La transition énergétique et écologique (TEE)

Pionnier du bois énergie, Bayle milite pour la structuration de la filière

Fondée en 1987, l’exploitant forestier Bayle s’est orienté en 2003 dans le bois énergie. En démontrant la rentabilité de cette énergie renouvelable, la PME des Alpes-de-Haute-Provence contribue au développement de la filière.

Positionnée dès 2003 sur la production de bois énergie, la société Bayle participe depuis à la structuration de cette filière émergente des énergies renouvelables. « De nombreuses contraintes réglementaires, comme notamment l’obligation de stockage dans les zones industrielles, pèsent sur l’activité des entreprises du secteur » indique Huguette Bayle, gérante de la PME. « Nous dialoguons avec les collectivités pour lever certains freins et donner de la visibilité, par exemple par l’imposition de contrats d’approvisionnement sur le long terme ».

bois
L’entreprise familiale est spécialisée depuis 4 générations dans l’exploitation forestière. Reprise en 1987 par la 3e génération, la société implantée à Selonnet (Alpes-de-Haute-Provence) achète du bois aux particuliers et, depuis 1989, à l'ONF (Office Nationale des Forêts), le transforme et le livre sur toute la région PACA.
Environ 25 000 m3 de bois sont exploités par an.

L’appui des collectivités pour faire émerger la filière

Bois en flamme
Pour assurer son développement, l’entreprise a fait évoluer son activité et s’est diversifiée. « Dans notre recherche de pistes de valorisation, nous avons observé ce qui se passait ailleurs en Europe » raconte Huguette Bayle. A partir de 2002, Bayle entame avec des CoFor (Communes forestières) l’évaluation du potentiel et de la rentabilité des chaudières alimentées au bois. En 2005, convaincue des opportunités offertes, la société achète un premier broyeur venu d’Autriche. Face à la frilosité des banques, l’investissement de 120 000 € nécessite une hypothèque des biens de la famille. Mais le pari réussit.
Aujourd’hui, les 15 000 tonnes de plaquettes forestières produites chaque année alimentent une cinquantaine de chaudières, dont une quarantaine de petites unités. Pour autant, les investisseurs restent frileux. L’achat en 2015 d’un nouveau broyeur à 520 000 € n’a pu se réaliser que grâce à des subventions de l’Etat, via Bpifrance, de la Région PACA et du FEDER (Fonds européen de développement régional).
Bayle compte aujourd’hui sur la loi sur la transition énergétique pour appuyer la structuration et le développement de la filière bois énergie. « Les collectivités ont notamment un rôle à jouer » estime Huguette Bayle. « Les contrats de long terme pour les chaufferies donnent de la visibilité aux acteurs de la filière et permettent une anticipation, notamment sur les investissements nécessaires ».

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