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L’ASEAN, une terre d’opportunités

Avec un taux de croissance moyen de 5 % par an depuis plusieurs décennies, l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) a de quoi faire rêver les entreprises. Malgré le morcellement des marchés de la zone, le dynamisme de la consommation intérieure et les importants besoins notamment en matière d’infrastructures et d’énergies, offrent de belles opportunités aux entreprises Françaises.

Singapour porte d'entrée de l'Asean

« Pour les entreprises cherchant à s’implanter sur des marchés de taille humaine et avec un taux de croissance régulier, les pays de l’ASEAN constituent une bonne option » estime Frédéric Rossi, directeur Business France de la zone ASEAN.
Les 10 pays de la zone(1) comptent plus de 600 millions d’habitants et connaissent une croissance régulière et stable sur les dernières décennies : le taux de croissance annuel atteint les 5 % en moyenne depuis 30 ans. Ce rythme devrait se poursuivre, avec une nuance pour les économies déjà matures de Singapour et de la Malaisie qui plafonnent à un taux de 3 % annuel. En revanche, les pays en rattrapage, comme le Laos, le Cambodge et le Myanmar, affichent des taux de croissance à 8 %. Aujourd’hui, ces pays comptent, en termes d’export, plus pour la France que le Brésil ou l’Inde.

« Pour les entreprises cherchant à s’implanter sur des marchés de taille humaine et avec un taux de croissance régulier, les pays de l’ASEAN constituent une bonne option » Frédéric Rossi, directeur Business France de la zone ASEAN

Des opportunités similaires…

« Le principal challenge relève de l’hétérogénéité de la zone en matière géographique, culturelle, religieuse et ethnique, mais également en termes de niveau de développement et de maturité des marchés » poursuit Frédéric Rossi. Les infrastructures énergétiques et de transports (urbains et ferroviaires, principalement), ainsi que les technologies et services liés à la ville durable, constituent des opportunités sur l’ensemble de la zone.
Par exemple, « la Thaïlande  a lancé un ambitieux programme d’investissements (2013‐2020) dans les transports, qui vise à désengorger la capitale et à désenclaver les régions du Nord et de l’Est du pays (modernisation du réseau ferroviaire, projets aéroportuaires), mais aussi dans l’énergie et les télécommunications » indique-t-on au Ministère des Affaires Étrangères.
Les Philippines, de leur côté, ont mis en place un programme de Partenariats Public Privé (PPP) dans les domaines des transports, de l’énergie et du développement urbain pour combler leur manque d’infrastructures.

L’émergence d’une classe moyenne dans la plupart des pays de l’ASEAN et le dynamisme des marchés intérieurs ouvrent également des perspectives importantes dans les secteurs des biens de consommation : produits agroalimentaires et pharmaceutiques, cosmétique et luxe. Pour les économies les plus matures, comme Singapour notamment, les secteurs des nouvelles technologies sont porteurs. La Malaisie, « à travers son Programme de transformation économique (ETP) centré sur 12 secteurs d’activités identifiés comme les futurs moteurs de croissance du pays », se positionne « dans les domaines des télécommunications et des biotechnologies, notamment au sein du pôle économique d’Iskandar » rappelle France Diplomatie.

« Le principal challenge relève de l’hétérogénéité de la zone en matière géographique, culturelle, religieuse et ethnique, mais également en termes de niveau de développement et de maturité des marchés »  Frédéric Rossi

 … malgré des marchés hétérogènes

Cependant, les différents degrés de maturité des pays de l’ASEAN rendent complexe l’appréhension de la zone dans son ensemble. D’autant que les différents marchés restent confrontées à des règles et des normes spécifiques à chaque pays et à des réseaux de distribution morcelés. « Les entreprises doivent s’associer avec des partenaires locaux » souligne Frédéric Rossi. « La diaspora chinoise, très présente dans tous les pays de l’ASEAN, peut représenter un réseau sur lequel s’appuyer ». Seuls la Malaisie et Singapour, dont les marchés sont similaires, peuvent être appréhendés conjointement. Ces derniers se positionnent d’ailleurs comme des plateformes logistiques régionales pour engager une distribution dans l’ensemble de l’ASEAN.

Pour favoriser les échanges avec les pays de la zone, l’UE a engagé la négociation d’un accord en 2009. Si la tentative a échoué, des accords entre les pays et l’UE sont en négociation. Le premier a été signé l’an dernier avec Singapour et sera mis en œuvre fin 2015. Les relations commerciales sont déjà bien installées entre le pays et l’UE, mais cet accord constitue un modèle à partir duquel seront dupliqués les accords avec les autres pays de la zone. Il reconnaît par exemple les appellations d’origine européenne. Les discussions sont aujourd’hui avancées avec le Vietnam, sont engagées avec la Malaisie et la Thaïlande et vont démarrer avec les Philippines et l’Indonésie dans le courant de l’année.

Un projet de marché unique, l’AEC (ASEAN Economic Community), doit également aboutir d’ici fin 2015. Mais le processus de négociation, requérrant un consensus, avance au gré des intérêts de chaque pays. « S’il ne faut pas trop en attendre, des avancées dans les secteurs de la santé et des cosmétiques pourraient permettre des homologations uniques pour toute le zone » confie Frédéric Rossi. Un travail commun est également mené sur le réseau d’infrastructures de transports et d’énergies. Ces accords devraient venir faciliter l’implantation d’entreprises dans les pays de la zone et les échanges entre ces pays.

« Les entreprises doivent s’associer avec des partenaires locaux » Frédéric Rossi. 

(1) Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Myanmar, Singapour, Thaïlande et Vietnam.

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