Volonté : savoir gérer ses échecs pour rebondir

Vous faîtes face à une situation d'échec ? Vous n'êtes pas le seul ! Il s'agit maintenant d'afficher votre volonté de vous relever et repartir du bon pied vers de nouvelles aventures. Quelques pistes pour négocier ce virage.

Qui n'a pas entendu, dans la Silicon Valley, un chef d'entreprise raconter avec délice ses déboires passés ? De fait, de l'autre côté de l'Atlantique, l'échec est quasiment érigé en religion. Aux yeux d'un investisseur, en effet, c'est un gage de maturité : vous n'en êtes pas à votre premier coup d'essai, on peut donc vous faire confiance ! Les choses sont quelque peu différentes en France, même si les mentalités évoluent. L'échec est encore mal perçu - et mal vécu. Pourtant, surtout si vous avez lancé votre start-up (selon les statistiques de l'Insee, près de la moitié des start-up font faillite dans les cinq années qui suivent leur création), vous devez envisager la possibilité d'un échec. Comment y faire face ? Comment rebondir ensuite ? Voici quelques pistes pour anticiper puis réagir face à la situation d'échec dans laquelle vous pourriez vous trouver.

Anticiper l'échec

Les chiffres de l'Insee parlent d'eux-mêmes. Il s'agit donc, avant de devoir réagir face à un échec, de l'envisager dès le lancement de votre entreprise. Cela signifie donc avoir un plan B, histoire d'assurer ses arrières. Les formes peuvent être diverses : elles vont de garder une activité en parallèle du lancement de la start-up à investir dans plusieurs structures en même temps, afin de pouvoir se rabattre sur celle qui fonctionne mieux le cas échéant. Dans tous les cas, il s'agit de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Cette protection stratégique doit être reproduite au point de vue personnel : attention, donc, aux emprunts et à une caution bancaire personnelle, par exemple, qui pourraient peser lourd en cas d'échec. En outre, si les choses pourraient changer à l'avenir, pensez également à souscrire, volontairement, à une assurance chômage. Vous pourriez être content de l'avoir fait...

Accepter l'échec lorsqu'il arrive

C'est facile à dire, mais pas forcément à faire, surtout si la pression de la société reste grande, comme en France. Toujours est-il qu'il faut, avec une aide psychologique ou un coach, si nécessaire, d'abord ne pas être dans le déni de l'échec, puis, accepter – et relativiser – ses responsabilités, ensuite, vivre la souffrance, car elle est là, et enfin, faire le deuil (comme dans le cas de la perte d'un être cher) du succès qui n'a pas eu lieu. Moralité : ne vous précipitez pas tête baissée dans une nouvelle aventure entrepreneuriale, sous prétexte d'oisiveté forcée. Mettez au contraire à profit cette période de latence pour comprendre et accepter ce qui s'est passé, et en tirer les leçons. Vous pouvez aussi, si nécessaire, faire usage de ce temps libre pour remettre à plat, voire à flot, vos finances. De cette façon, vous serez mieux armé pour rebondir ensuite. Et si vous avez vraiment besoin d'un dérivatif, pensez à tout sauf à l'entrepreneuriat ! Privilégiez le volontariat, la famille, le sport...

Fourbir ses armes pour rebondir

Une fois que vous avez réussi à donner du sens à votre échec et que vous avez géré les aspects administratifs, financiers et personnels, il est temps de passer à la prochaine étape - qui n'est pas forcément le lancement d'une nouvelle entreprise ! D'abord, si vous avez analysé votre échec, peut-être vous êtes-vous rendu compte qu'il vous manquait une dimension pour être un entrepreneur à succès : manque de rigueur et d'organisation, gestion humaine défaillante, inexpérience dans le e.business ou à l'international, etc. N'hésitez pas à suivre une formation qui pourra vous aider dans ces domaines, sans oublier un éventuel accompagnement psychologique ou du coaching, pour vous apprendre à déléguer, par exemple. Les formations vous offriront en outre la possibilité de rencontrer d'autres entrepreneurs, peut-être dans la même situation que vous, de vous sentir ainsi moins seul et de vous « regonfler »... .

Rebondir

Cette fois-ci, vous êtes fin prêt. Il s'est sans doute écoulé quelques mois, voire plus, entre la faillite de votre entreprise et aujourd'hui. Vous avez peut-être dû revenir au salariat. Vos proches - sans parler de votre banquier - ont encore certaines de vos difficultés en mémoire. Il est temps, cependant, de repartir à l'assaut. Soignez votre pensée concernant votre échec passé. Pas question de vous rabaisser, de vous flageller. Si vous êtes persuadé au fond de vous que vous avez appris et que cette mésaventure vous a rendu plus fort, cela se traduira dans votre discours et votre façon de vous comporter, devant des investisseurs potentiels, par exemple.

Pour aller plus loin :

  • 60 000 Rebonds : Créée en 2012, l’association a pour vocation d’aider à rebondir professionnellement les 60 000 entrepreneurs qui connaissent chaque année l’échec, accompagné d'un traumatisme financier, professionnel et personnel. L’association est présente dans une vingtaine de villes, partout en France.
  • Second Souffle : Créée en 2010, cette association, qui réunit des chefs d’entreprises, des élus locaux, des salariés et des bénévoles, est née du constat suivant : s'il existe nombre de structures pour aider à la création d'entreprise, celles qui favorisent la réinsertion professionnelle après un échec entrepreneurial sont rares. Second Souffle vise à combattre la marginalisation que peuvent vivre ceux qui ont connu l'échec entrepreneurial. Son slogan : l'échec est parfois une étape sur le chemin de la réussite.
  • En région : CREDIR (Centre d’entraînement pour dirigeants). Cette association, basée en Alsace, dispense des formations (stages, conférences, dossiers thématiques, comme « que faire après une faillite ») pour les transitions professionnelles individuelles.
  • Conférences FailCon : Nées aux Etats-Unis, ces conférences d'une journée, qui ont lieu désormais un peu partout dans le monde, y compris en France, s'adressent avant tout aux startuppers et aux investisseurs. Elles visent à étudier leurs échecs et ceux des autres, pour préparer les participants au succès.
  • Communauté Startup Leadership : « Première communauté mondiale d'entrepreneurs », comme le revendique son site web, cette structure offre surtout un programme de six mois de formation intensive à la création de start-up et au leadership. Mais rien ne vous empêche de vous tourner vers ceux qui ont été vos mentors en cas d'échec. C'est d'ailleurs vrai pour la plupart des incubateurs et accélérateurs.
  • Vaincre les solitudes du dirigeant : On est souvent bien seul lorsque l'on dirige une entreprise… C’est ce que confirme la dernière étude de Bpifrance Le Lab, intitulée « Vaincre les solitudes du dirigeant ». Sur les 2 400 dirigeants de PME et ETI qui y ont répondu, un sur deux reconnait se sentir isolé. L’étude de Bpifrance Le Lab, la plus importante jamais réalisée sur ce thème, met en lumière et décrypte les facteurs méconnus de solitude.
  • Accompagnement de Bpifrance : Rompre la solitude du chef d’entreprise, lui offrir des occasions de rencontrer ses pairs et améliorer les performances de son activité, c’est l’objectif de Bpifrance avec ses offres d’accompagnement.
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