Les "Business Inspirations" de Victor Augais

Business Inspiration : les opportunités autour du système éducatif français

Les voyages forment le business. Parti en famille, pendant un an, s’inspirer d’idées innovantes avant de créer sa prochaine entreprise, l’entrepreneur globe-trotteur Victor Augais nous le prouve régulièrement. Depuis Singapour, il s’interroge sur les opportunités business qu’il reste à saisir sur le marché l’enseignement privé.

Donner les cours aux enfants cette année, en CP et CE2, tout en découvrant des pays aux modèles éducatifs très différents, m’amène à prendre du recul sur le système scolaire français. Et à y voir des opportunités d’offres complémentaires.

Au début du voyage, très fier de mon propre cursus scolaire en France, je n’avais rien à reprocher aux méthodes d’enseignement classiques. J’étais donc ravi d’entraîner mes enfants sur les routes des temps composés de la conjugaison ou dans les méandres des raisonnements mathématiques. Et j’ai appliqué à la lettre le programme des cours d’enseignement à distance, envoyant chaque semaine en France les devoirs écrits, et espérant recevoir en retour les meilleures notes possibles (je confesse un léger goût pour la compétition…). L’enthousiasme des enfants était lui beaucoup plus mesuré devant les efforts demandés…
En parallèle, nous avons découvert un système américain qui met l’accent dès le plus jeune âge sur le bien-être des enfants, la confiance en soi, le travail en groupe, la prise de parole en publique tandis qu’au Japon ou à Singapour, la compétition effrénée pour l’excellence passe par l’apprentissage d’un maximum de connaissances dès la petite enfance.

Classement Pisa 2016

Au fur et à mesure du voyage, je me pose donc des questions sur le système scolaire « d’excellence académique » de notre pays, qui peut mener à de « brillantes » études supérieures. Est-ce toujours un système d’excellence ? Est-ce la meilleure source de développement personnel pour les enfants ? Et les langues ? Au dernier classement PISA de l’OCDE qui mesure les performances comparées des systèmes éducatifs, la France s’est classée 26e, largement distancée par Singapour, 1er, les pays du sud-est asiatiques en général, mais aussi d’autres pays d’Europe. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles les chiffres de l’enseignement à distance et des écoles hors contrat explosent, avec des parents qui retirent leurs enfants du système traditionnel pour privilégier des méthodes alternatives.

OK, mais quelles opportunités business là-dedans ?

Commençons par l’excellence académique donc. Aujourd’hui, on trouve largement mieux dans les pays asiatiques, Singapour, Japon, Hong Kong ou Corée du Sud, au prix de très grands efforts demandés aux enfants. Ces derniers enchaînent souvent une journée « normale » à l’école et une soirée à « la 2e école», complémentaire, privée, qui les pousse sur le chemin de l’excellence. Parfois au détriment de l’équilibre et du bonheur des enfants. Les instituts de cours complémentaires sont très développés à Singapour. Citons Kumon, qui applique une méthode japonaise (2e au classement PISA) pour perfectionner les enfants en langues et mathématiques. La société s’est développée en franchise, avec un grand succès aux Etats-Unis. De nombreux pays restent à ouvrir, dont la France.

Et l’épanouissement personnel des enfants dans tout ça ?

La Finlande par exemple, 4e au classement PISA, a développé un système éducatif public très innovant, dans lequel les professeurs ont une grande latitude pour personnaliser l’enseignement pour chaque élève, en fonction de ses goûts et de sa personnalité. Ce modèle devient une référence en la matière, et des entrepreneurs finlandais ont monté Lifelearn, qui exporte cette "Dream School" finlandaise via des partenariats avec des écoles dans des pays émergents comme l’Indonésie.

Pour la version complémentaire à l’école, des sociétés privées comme Soulkids à Singapour proposent des programmes de bien-être et de confiance en soi pour les enfants, ainsi que des cursus de mentoring pour les parents qui souhaitent guider leur progéniture dans cette voie. En France, ce genre de méthode est réservé à des écoles privées, souvent très chères, comme les écoles Montessori. L’idée pourrait donc être de développer dans l’Hexagone des franchises de marques reconnues, avec un vrai savoir-faire dans le développement personnel des enfants, et proposer des modules complémentaires à l’enseignement classique français, pour un investissement qui resterait raisonnable pour les parents.

Reste l’Anglais

Après avoir testé les cours particuliers en France, qui nécessitent une logistique importante à un coût élevé, nous utilisons Vivaling, start-up montée par un Français à Singapour. Les cours sont conçus spécialement pour les enfants et les séances se déroulent en ligne et en direct avec un vrai professeur certifié qui peut avoir un ou plusieurs élèves dans sa salle de classe virtuelle. Les vidéos sont enregistrées et les parents peuvent ainsi vérifier le contenu des cours, et les faire revoir dans la semaine aux enfants pour compléter l’apprentissage.

"Le monde des cours de langue en ligne est une jungle dangereuse, mais je ne peux m’empêcher d’y voir une vraie opportunité"

Même si je sais que le monde des cours de langue en ligne est une jungle dangereuse, je ne peux m’empêcher d’y voir une vraie opportunité pour des enfants du primaire, accédant au retour de l’école, chez eux et en ligne, à des cours donnés par de vrais professeurs pour un prix raisonnable.

Il existe donc sûrement des moyens de compléter l’enseignement classique français là où le bât blesse, sans se ruiner dans des écoles alternatives hors contrats.

Retrouvez l’intégralité de ce billet sur le blog de Victor Augais et rendez-vous prochainement pour découvrir sa prochaine "business inspiration" !

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