Quels financements pour soutenir la croissance des PME et ETI et préparer la compétitivité de demain ?

Assurer une chaîne de financement complète et diversifiée 4/4

Le financement participatif.

Le crowdfunding ou financement participatif est un mécanisme de collecte de fonds (généralement de petits montants) auprès d’un large public en vue de financer un projet créatif ou entrepreneurial. Il fonctionne le plus souvent via une plate-forme Internet. Si le financement participatif n’est pas une nouveauté en soi[33], il connaît aujourd’hui en France une forte dynamique de développement et s’ouvre au financement des entreprises. Les montants collectés auprès du grand public font ainsi plus que doubler chaque année, passant de moins de 10 millions d’euros de fonds collectés en 2011 à 27 millions en 2012 et à 78 millions en 2013, cette dynamique se confirmant en 2014[34]. On recense actuellement environ soixante acteurs qui se répartissent en trois segments principaux :

  • le prêt, à titre gratuit (prêt à taux zéro) ou rémunéré (lending-based crowdfunding). 1er segment avec 48 millions d’euros collectés en 2013 ;
  • le don, sans ou, plus fréquemment, avec contrepartie (donation-based / reward-based crowdfunding). 2ème segment avec 20 millions d’euros collectés en 2013 ;
  • l’investissement en fonds propres (equity-based crowdfunding). 3ème segment avec 10 millions d’euros collectés en 2013.

Les acteurs se différencient également par leurs cibles selon que les porteurs de projet à la recherche de financement sont des entreprises, des particuliers ou des associations. Sans surprise, le financement participatif des entreprises recouvre principalement les segments du prêt avec intérêt et de l’investissement en capitaux propres et concerne essentiellement les start-up et les PME pour des petits tickets[35].

Compte tenu de l’ampleur prise par le financement participatif et du potentiel de croissance très important qu’il recèle (1606 millions de dollars de fonds collectés en 2012 aux États-Unis et au Canada[36], les marchés les plus matures), un cadre juridique dédié a été établi pour en faciliter l’essor (ordonnance n° 2014-559 du 30 mai 2014 et son décret d’application n° 2014-1053 du 16 septembre 2014). Ce cadre réglementaire vise, au premier chef, les modèles de financement du prêt rémunéré et de l’investissement en fonds propres à destination des entreprises, pour lesquels des statuts spécifiques, délivrés et contrôlés respectivement par l’ACPR et l’AMF, ont été créés[37]. Bpifrance joue un rôle de catalyseur pour accompagner ce développement ; à travers sa participation active à l’« écosystème » du crowdfunding et à traversson offre de produits et services (via, notamment, sa plate-forme TousNosProjets.fr)[38].

Malgré des montants en jeu aujourd’hui encore très modestes, la finance participative représente une solution innovante de désintermédiation bancaire permettant aux épargnants de financer directement les PME et d’accéder à des investissements présentant un couple rendement/risque spécifique et offrant aux entreprises des poches complémentaires de financement.

Outre l’intérêt financier, la finance participative fait écho, du côté des particuliers, à l’émergence de nouveaux comportements répondant à une logique d’économie collaborative et donne la possibilité aux entreprises de nourrir une relation plus directe avec leurs clients et de tester l’intérêt de nouveaux projets.

Enfin, malgré un encadrement juridique spécifique, l’essor de la finance participative représente également un enjeu en matière de suivi des risques au niveau macroéconomique (risque systémique) et de protection des particuliers investisseurs[39]. Le développement pérenne de la finance participative dépendra ainsi d’une appréciation adaptée des risques spécifiques qui lui sont associés.

PARTAGEZ CE DOSSIER