Les "Business Inspirations" de Victor Augais

Business inspiration : quels nouveaux usages pour les petits commerces ?

Victor Augais

Les voyages forment le business. Parti en famille, pendant un an, s’inspirer d’idées innovantes avant de créer sa prochaine entreprise, l’entrepreneur globe-trotteur Victor Augais nous le prouve régulièrement. Après avoir décrypté la tendance du coliving, il revient avec une réflexion sur le futur des petits commerces.

Quand on n’est pas né avec un smartphone greffé dans la main et qu’on ne pense pas que toute la vie tient dans internet, comme moi, San Francisco finit par donner le vertige… Je suis partagé entre l’euphorie des révolutions en cours et à venir - et leur cortège d’opportunités - et la crainte que le numérique et la robotisation n’emportent sur leur passage tant d’activités traditionnelles. Moi qui envisage de me lancer à nouveau dans une activité « physique » (pas seulement le jogging), cela me pousse à tenter d’estimer le risque que cette activité soit dématérialisée un jour. Pour éviter les combats perdus d’avance.

Pure Player vs Brick and Mortar

Le Black Friday 2016 a été le meilleur jour de l’histoire d’Amazon, et selon une étude Kantar, 55 % des personnes interrogées envisageaient de visiter Amazon pour leurs courses de Noël, contre 41 % en 2014. Après la grande distribution, internet, comment ne pas y voir de bonnes raisons pour la poursuite de la chute de nombre de petits commerces.

J’essaie de voir quelles opportunités vont émerger dans les usages de ces espaces de petits commerces en ville

Tout cela n’est pas nouveau bien sûr, mais j’essaie de voir quelles opportunités vont émerger dans les usages de ces espaces de petits commerces en ville, dont beaucoup n’auront plus de rentabilité.
Les services pour lequel le contact physique avec une personne ou un lieu est indispensable, coiffeur, manucure, massage, cabinet d’esthétique, laverie automatique, pressing, salles de sport (UrbanSoccer !) etc. devraient durer.

Diversifier ses activités pour durer ?

Les restaurants, eux, continueront certainement à être fréquentés par une clientèle cherchant des ambiances, des expériences, de la convivialité, mais leur rentabilité sera encore plus en question, prise en ciseau entre la montée des prix de l’immobilier dans les grandes capitales, la concurrence des ventes en ligne, les charges sociales et les normes d’aménagement des espaces accueillant du public, toujours plus drastiques. L’amélioration de leur rentabilité pourrait passer par l’augmentation des plages d’utilisation et la diversification des sources de revenus. 
C’est l’idée de Spacious, une start-up new-yorkaise, qui propose de transformer certains des 2 000 restaurants de Manhattan, ouverts seulement le soir, en espaces de coworking pendant la journée. Spacious y fournira le wifi, le café, gérera la musique, l’ambiance, et un hôte accueillera les coworkers. Ceux-ci paieront un abonnement de 100$/mois, avantageux par rapport aux 300$ minimum pour un hotdesk dans un espace de coworking classique, et pourront accéder à tous les restaurants du réseau pour y travailler, organiser des réunions, etc. Ce genre d’initiative incite également à évaluer la qualité d’un espace de restauration en fonction des possibilités d’utilisation de l’espace en dehors des heures de service.

Spacious

Enfin, pour les petits bureaux de 20-40m² qui seront directement victimes de la concurrence des espaces de coworking en pleine explosion, Breather, une start-up canadienne qui a levé 20M de dollars, propose de les transformer en salles de réunion réservables en ligne, à l’heure. De gros investissements sont certainement nécessaires pour générer la demande et lancer la machine, mais cela pourrait peut-être offrir de nouveaux usages pour les petits espaces commerciaux à Paris. 
Il y a peut-être un moyen de s’en sortir sans être le roi de la Tech. Peut-être…

Retrouvez l’intégralité de ce billet sur le blog de Victor Augais et rendez-vous prochainement pour découvrir sa prochaine "business inspiration" !

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