Espionnage industriel, comment se protéger ?

La cybersécurité, une filière d'avenir pour l'offre française

La cybersécurité ? Dans le cadre d’un marché qui se structure en France, encouragée par les nouvelles technologies et poussée par la montée en puissance des attaques internet et leur médiatisation, la cybersécurité pourrait, à terme, représenter une vitrine de la compétitivité française. Retrouvez la vidéo et les points clés de l'atelier Echo 3 : "La cybersécurité, une filière d'avenir pour l'offre française".   


Echo 3 -  La cybersécurité, une filière d...par Bpifrance Inno Generation

A en croire l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI), la cybersécurité est une donnée qu’aucune entreprise ne doit négliger aujourd’hui. L’agence, créée en 2009, a contribué à poser le débat. Organisé autour de pôles préventifs et défensifs, l’établissement a alerté sur les risques inhérents à la cyber criminalité. « Nous traitons plusieurs cas par jour d’atteinte à l’image de l’entreprise. Ceux d’espionnage se multiplient. Toutes les entreprises sont concernées » martèle Dominique Riban, son directeur adjoint. L’article 22 de la loi sur la réglementation militaire édictée en 2013 a eu, en effet, pour conséquence de faire monter le niveau de sécurité des opérateurs. Les grandes entreprises doivent désormais mettre en place des systèmes de détection et rendre compte à l’agence de toutes les attaques dont elles ont fait l’objet.

Un marché en forte croissance

Dans ce contexte, la cybersécurité représente aujourd’hui une vraie opportunité de croissance. Pour Stanislas Chapron du groupe Marsh France, « il faut appréhender les ressorts de ce marché très développé aux Etats-Unis où il représente 3 milliards de dollars de prime. » En France la prise de conscience est plus récente. Amorcée dans les grands groupes - la moitié du CAC 40 est assurée - qui mettent en place des couvertures adaptées, elle se généralise auprès des PME. Une diffusion de la technologie qui entraîne une multiplication des acteurs et une visibilité renforcée de la filière au niveau international.
Parmi eux, l’entreprise Nes fondée par Raphaël Illouz en 1999. Elle développe des infrastructures de protection destinées aux PME et ETI et une activité de conseil et d’audit. « Nous avons créé un Service de monitoring de la sécurité d’une entreprise. Il s’agit d’un outil de modélisation des signes avant-coureur d’une attaque. Encore au stade expérimental, il permet d’intervenir en amont et de stopper l’attaque » explique le fondateur. Thierry Rouquet a lancé, lui, il y a 18 mois, la startup Sentryo, éditrice de logiciels de cybersécurité dédiés à l’internet industriel et aux réseaux machine to machine. « Il existe une fenêtre d’opportunité pour les startups, à condition d’être réactif ». A ce titre, Sentryo se développe simultanément en France et en Allemagne et travaille à une levée de fonds.

Rattraper le retard français

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Un des défis pour les startups est de se faire une place sur un marché pas encore mature et une filière pas encore constituée. « L’hexagone est en retard par rapport aux écosystèmes américains et israéliens ». D’où l’intérêt pour Thierry Rouquet, également membre d’Hexatrust, association qui représente les entrepreneurs du secteur auprès des pouvoirs publics, d’exister face aux grands comptes.
L’approche peut s’avérer sectorielle. Idecsi a ainsi créé une solution pour protéger les boîtes mails sensibles de l’entreprise. « Le système d’alarme couvre les risques internes et externes, détecte et alerte en temps réel tous les comportements anormaux, accès illégitimes et changement de configuration. Il existe une vraie attente sur le marché » développe Benjamin Laroche qui déploie son innovation à l’international, au Benelux et aux Etats-Unis. « C’est un marché porté par la montée en puissance des nouvelles technologies » ajoute Nacira Salvan, directrice cybersécurité du cabinet de conseil et d’expertise PWC. Et une filière d’avenir. Les attaquants se professionnalisent ce qui nécessite une vraie expertise sur le sujet. Un million de postes sont à pourvoir à l’échelle mondiale.

Intervenants

Sébastien Montusclat, responsable sectoriel numérique Bpifrance 
Raphaël Illouz, fondateur Nes
Dominique Riban, directeur adjoint ANSSI
Stanislas Chapron, CEO Marsh France
Benjamin Laroche, Idecsi
Thierry Rouquet, président Sentryo
Nacira Salvan, directrice cybersécurité PWC

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