La France a l'étoffe du champion dans les textiles intelligents

Malgré la crise de l'industrie textile française due à l'importation massive de produits « Made in China », dans les années 2000, plusieurs entreprises hexagonales ont réussi à se positionner sur le créneau innovant et à forte valeur ajoutée des textiles connectés. Une niche d’avenir – et en pleine expansion.

textile intelligent

Pour résister à la concurrence des pays à bas coûts, Chine en tête, le textile français a dû innover et se réinventer. Quoi de mieux pour exploiter le savoir-faire historique français dans la production de textile que de miser sur les textiles connectés ? En 2013, dans le cadre de la Nouvelle France Industrielle, les textiles techniques et connectés ont ainsi été inscrits parmi les 34 plans industriels prévus. L’un des objectifs de ce plan est de développer l’usine textile du futur dans l’Hexagone, avec de nouveaux modes de production fondés sur la 3D et l’incorporation du numérique et des nanotechnologies (capteurs, données transmises sur smartphone…) pour rendre les textiles « intelligents ».

Selon l’Union des Industries Textiles (UIT), 40 % du textile produit en France fait désormais partie de la catégorie « textiles techniques pour tous les usages industriels », mais les chiffres de la production de « textiles intelligents » ne sont pas encore visibles. La niche est récente et organisée autour d’une centaine d’entreprises et de startups à travers le pays. Les premières applications concernent le sport, la santé et le bien-être.
Tour de France (non exhaustif) des principales initiatives sur ce marché d’avenir en régions.

Le Nord-Pas-de-Calais à la pointe de l’innovation

Touché par des crises successives depuis des décennies, le secteur textile, une tradition dans le Nord, a largement entamé sa mutation vers les textiles techniques et intelligents. En octobre 2012, le Centre Européen des Textiles Innovants (CETI) a été inauguré à Tourcoing. Ce centre de recherche et de prototypage de 15 000 m2, qui a nécessité un investissement de 50 millions d’euros pour ses ateliers et ses laboratoires à la pointe de la modernité, se concentre sur les nouvelles applications textiles.

Chemise anti-tache LeLab

Aujourd'hui, de nombreuses entreprises clientes, à la fois françaises et étrangères, font appel à l’expertise technique et multi-sectorielle du CETI pour développer leurs innovations. Cet organisme dispose par ailleurs d’un incubateur (Innotex) qui héberge chaque année huit projets innovants. Les bureaux techniques de la start-up LeLab (chemise anti-tache et anti-transpirante) sont dans ses locaux. De son côté, la jeune pousse Wearismyboat (vêtements anti-mal de mer) a quitté l’incubateur du CETI il y a près de deux ans, mais continue de collaborer régulièrement avec le Centre de recherche.

Outre le CETI et son pôle de compétitivité, d’autres entreprises de renom dans le Nord ont également investi le créneau des textiles intelligents. C’est le cas notamment du groupe Damartext (ex Damart, près de 700 millions de chiffre d’affaires) qui a en particulier développé des sous-vêtements rafraîchissants, fabriqués à partir d’une fibre contenant des micro-capsules à la cristalline de sucre, qui fondent au contact de l’humidité.

Des entreprises prometteuses dans l’Est

À Nancy, Karim Oumnia, Pdg de la PME Digitsole (anciennement Glagla International), a mis au point la première chaussure (smartshoes) connectée « made in France ».

chaussure connectée
Cette innovation mondiale a nécessité trois ans de recherche & développement. Elle est bardée de capteurs mesurant les efforts physiques, transmis sur smartphone. La chaussure contient même téléphone portable !
Début janvier, lors de la dernière édition du Consumer Electronic Show de Las Vegas, sa présentation a rencontré un vif succès auprès du public, des professionnels et de la presse internationale. Même accueil au salon ISPO de Munich - qui s’est déroulé du 24 au 27 janvier. Digitsole a même reçu un prix pour son innovation. Et l’objectif de la société lorraine est de devenir le numéro un mondial de la basket connectée. Une ambition qu'elle pourrait concrétiser puisque Digitsole a une longueur d’avance sur la concurrence et qu'elle est en discussion avec de grandes marques internationales pour exploiter son innovation sous licence.

robe connectée

Du côté de Mulhouse, la start-up Spinali Design a développé un bikini connecté comprenant un capteur UV étanche. Celui-ci alerte notamment le smartphone de l'utilisatrice en cas d’exposition prolongée au soleil. La jeune pousse s’est également lancée dans la fabrication de robes connectées, dotées de fonctions spécifiques interagissant avec un smartphone. Et ses produits sont entièrement fabriqués localement...

La start-up lyonnaise Cityzen Sciences fait son trou en Asie

tee-shirt connecté
Très médiatisée l’an dernier grâce aux prix reçus pour son t-shirt connecté et sa volonté de lever des fonds, la jeune pousse Cityzen Sciences s’est faite plus discrète ces derniers temps. La raison ? Son business modèle se base sur des partenariats business to business avec des marques internationales, qui communiquent très peu sur leurs innovations produits pour des raisons concurrentielles et de confidentialité. C’est le cas notamment du japonais Asics, qui s’est associé à Cityzen Sciences fin 2014. Cependant, certains projets en cours peuvent être divulgués. La start-up a ainsi noué un partenariat avec le groupe japonais Goldwin pour développer un maillot connecté comprenant des capteurs situés entre les omoplates, à destination des joueurs de rugby. Les informations remontent ensuite vers les entraîneurs.
 Par ailleurs, Cityzen Sciences a récemment créé une co-entreprise avec un groupe chinois. Ce dernier exploitera les brevets du Français dans le domaine médical, pour suivre les informations de personnes âgées. En France, Cityzen Sciences (environ 1 million d’euros de chiffre d’affaires) regroupe une quarantaine de collaborateurs autour de deux structures : Smart Sensing (textiles intelligents) et Cityzen Data (analyses des données collectées).
 Elle est en outre toujours chef de file d’un consortium d’entreprises françaises dont l’objectif est de créer un écosystème dévolu aux textiles connectés. Enfin, la start-up ambitionne d’ouvrir son capital cette année ou début 2017, afin de pouvoir poursuivre son développement.

 Les initiatives franciliennes

- Le réseau innovation immatériel pour l’industrie (R3iLab), situé à la Cité de la mode et du design à Paris, s’adresse aux professionnels du textile et de la mode. Il a pour vocation de promouvoir les innovations dans le secteur, avec le soutien de l’État. Ce laboratoire s’est engagé dans plusieurs programmes visant à développer des prototypes industriels de vêtements intelligents, intégrant des technologies numériques.
- La Fashion Tech est une association créée en juillet 2015. Basée à Montreuil, près de Paris, elle regroupe des professionnels de la mode. Ses objectifs sont notamment de fédérer des innovateurs responsables, ainsi que de soutenir et promouvoir des initiatives alliant la mode et le numérique dans une logique de développement durable. À terme, l’association ambitionne d’être représentée dans plusieurs pays. Pour y parvenir, elle participe à de nombreux évènements et salons internationaux.

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