L'Afrique, un marché à conquérir

La Côte d’Ivoire : « vers un marché émergent»

Dans le cadre de notre dossier sur l’Afrique, nous avons rencontré Gilles Della Guardia, directeur Business France Côte d'Ivoire

Quels conseils donneriez-vous aux entrepreneurs qui cherchent à entrer sur le marché en Côte d’Ivoire ?

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La Côte d’Ivoire sort d’une période de longue crise avec une économie stagnante. Aujourd’hui le pays a renoué avec la croissance, c’est donc le bon moment d’y aller !

Le premier conseil est de considérer le marché comme un pays de grande exportation. Malgré la proximité culturelle avec la France, la concurrence est très forte et la France n’a plus le monopole. La Chine a d’ailleurs détrôné la France en devenant le 2e pays fournisseur en 2013. La France occupe désormais la 3e position.

Si les Français gardent certains avantages (langue et culture encore très présentes), les entreprises françaises ne sont plus en terrain conquis. Ils doivent être très méthodiques pour espérer conclure un contrat : savoir engager des budgets et se mettre au niveau des autres entreprises concurrentes. Cette concurrence du monde entier démontre le dynamisme du marché et sa tonicité.

Comment faire pour trouver et travailler avec un partenaire sur place ?

En Côte d’Ivoire, les contacts sont très faciles car les Ivoiriens sont très hospitaliers, très accueillants, il n’y a donc pas de barrières à condition toutefois de rester très professionnel. Les entreprises françaises sont déjà très présentes sur le territoire ; 160 filiales: tout un vivier de clients, d’agents commerciaux avec lesquels nouer des contacts. Pour trouver les bons partenaires, il est conseillé de contacter le bureau d’Ubifrance implanté à Abidjan avec des experts spécialisés dans différents secteurs. Ils vous accompagneront dans vos démarches ; le bureau est très adapté pour cibler des clients, prestataires, ou responsables institutionnels.
Pour travailler avec les Ivoiriens, il faut être très précis. Pour les projets de court terme, ils sont très efficaces, mais pour la gestion du moyen / long terme, Il est important de notifier par écrit la perspective dans laquelle on se place et s’y tenir.
 

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 Le bureau Ubifrance implanté à Abidjan

Est-ce le moment opportun pour faire des affaires en Côte d’Ivoire ?

Après avoir connu 10 à 15 années très difficiles, le pays rebondit et s’est fixé pour objectif d’atteindre des niveaux d’économie émergente vers 2020 avec la mise en place d’un programme de soutien économique et de reconstruction d’infrastructures, ainsi qu’un large recours à l’investissement privé, notamment international.

A propos de la négociation avec le gens sur place, auriez-vous des conseils pour ceux qui s’apprêtent à partir là-bas ?

Tout entrepreneur peut ouvrir son entreprise en Côte d’Ivoire et la contrôler à 100 %. Si on a le choix, il est préférable dans un premier temps de faire des affaires plutôt avec des clients du secteur privé car ils sont très réactifs. Il vaut mieux s’orienter vers le secteur public lorsqu’on est déjà bien établi sur place car on passe par des appels d’offres, une démarche complexe et plus longue.

Quels sont les secteurs porteurs ?

  • L’agriculture (cacao, café, noix de cajou, coton, fruits…), 1er secteur en Côte d’Ivoire, connait une remontée en puissance. Il contribue aujourd’hui fortement à la croissance économique du pays qui doit toutefois continuer à améliorer sa logistique et ses infrastructures.
  • Le secteur minier est important avec notamment l’or, le manganèse et le diamant, ainsi que des gisements de fer encore inexploités, des hydrocarbures offshore, du cuivre, de la bauxite du nickel…
  • Le secteur tertiaire représente aussi des domaines porteurs pour les entreprises (services liés à la finance, aux transports, la logistique, les télécommunications…). Les opérateurs téléphoniques ont, par exemple, développé des systèmes de paiement par téléphone mobile très utilisés.
  • L’enjeu actuel aussi pour la Côte d’Ivoire est de développer plus largement ses activités manufacturières, secteur opportun pour les entreprises françaises, la concurrence y restant encore très timide. Il existe d’immenses possibilités dans la transformation des produits de base ; l’existence d’entreprises puissantes comme la SIR (raffinage de brut nigérian) montre la viabilité de ces opportunités.

Comment voyez-vous l’avenir en Côte d’Ivoire ?

En 2011, le pays était complétement enlisé. Depuis, il a connu en 2012 et 2013 deux années de pleine croissance (avec des taux de l’ordre de 8 à 9 %) et retrouvé une activité économique normale. La communauté internationale a fortement appuyé.
Le gros enjeu pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et pas seulement pour la Côte d’Ivoire : le marché unique. Car il permettrait un essor de grande ampleur des activités manufacturières génératrices d’emplois et de valeur ajoutée.
L’Afrique de l’Ouest a des acquis : le franc CFA, une monnaie unique stable dont le modèle est très critiqué mais qui présente de nombreux avantages et aussi le même droit des affaires avec l’OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires).
C’est vers cet objectif de marché unique que les gouvernants et opérateurs tendent leurs efforts.

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