Le tour du monde de l'étiquette des affaires

Le tour du monde de l’étiquette des affaires : 7e étape

Différentes cultures, différentes manières… pour réussir vos négociations dans une économie mondialisée, mieux vaut tenir compte des usages dans le pays de vos interlocuteurs. Bpifrance vous livre les clés pour comprendre le comportement de vos partenaires étrangers. Cette septième étape vous emmène en Asie, chez les Tigres, les Dragons et au pays du Soleil levant.

Japon : l’art d’une étiquette subtile

Au pays du Soleil levant, on ne joue pas avec les formes. Dans cette société collectiviste qui a su marier tradition et modernité, les codes de conduite sont complexes. Le rituel du meishi l’illustre bien : les cartes de visite sont présentées avec les deux mains, lues et disposées attentivement, puis en fin de réunion, rangées avec soin. Autre usage, l’échange de cadeaux, soigneusement choisis et emballés. Politesse, modestie, gratitude… sont de mise, dans le souci de préserver la « face » - un mélange de respect et de dignité - et l’harmonie (wa). Les Japonais disant rarement « non », prêtez l’oreille aux allusions ! Et ne refusez jamais le karaoké, même si vous chantez mal.

Corée du Sud : de l’importance des réseaux au pays du Matin calme

Les relations personnelles et familiales sont un véritable pilier de la société coréenne. Être présenté par un intermédiaire, établir la confiance, accepter les invitations… sont autant de clés pour réussir au pays des chaebols, ces conglomérats contrôlés par des familles influentes. Dans cette culture confucéenne, la hiérarchie, l’ancienneté et le protocole sont primordiaux. Sauver la « face » (kibun) est vital : ne mettez jamais dans l’embarras votre interlocuteur. S’ils recherchent l’harmonie, les Coréens peuvent aussi se montrer émotifs : la discussion risque alors d’être vive ! 

Singapour : pensez multiculturel

Son nom vient du sanskrit et signifie « Cité du lion ». Elle est cependant devenue un « dragon ». En tête des classements internationaux pour la facilité des affaires, la cité-Etat la plus prospère d’Asie du Sud-Est compose avec une grande diversité ethnique (Chinois, Malais, Indiens…), religieuse et linguistique. La langue de travail ? L’anglais. Occidentalisé, le pays reste néanmoins influencé par les valeurs confucéennes telles que le respect de la hiérarchie et l’importance du groupe. Ici l’échange de cadeaux en affaires est moins répandu qu’ailleurs dans la région, législation stricte oblige.

Malaisie : un puzzle culturel

Peuplé de Malais, majoritaires et de confession musulmane, de Chinois bouddhistes ou taoïstes, d’Indiens, ainsi que de populations indigènes tels que les Orang Asli, la péninsule malaisienne ressemble à une véritable mosaïque. Soyez attentifs aux différences des usages entre les communautés. Et gardez à l’esprit qu’on y apprécie la tolérance et les relations harmonieuses. Le respect de la « face », la courtoisie, la hiérarchie, les titres honorifiques et le relationnel sont autant de clés pour réussir dans cette économie florissante, orientée vers le savoir.

Indonésie : asiatique et musulmane à la fois

Ici plus encore qu’ailleurs en Asie, le relationnel est crucial : il vous faudra du temps pour nouer des relations personnelles de confiance avant d’établir des partenariats. Plus vaste archipel de la planète, le « tigre » indonésien est aussi le premier pays musulman du monde. Y respecter les codes culturels asiatiques comme musulmans est de rigueur. Les Indonésiens n’aiment pas dire « non » - qui peut causer l’embarras et la perte de la « face » (malu). Alcool, porc ou l’usage de la main gauche dans les échanges sont à éviter.

Philippines : aux confluences du monde asiatique et occidental

La culture chaleureuse de l’archipel philippin rassemble les influences américaine, espagnole et de l’Eglise catholique, tout en restant ancrée dans les valeurs asiatiques. S’il est très aisé d’y communiquer en anglais, reste à décrypter l’implicite, car le « oui », comme souvent en Asie, n’est pas synonyme d’adhésion. Ici, pas de confrontation, de négativité ni de critique : elles peuvent causer la honte (hiya). Surtout, l’appartenance aux réseaux et les relations personnelles sont capitales. Sachez également que le temps aux Philippines a la réputation d’être très élastique

Thaïlande : harmonie et plaisir au pays du sourire

Au royaume des hommes libres - Thaï signifiant libre -, où la plupart des habitants sont des bouddhistes pratiquants, mieux vaut modérer ses émotions, éviter toute critique ou confrontation en public et veiller à sauver la « face ». Pas question de s’énerver, de s’impatienter, de parler fort ou trop directement… Le relationnel et le Sanuuk (le chemin de la joie de vivre) priment. Mais n’oubliez pas que le sourire et le « oui » ne valent pas acceptation. Autre impératif : ne manquez jamais de respect au Roi !

Vietnam : l’héritage confucéen au pays du Dragon

La pratique des affaires dans ce pays communiste tourné vers l’économie de marché, qui affiche l’une des meilleures croissances économiques en Asie, ne diffère pas grandement des autres pays de la région. Sa culture confucéenne valorise le respect de la hiérarchie, la « face » et le consensus. Soyez persévérant et ponctuel ! Nouer des relations y reste essentiel. Et si ce membre des CIVETS (pour Colombie, Indonésie, Vietnam, Egypte, Turquie et Afrique du Sud en anglais), ces nouveaux émergents, partage une partie de son histoire avec la France, ne perdez pas de vue que la langue des affaires y est souvent l’anglais, de qualité parfois variable.

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