Aéronautique : un secteur qui cartonne

Par l’innovation, la création d’emplois industriels est encore possible

A contre-courant du discours ambiant quant à la désindustrialisation de notre économie, des entreprises de la filière aéronautique mais aussi du secteur automobile recrutent. Preuve s’il en est du dynamisme de l’industrie française, à condition d’innover sans cesse.

« L’aéronautique a déjà beaucoup recruté pour répondre à la montée en cadence ». La présidente d’Aérospace Valley, Agnès Paillard, s’excuserait presque de ne pas pouvoir annoncer un taux de croissance des recrutements à la hauteur des années précédentes. « Nous sommes sur un palier, décrit-elle. L’ingénierie s’est particulièrement développée lors des programmes A380, A350 et A400M. Les belles années sont derrière nous de ce point de vue ». Mais avec un carnet de commandes rempli sur au moins huit ans, les sous-traitants continuent de recruter dans les métiers de production. Cela concernait déjà l’aviation civile, c’était sans compter le récent succès du Rafale pour l’aviation militaire.

« Les meilleurs outils de production pour être compétitif »

Basée dans le Lot, Figeac Aéro prévoit ainsi de recruter 80 personnes cette année sur un effectif total de 995 salariés. L’année dernière, le sous-traitant avait déjà créé une centaine d’emplois à Figeac. Il faut dire que cette société cotée en bourse porte de grandes ambitions, en particulier depuis qu’elle a remporté un contrat record avec la Snecma (Groupe Safran) pour produire les pièces du nouveau moteur destiné à équiper notamment les A320 Néo. Figeac Aéro vient d’ailleurs d’investir 35 millions d’euros pour la construction d'une nouvelle usine de 7 500 m2. « Cette future usine sera l’une des plus modernes d’Europe avec 10 machines d'usinage en ligne automatisée, explique Jean-Claude Maillard, Pdg et fondateur de Figeac Aéro. La chaîne réalisera avec des robots le chargement du métal, le polissage des pièces, le lavage et le contrôle des écarts de dimension. » Figeac Aéro fera ainsi figure de modèle au sein d’une industrie aéronautique qui tarde parfois à se moderniser. « Il faut les meilleurs outils de production sur le territoire national pour être compétitif », justifie Jean-Claude Maillard.

A condition d’innover…

Sur terre ou dans les airs, ça roule ou ça plane quand l’industrie cherche à innover ! 

innovation
Pour le groupe Daher, l’innovation ne porte pas sur les méthodes de production mais sur le produit lui même. Dans le cadre du programme d’avion électrique lancé par Airbus Group, Daher est en effet chargé de la conception, la certification et l’industrialisation de l'E-Fan 2.0, l'avion électrique d'Airbus Group Innovation qui vient de traverser la Manche. Héritier des pionniers de l’aviation Morane et Saulnier, le groupe produit déjà à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, l’avion à hélices mono-turbopropulseur TBM 900. « Le plus rapide du monde dans sa catégorie avec une vitesse record de 611 km/h », assure Didier Kayat, annoncé pour prendre la direction générale du groupe en 2017.

Les équipementiers du secteur automobile ne sont pas en reste - à l’image d’Actia Group. L’entreprise toulousaine enchaîne les succès commerciaux depuis qu’elle fournit le système de traction de la citadine 100 % électrique BlueCar. Une trentaine de recrutements sont prévus cette année, tandis que le groupe qui travaille sur de nouveaux boîtiers télématiques pour Volvo Car continue d’investir près de 15 % de son chiffre d’affaires en R&D.
Sur terre ou dans les airs, ça roule ou ça plane quand l’industrie cherche à innover ! Avec des emplois à la clé...

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