes et standardisés et d'outils communs pour la gestion des risques, par la construction collective, entre actionnaires, d'un avenir commun, mais aussi par l'amélioration des collaborations, la poursuite de la mutualisation et la professionnalisation des administrateurs. Parmi les chantiers des 3 prochaines années, Claude Girard cite également la réévaluation de certains plans d'affaires. « Au départ, les business plan ont pu être optimistes sur la rapidité de la maturation et sur la vitesse avec laquelle les recettes allaient arriver ». Mais, assure Claude Girard, « le potentiel existe ».

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