Le marché brésilien

Le Brésil, un territoire plein de promesses pour la France

Comment se portent les relations économiques entre la France et le Brésil ? Sur le papier, la situation semble satisfaisante avec, pour l’Hexagone, un excédent commercial qui s’élève à 1,3 milliard d’euros pour l’année 2013. Mais pour l’heure, les relations franco-brésiliennes restent bien en deçà de leur potentiel.

Barrières

Aujourd’hui, sur les 120 000 entreprises exportatrices françaises, seules 4 000 ont des relations d’affaires suivies avec le Brésil. Quant aux investissements directs français, ils ne représentent que 4 à 5 % des IDE (Investissements Directs à l’Etranger) dans ce qui est le plus grand pays d’Amérique latine. Au total, la part française du marché local stagne à 2,7 %. Il est vrai que s’y faire une place peut être extrêmement ardu. Le Brésil est l’un des pays les plus protectionnistes au monde. Les barrières douanières particulièrement élevées (0 à 200%) en témoignent incontestablement.

Débouchés

Pourtant, le potentiel du marché brésilien est immense, notamment dans les domaines des infrastructures urbaines, des transports ou bien encore de l’énergie. Autant de secteurs où la France a naturellement une carte à jouer. C’est dans ce contexte que, fin mai, les autorités françaises et brésiliennes ont signé une déclaration conjointe afin de soutenir la coopération des deux pays en matière d’innovation industrielle. Les échanges commerciaux et les investissements entre les deux pays devraient s’en trouver renforcés.

Interview - Alexia Ohannessian, réprésentante de Bpifrance au Brésil.

En raison de l’actualité sportive au Brésil, nous avons souhaité faire un focus sur le pays du point de vue d'Alexia Ohannessian. Elle nous livre ses impressions

Cette année, le Brésil est le pays organisateur de la coupe du monde de football. A cette occasion, y-a-t-il eu des opportunités pour les entreprises françaises ?

Il y a des grands groupes comme Accor, GDF, ou des sociétés d’événementiel qui ont tiré leur épingle du jeu, mais dans l’ensemble les entreprises françaises n’ont pas su profiter assez de cet événement. A noter tout de même que la PME Netco Sport a décroché un contrat avec la Fifa pour travailler avec 26 chaines de télévision internationales et fournir du contenu pour le deuxième écran (technologie mobile) dans 26 pays. Les entreprises françaises pourront toutefois se rattraper avec les jeux olympiques de Rio en 2016. Il y a des secteurs qui seront très opportuns à cette occasion : la gestion hôtelière, l’alimentaire, l’événementiel là encore…

En dehors de cet événement, quels sont les secteurs porteurs au Brésil ?

Le Brésil n’est pas encore assez innovant et a besoin d’innovations. Il y a d’ailleurs une politique gouvernementale qui exhorte les entreprises à être innovantes. Une entreprise française avec des produits innovants, aura donc un avantage non négligeable sur le marché local.
A noter également que depuis quelques années, le Brésil voit l’émergence d’une classe moyenne de plus en plus exigeante notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé. C’est aussi une population très consommatrice.
Les régions les plus dynamiques se trouvent au sud et au sud-est et le nord-est est très prometteur.

Les secteurs d’avenir sont :

  • Energie
  • Oil &Gaz
  • Infrastructures
  • TIC

Comment aborder le marché au Brésil ?

Il y a 600 filiales françaises au Brésil et les Français jouissent d’une très bonne image !
Avant de pouvoir s’implanter au Brésil, il faut savoir que les démarches administratives sont très longues… Il faut compter 120 jours pour créer son entreprise alors qu’il en suffit de 7 en France. En outre avant que son business ne devienne mature, l’entrepreneur va devoir patienter 2 à 3 ans…Mais cela en vaut la peine car une fois installé, il peut obtenir de très belles marges et des contrats sur de longues durées ! Et encore une fois, il est nécessaire de bien comprendre la culture brésilienne et être prêt à s’y adapter.

Autre point important, l’entrepreneur doit être bien accompagné. Il existe, en effet, beaucoup de variations juridiques et fiscales selon les régions ainsi que des spécificités locales du marché qu’il faut savoir appréhender. Seul un professionnel installé sur place saura guider l’entreprise dans ce paysage. Ubifrance avec une équipe de 30 personnes au Brésil, tant françaises que brésiliennes, accompagne, par exemple, près de 500 entreprises par an.

En résumé, une entreprise française doit donc réunir des efforts, du temps et de l’argent pour réussir au Brésil. Le point mort peut sembler plus long à atteindre que dans certains pays mais une entreprise qui saura bien s’entourer augmentera considérablement ses chances de réussite. Etre financièrement sûr de soi dans son approche du Brésil est donc primordial.

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