Bpifrance ETI 2020 : entraîner les ETI à « rouler plus vite »

Transmission, transformation numérique, export, accompagnement des dirigeants : autant de thèmes clés abordés lors de la deuxième édition de la conférence « ETI 2020 », organisée par Bpifrance le 14 octobre dernier. Les professionnels, dont de nombreux dirigeants d'ETI, plébiscitent l'initiative, couronnée par la visite surprise du ministre de l’économie, Emmanuel Macron.

Bpifrance ETI 2020, 14 octobre 2015

Difficile de se frayer un chemin dans la salle Wagram, à Paris, ce 14 octobre - même en arrivant à l’heure ! La deuxième édition de Bpifrance ETI 2020, organisée pour dynamiser le tissu économique des entreprises de taille intermédiaire, a séduit.

 « Les hussards de notre économie sont les ETI.» Emmanuel Macron

Emmanuel Macron

Banquiers, avocats, professionnels de toutes sortes - sans oublier les dirigeants d'ETI présents - s'y sont côtoyés pendant l'après-midi. Avec, cerise sur le gâteau, un message d’encouragement du ministre de l'Economie, délivré en personne par Emmanuel Macron, invité surprise de l’événement. « L’export constitue l’une des faiblesses de notre économie, a-t-il déclaré. Dans ce cadre, les ETI ont un rôle fondamental à jouer. Nous devons les renforcer pour aller plus loin ». Et d'enfoncer le clou : « Les hussards de notre économie sont les ETI. Elles nous permettront de gagner la bataille de la transformation, actuellement à l’œuvre dans le monde. »

Pourquoi rouler à 80 quand on pourrait aller à 120 ?

Un message renforcé derechef par Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance. « C’est un véritable crève-cœur de voir des ETI rouler à 80 au lieu de 120. La French Tech dispose des fameuses licornes, il faut parvenir à ce résultat avec les ETI », a-t-il insisté. Comment accroître le développement des ETI ? La recette de Bpifrance : la création d' un accélérateur dévolu aux ETI (voir encart). Mais au-delà d'un accélérateur, Bpifrance cherche déjà à stimuler leur croissance ne serait-ce qu'en approfondissant la réflexion sur des sujets sensibles mais fondamentaux pour l'avenir, tels que la transmission d’entreprise, la transformation numérique, l’export et l’accompagnement des dirigeants.

Une transmission se prépare

Philippe Mutricy et Elise Tissier

Ce premier thème de l’événement « ETI 2020 » a été l’occasion de présenter l’étude « Les dirigeants d’ETI patrimoniales face à la transmission », réalisée par Bpifrance Le Lab. Une étude d'abord mise en scène, avec un petit sketch exécuté par Philippe Mutricy, directeur de l’évaluation, des études et de la prospective de Bpifrance, et Élise Tissier, directrice de Bpifrance Le Lab, visant à souligner pour mieux les combattre certaines idées reçues, notamment l’âge auquel démarrer un processus de transmission. Nombreux sont ceux qui s'y attellent alors qu'ils sont déjà près de la retraite. En fait, mieux vaut y penser… le plus tôt possible. De fait, selon l'étude, la transmission doit s'opérer sur 10 ans de réflexion et de réalisation. Pourtant, 50 % des dirigeants d’ETI pensent encore le contraire.

Le défi – et l'opportunité – du numérique

« C’est dans la rupture que l’on crée de la richesse, il faut s’y engager maintenant.» Grégoire Delpit, directeur de participations de Bpifrance

Mais la transmission, aussi cruciale qu'elle soit, n'est pas le seul casse-tête des dirigeants d'ETI. Un autre prend la forme du numérique, dont la présence est de plus en plus forte dans l'économie. Si les grands groupes ont encore parfois du mal, tel un supertanker, à changer de cap, les ETI, agiles par nature, doivent s'emparer du numérique, selon Paul-François Fournier, directeur exécutif innovation de Bpifrance. « C’est une opportunité pour les ETI, car elles ont plus de flexibilité », a-t-il précisé, conforté par quelques exemples vécus.

Pierre-François Catté
Ainsi, Pierre-François Catté, président de l’imprimeur CPI, a confessé ses doutes passés, lorsque son ETI a été confrontée, en 2008, au numérique, dans un marché du livre en perte de vitesse de 7 % par an. « Nous avons décidé de nous différencier avec de la digitalisation. Cette menace est devenue une arme. À l’époque, nos machines n’étaient pas flexibles, nous avons donc changé nos procédés industriels. Aujourd’hui, le livre ne représente plus que 60 % de notre chiffre d’affaires, contre 100 % auparavant. » Autrement dit, vive l'innovation de rupture !
Une philosophie confirmée par Grégoire Delpit, directeur de participations de Bpifrance : « C’est dans la rupture que l’on crée de la richesse, il faut s’y engager maintenant. Notre mission est de vous accompagner à travers des investissements et humainement, avec des mises en relation et des équipes dédiées », a-t-il assuré.

Aider les 3 300 ETI françaises de prospérer

Enfin, troisième pilier de la journée ETI 2020, l'export. C'est presque le marqueur du succès des ETI, puisque la conquête de marchés à l'étranger est souvent synonyme de promesse de croissance accrue, de lissage des performances financières pour le siège, et surtout, aux yeux des autorités, c'est un gage de créations d'emplois...
Si 73 % des ETI sont déjà engagées à l’international, cela n'a pas empêché Anne Guérin, directrice des financements internationaux de Bpifrance, de rappeler l’importance de l’exportation... « L’export est nécessaire et possible », a-t-elle ainsi souligné. 

Exemple à la clé, celui d'Olivier Sergent, Pdg de Mecatherm, un fabricant de machines pour la boulangerie industrielle. Son ETI a remporté un contrat au Mozambique en proposant à son client un crédit fournisseur, grâce à l’appui de Bpifrance et Coface.
 

David Corchia
Pour aider les 3 300 ETI françaises à prospérer, Bpifrance accompagne financièrement de façon directe ou indirecte près de 50 % d’entre elles et propose : conseil, modules de formation pour les dirigeants, ainsi que des préparations à la croissance externe ou à l’international. Notons que « le choix des partenaires est très important pour s’implanter à l’étranger. Il faut énormément se déplacer, cela ne peut se faire uniquement depuis Paris », a ainsi souligné David Corchia, co-fondateur, avec Pâris Mouratoglou, du groupe Eren, spécialisé dans l’économie d’énergie.

« Entrepreneurs : vous envoyez du bois, nous envoyons du blé » Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance 

Nicolas Dufourq

Et pour clore cette deuxième édition d'ETI 2020 , Nicolas Dufourcq a assuré une fois de plus les ETI de l'appui de la banque. « Notre effectif a augmenté de 25 % depuis 2013. L’accompagnement, c’est notre credo », a-t-il martelé, avant de conclure par des slogan de Bpifrance : « Entrepreneurs : vous envoyez du bois, nous envoyons du blé ». Un slogan apprécié par l'assemblée aussi bien pour son humour que pour sa clarté !

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