Quels financements pour soutenir la croissance des PME et ETI et préparer la compétitivité de demain ?

Assurer une chaîne de financement complète et diversifiée 1/4

Le Conseil d’analyse économique[20] estime que le système bancaire français serait en mesure de répondre à un redressement de la demande de crédit, évaluée à 10-15 milliards d’euros par point de croissance supplémentaire du PIB nominal, soit seulement 0,1 à 0,2% du bilan agrégé des banques françaises. Si la question de la capacité « quantitative » à financer un redémarrage de l’investissement est certes importante, celle des conditions « qualitatives » l’est tout autant. La priorité est en effet d’apporter des solutions de financement répondant à l’ensemble des besoins des PME et des ETI et de les diversifier pour accompagner une reprise de l’investissement par un financement adéquat.

Offrir un continuum de financement adapté aux besoins des PME et des ETI.

Bpifrance est un acteur de place développant une offre globale de financement pour les entreprises.

Bpifrance offre un continuum de financement pour couvrir les besoins spécifiques de financement des entreprises, en haut de bilan comme en bas de bilan, à chaque étape clé de leur développement. Aujourd’hui, Bpifrance peut financer les entreprises en crédit et en fonds propres, ou garantir leur banque, de l’amorçage jusqu’à la cotation en bourse en passant par la transmission. Il les accompagne aussi à l’export, en partenariat avec Business France (Ubifrance) et Coface, et dans leurs projets d’innovation. Acteur de place neutre, Bpifrance cherche de manière systématique à fédérer les interventions privées, au premier plan desquelles celles des banques, au bénéfice des entreprises.

Fort de sa connaissance profonde du segment PME/ETI et de son expertise financière et sectorielle, Bpifrance joue un rôle de vigie pour anticiper les évolutions des besoins de financement des PME et des ETI et pallier d’éventuelles carences de marché auxquelles elles sont confrontées. Bpifrance développe et teste alors de nouveaux outils de financement pour combler ces besoins ponctuels ou structurels identifiés[21]. Ce rôle d’acteur de place constitue le fil directeur de l’action de Bpifrance, qu’il s’agisse de ses interventions en dettes ou en fonds propres.

Bpifrance, trois priorités pour compléter l’offre de financement à destination des PME et des ETI.

À l’aune des nouveaux besoins de financement évoqués précédemment, l’action de Bpifrance s’articule autour de trois priorités : le financement de l’innovation, le financement des actifs immatériels et le financement de l’export.

Financement de l’innovation.

La création de Bpifrance a constitué une occasion unique d’assurer un continuum de financement des entreprises innovantes. En bas de bilan, via ses différents dispositifs d’aide à l’innovation (subvention, avance remboursable, prêts à taux zéro) et de prêts de développement innovation (prêt d’amorçage pour préparer une levée de fonds, prêt innovation pour lancer des produits et services innovants). En haut de bilan, via des investissements en fonds propres, principalement en tant que fonds de fonds (souscripteur de fonds de capital risque privés) ou en direct. Le segment spécifique du capital innovation est celui qui présentait jusqu’en 2013, comme partout en Europe, les failles de marché les plus notables. Aussi, la création en janvier 2014 du fonds Large Venture a été l’une des initiatives phares portées par Bpifrance pour répondre à cet enjeu. Doté de 600 millions d’euros, ce fonds généraliste cible les sociétés innovantes, établies sur leur marché mais encore en phase de capital risque, dont les levées de fonds sont importantes. Ce type d’investissement était jusqu’ici souvent difficile à réaliser dans l’environnement français, alors même que la capacité d’investir de manière précoce et significative pour se positionner à l’international est un facteur clé de succès pour ces entreprises innovantes évoluant dans des marchés d’emblée mondiaux (comme par exemple, dans le secteur des biotechnologies).

Financement de l’immatériel.

Avec les prêts de développement, Bpifrance déploie une offre originale et complémentaire à l’action du marché pour financer l’immatériel et les besoins en fonds de roulements des PME et des ETI[22]. D’une durée de sept ans et comportant un différé de deux ans, ces prêts sont accordés aux entreprises sans sûretés de leur part. Cet outil d’intervention présente de nombreux atouts. Il est systématiquement jumelé à un crédit bancaire ou à une intervention en fonds propres complémentaires. Il permet, de plus, d’alléger le poids du remboursement durant la période de montée en puissance du projet et de disposer d’une ressource patiente. Ces prêts de développement sont également mobilisés pour accompagner la mise en œuvre de priorités de politiques publiques nationales et régionales telles que la conversion numérique ou énergétique des entreprises. Après un développement soutenu en 2013 (hausse de 6% pour atteindre 1,3 milliard d’euros d’engagements), Bpifrance anticipe un doublement de sa production de prêts de développement pour attendre 2,5 milliards de prêts distribués par an à l’horizon 2017.

Financement de l’export.

À l’instar de mécanismes similaires mis en place dans les grandes économies mondiales et européennes, Bpifrance expérimentera en 2015 une offre de crédit export pour compléter la gamme déjà existante des instruments financiers de soutien public aux exportations. Cette offre permettra aux entreprises exportatrices de sécuriser leurs paiements, de ne pas alourdir leur besoin en fonds de roulement et de travailler avec des clients étrangers n’ayant pas accès à une offre bancaire développée. L’offre de crédit export de Bpifrance ciblera prioritairement les contrats exports de petite et moyenne taille et consistera en un prêt octroyé à l’acheteur d’un bien ou d’un service par son fournisseur (crédit fournisseur) ou par sa banque (crédit acheteur). Il sera consenti à l’abri d’une couverture Coface DGP couvrant le risque de contrepartie de l’acheteur à 95% minimum et sera régulé dans le cadre de l’« Arrangement » OCDE, cadre multilatéral de bonnes pratiques destiné à éviter des risques de dumping financier entre pays. En cohérence avec sa position d’acteur de place, Bpifrance a la volonté d’associer les banques commerciales au dispositif. 

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