Entrepreneuriat féminin

Deux paradoxes de l'entrepreneuriat au féminin

Les femmes valorisent l'entrepreneuriat autant que les hommes - et pourtant elles souvent ont moins envie de se lancer dans l'aventure...
Les taux de pérennité des entreprises féminines sont légèrement plus faibles que les masculines - et pourtant, les femmes surperforment lorsqu'elles réussissent !

Deux paradoxes de l'entrepreneuriat au féminin

Lancer son entreprise ? Une super idée mais...

Selon le Global Entrepreneurship Monitor (GEM), qui publie régulièrement un rapport sur l'entrepreneuriat dans le monde, les Françaises sont une majorité (58,1 %) à considérer que les entrepreneurs ont un « statut élevé ». Cette valorisation devrait donc tout naturellement les amener à vouloir être elles-mêmes entrepreneures. Pourtant, alors que leur niveau de perception sur le statut d'entrepreneur est quasiment égal à celui des hommes (60,1 %), les choses changent lorsqu'il s'agit de passer à l'action... Les Françaises ne sont plus que 15 % à avoir l'intention de fonder une entreprise dans les trois ans qui viennent, selon les recherches du GEM, contre 19 % des hommes.

Un écart de confiance

Pourquoi ce fossé ? C'est qu'une autre notion vient freiner les femmes. Seules 29 % d'entre elles s'estiment capables de mener à bien la création d'une entreprise (contre 42 % des hommes). Question d'éducation, sans doute. Il est donc temps de tordre le cou à ces préjugés. D'autant que la peur de l'échec, que l'on considérait encore il y a peu comme un mal typiquement français, est dynamitée par les résultats de l'étude du GEM. Certes, les Françaises ont, à 45 %, peur de l'échec, mais, d'une part, les Français ont un niveau de peur quasi identique (41 %) et, d'autre part, si l'on regarde ailleurs, en Allemagne par exemple, la peur de l'échec est encore plus forte chez les Allemandes (50 %). Les Allemands, eux, y sont en revanche moins sensibles (35 %)...

Des entreprises féminines un peu moins pérennes - mais plus performantes !

Investir, du temps et de l'argent : plus on le fait, plus l'entreprise que l'on a créée a des chances de succès. Tel est le constat dressé par plusieurs études. Or que ce soit en raison de charges familiales plus lourdes (travail à la maison, éducation des enfants...) ou parce qu'elles ont moins en fonds de départ (elles étaient, selon une étude de l'Insee, souvent chômeuses ou inactives avant de lancer leur propre affaire, contrairement aux hommes), les femmes consacrent moins de temps et d'argent à leur société. Résultat, le taux de pérennité de leur entreprise est plus faible. Cela dit, cette situation tend à évoluer - favorablement pour les femmes.

Un taux de pérennité en hausse pour les femmes

De fait, selon les statistiques de l'Insee, l'écart se resserre et le taux de pérennité s'accroit pour les femmes. A 3 ans, il est passé, en 2006, à 65 % pour les femmes et 66,1 % pour les hommes, contre respectivement 62,4 % et 66,7 % en 2002. A 5 ans, le taux de pérennité était de 49 % pour les femmes (et de 53 % pour les hommes) en 2002, contre respectivement 51,3 % et 51,6 % en 2006. Mieux, une fois passé ce cap, les entreprises dirigées par des femmes surpassent, en performance, celles qui sont dirigées par des hommes.

Ainsi, sur ces trois dernières années, les petites entreprises dirigées par des femmes affichent une performance supérieure, même en ces temps de conjoncture économique difficile, à celles dirigées par des hommes, selon l'étude de Women Equity for Growth. L'an dernier, sur l'échantillon étudié (toutes les PME affichant un chiffre d'affaires de 4 millions à 100 millions d'euros, soit près de 30 000 entreprises au total), 70 % des sociétés dirigées par des femmes ont été en croissance, contre seulement 67 % pour les entreprises à direction masculine, et ce, dans tous les secteurs.

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