Le Smart Building

La ville de demain : énergie, mobilité, smart city. En quoi est-elle une opportunité de business pour les entreprises ?

En quoi la ville de demain est-elle une opportunité de business pour les entreprises ? Telle était la question posée par l'atelier Echo 3 "La ville de demain : énergie, mobilité, smart city. En quoi est-elle une opportunité de business pour les entreprises ?" de Bpifrance Inno Génération animé par Christophe Barge. Retrouvez la vidéo et les points à retenir de cet atelier.


Echo 3 - La ville de demain : énergie, mobilité...par BpifranceInnoGeneration

«  La ville intelligente sera transversale ou ne sera pas »

Avoir accès de sa voiture électrique au plan de la ville, déterminer dans la foulée le passage du prochain tramway, vérifier le nombre de places restant dans une salle de cinéma... ultra connectées et intelligentes, les villes de demain vont faciliter les usages du quotidien, les déplacements et la distribution de l’énergie.

A quoi ressemblera la ville demain, la smart city ? Difficile de le dire avec précision. Il existe à ce jour plus de 600 villes dans le monde qui ont mis en œuvre de solutions d’avenir aussi diverses que variées. Ce qu’on sait, c’est qu’elle sera hyper-connectée, pourvue de réseaux digitaux, pour mieux gérer ses fonctions dans un grand nombre de secteurs : énergie, mobilité, éducation, patrimoine, culture, tourisme, mobilier urbain et infrastructures. Déjà, des acteurs économiques, des start-up aux grands groupes, se mobilisent et font la preuve de la viabilité de leur innovation.

Le mobilier urbain, un outil de connexion

La digitalisation ouvre la porte à des outils urbains multifonctions. Exemple avec l’éclairage public. « Un lampadaire peut faire autre chose qu’éclairer. Le mobilier urbain, a l’opportunité d’apporter communication et connexion et ainsi de changer le rapport à la ville et sa connaissance », explique Agnès Julian, PDG de Technilum, entreprise spécialisée dans le mobilier urbain et l'éclairage public. Labellisée entreprise du patrimoine vivant, label de l’Etat distinguant des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence, Technilium ne vise pas avec ses innovations « made in France » que le marché hexagonal. Elle s’ouvre à l’international, au Moyen Orient et aux Etats-Unis notamment, dans un marché appelé à devenir mondial.

Des services de mobilité

La smart city, c’est aussi des services nouveaux pour les opérateurs du transport, pour les commerçants ou les professionnels du tourisme par exemple, grâce à l’internet des objets. La start-up Connecthings qui a levé 9,5 millions d’euros en 2015 et compte bien percer outre-Atlantique propose le déploiement  dans l’espace urbain et les lieux publics de réseaux de balises sans contact (Bluetooth, NFC, QR code, wifi), interagissant avec les smartphones. Connaître les horaires des bus à chaque arrêt d’un réseau de transport par exemple,  les services et commerces situés à proximité, les programmes et horaires des cinémas, sont quelques-unes des solutions possibles. « Le terme « smart » est important. Fournir aux villes des solutions de services mobiles sans contact code offre une nouvelle qualité de vie. Devant la baisse des moyens financiers des collectivités, il faut être astucieux, inventer de nouveaux modèles économiques », explique Sandrine Murcia, directrice générale de l’entreprise.

La smart city, c’est aussi des opportunités de développement rapide. Olivier Hersent CEO d’Actility, start-up française fournissant elle aussi des solutions de réseaux et services pour l'internet des objets (via la technologie LoRa), qui vient de lever 25 millions de dollars, évoque pour sa part une période de transition au-delà de laquelle tout peut aller très vite. « La technologie radio est très rapide à déployer. Il est possible de connecter des villes en quelques jours ».

Repenser les infrastructures

La ville de demain, outre la mobilité c’est aussi une nouvelle façon de gérer l’énergie et notamment la distribution et la consommation d’électricité. Les industriels de l’énergie font face à la problématique du développement des smart grids. Pour Laurent Schmidt en charge de la stratégie smart grid  General Electric, « une des questions centrales repose sur le pilotage de l’électricité pour gérer l’intermittence des ENR ». Il interroge « comment faire évoluer les infrastructures et sensibiliser le citoyen aux nouveaux modes de consommation, optimiser cette économie locale ? ». Dans un contexte où gestion de l’énergie et mobilité vont de pair, Pierre Calvin du groupe Colas, leader mondial de la construction et de la gestion d’infrastructures de transports, estime que « pour aller plus loin il va falloir avoir une approche multidisciplinaire de la mobilité ».

Reste la question du coût. « Ce n’est pas le problème. Une application de covoiturage si elle fait passer de 6 à 7 le nombre d’utilisateurs d’un véhicule, possède un impact équivalent environnemental à celui d’une rocade dont les travaux auront couté 500 millions d’euros » relève Blaise Debordes, manager projet smart city de la Caisse des Dépôts et Consignations. « On pensait en terme d’infrastructures physiques. On va réfléchir autrement, avec des problématiques de mobilité différentes qui associent les habitants et intègrent l’évolution des usages ». Et tous les intervenants de plaider pour une approche globale impliquant de nouvelles méthodes de travail des collectivités et une vision transversale « bien loin de l’organisation en silo qui prévaut actuellement ».

Intervenants
Blaise Debordes, manager projet smart city Caisse des Dépots et Consignations
Pierre Clasquin, président G2Mobility, 
Agnès Julian, PDG Technilum
Sandrine Murcia, directrice générale Connecthings 
Laurent Schmitt, Smart Grid Strategy Leader General Electric GRID SOLUTIONS 
Pierre Calvin, directeur Prospective, Commercial et Marketing COLAS
Olivier Hersent, directeur général Actility 

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