Economie de la mer

Ideol s’envole en mer

La startup Ideol, basée à La Ciotat, a développé un flotteur pouvant supporter des éoliennes en mer. Une réponse compétitive à la raréfaction des sites où ces installations peuvent être montées sur pilotis.

Ideol

Éoliennes flottantes en mer (©Ideol)

Des éoliennes flottantes en mer, c’est ce que développe la société Ideol à La Ciotat dans les Bouches-du-Rhône. L’entreprise a été créée en 2010 par Paul de la Guérivière, un ancien de l’Agence française de développement, spécialisé dans les énergies nouvelles renouvelables. « Nous sommes partis du constat que développer des parcs d’éoliennes fixes en mer deviendrait rapidement problématique en raison de la raréfaction prévisible des sites propices à les recevoir », explique le Pdg. L’avantage du flottant est qu’il permet d’installer des éoliennes au-delà de 30 mètres de profondeur, la limite raisonnable pour sécuriser les installations montées sur pilotis et, assurer leur compétitivité.
Faire flotter des éoliennes nécessitait de développer une technologie de rupture, ce à quoi s’est attaché Ideol en recrutant des ingénieurs chargés d’élaborer un concept aujourd’hui breveté. La Damping pool, tel est son nom, se présente sous la forme d’un anneau carré, creux à l’intérieur, ancré au fond et supportant l’éolienne. Les ballotements de l’eau située au centre de l’anneau s’opposant au mouvement du flotteur provoqué par la houle, assurent la stabilité de l’ensemble.

Faire moins cher que la concurrence

Paul de la Guérivière

« Notre souci était aussi de concevoir un flotteur moins onéreux que ceux de nos concurrents qui, pour la plupart, utilisent de l’acier. D’où notre choix du béton, moins cher sur le marché des matières premières », précise Paul de la Guérivière. Six ans après sa création, Ideol emploie 60 personnes, presque exclusivement des ingénieurs. Elle est entrée en phase active de commercialisation. Elle est engagée aux côtés de six autres partenaires, dont Bouygues Travaux publics pour la construction de la structure béton, dans le consortium Floatgen, chargé de démontrer la faisabilité technique et la viabilité économique de l’éolien flottant. L’éolienne flottante d’Ideol sera installée au large de Le Croisic (Loire-Atlantique) durant l’été, sur le site d’essai en mer de l’Ecole des Mines de Nantes, devenant ainsi la première installation de ce type en France. Elle supportera une éolienne de 2MW. En Méditerranée, Ideol a noué un partenariat étroit avec Quadran, pour l'installation d'un parc éolien flottant autour des côtes languedociennes. Deux projets lancés en réponse à un appel d’offre du gouvernement.

Le marché japonais

A l’international, le Japon constitue la principale cible de l’entreprise. « Depuis la catastrophe de Fukushima, le pays est en train de repenser son mix énergétique. Compte tenu de la configuration du littoral, les solutions flottantes sont les mieux adaptées à l’éolien en mer ». Ideol a répondu en partenariat avec le groupe japonais Hitachi Zosen (Hitz) à un appel d’offres du gouvernement nippon. Il s’agit de réaliser deux démonstrateurs avec l‘objectif d’installer des éoliennes à l’horizon 2020, année de l'organisation des Jeux Olympiques à Tokyo.
Depuis sa création, Ideol a levé 18 millions d’euros en 2001, 2013 et 2014. Elle bénéficie également d’un appui de Bpifrance dans le cadre d’avances récupérables et de prêts à l’innovation. Bien positionnée sur un marché à fort potentiel, la PME semble promise à un beau développement. Son Pdg ne cache pas ses ambitions : « devenir, à moyen terme, leader mondial des fondations flottantes pour l’éolien en mer ».

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