Quels financements pour soutenir la croissance des PME et ETI et préparer la compétitivité de demain ?

Conclusion

Dans l’environnement actuel de liquidités abondantes, l’information est la ressource rare pour faciliter l’émergence de mécanismes d’évaluation du risque puis d’allocation des capitaux plus diversifiés et plus efficaces. La capacité à mesurer de manière adéquate le risque associé à un projet et donc, in fine, à prendre le « risque » de le financer, dépendra toujours, en premier lieu, du degré d’asymétrie d’information entre les acteurs. Aussi, il est primordial d’encourager les mesures visant à accroître la transparence sur le marché du crédit aux PME et aux ETI afin d’en améliorer l’offre, en s’appuyant, par exemple, sur les données FIBEN produites par la Banque de France[40].

Car l’offre de financement des PME et des ETI doit évoluer, en réponse à des changements conjoncturels et structurels multiples :

  • mise en place progressive d’un nouvel environnement réglementaire ;
  • émergence de besoins de financement spécifiques insuffisamment couverts par le marché ;
  • environnement de taux bas qui oriente les investisseurs vers de nouvelles classes d’actifs aux couples rendement/risque plus attractifs ;
  • volonté des entreprises de diversifier leurs canaux de financement et d’optimiser leurs coûts de financement.

Cette évolution appelle le développement d’une palette complète et diversifiée d’instruments de financement, en soutien ou en complément du crédit bancaire qui doit rester prépondérant du fait des avantages qu’il procure (efficacité coût, maillage du territoire, connaissance intime des entreprises). Bpifrance, dans son rôle d’acteur de place, accompagne et stimule cette évolution vers un système laissant plus de place au financement direct par les marchés de capitaux, à l’engagement des investisseurs institutionnels et aux financements alternatifs. Mais il convient de souligner qu’il n’existe pas de solution simple et unique. Les modèles de financements désintermédiés sont en effet multiples et complémentaires.

Enjeu majeur pour la compétitivité et la croissance, l’investissement des PME et des ETI reste à un point bas en 2014. Si globalement, son financement a été correctement assuré au cours de la dernière décennie, son insuffisance, tant en volume qu’en productivité, pèse sur la compétitivité des entreprises et sur leur capacité de rebond, en obérant leur niveau de croissance potentielle et leur capacité d’innovation[41].

Dans un contexte de demande atone, au-delà du levier du financement et des initiatives engagées pour restaurer les marges des entreprises, il est nécessaire de rappeler que la reprise de l’investissement des PME et des ETI est désormais, d’abord, une question de confiance. Aujourd'hui, un environnement incertain et les perspectives de croissance limitées dans la zone euro peuvent avoir un effet stérilisant sur les investissements et entretenir l’aversion au risque des acteurs financiers.

L’environnement actuel est pourtant propice à l’investissement. Du point de vue conjoncturel tout d’abord, grâce aux prémices d’un renforcement de la croissance mondiale, au niveau historiquement bas des taux d’intérêt, au repli du cours du pétrole et à la baisse de l’euro face au dollar. Du point de vue de l’offre de financement ensuite, caractérisée par un système bancaire sain et apte à accompagner la reprise, par un regain d’appétit pour le risque des investisseurs en capital et en dette, par la multitude des initiatives de financement alternatif et par la structuration et le renforcement des équipes d’investissement. Ces facteurs sont favorables à l’activité économique et à même de stimuler le potentiel d’investissement des entrepreneurs et des dirigeants d’entreprises.

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