Quels financements pour soutenir la croissance des PME et ETI et préparer la compétitivité de demain ?

Des besoins de financement ciblés 1/2

Une demande de financement atone dans un contexte de forte dépendance au financement bancaire.

Prédominance du canal bancaire.

Contrairement aux États-Unis où le financement des entreprises est dominé par les financements de marché, en France, comme en zone euro, le crédit bancaire est la source principale. Ce constat cache néanmoins des situations disparates selon la taille des entreprises, reflétant des capacités d’accès au marché hétérogènes.

Pour les grandes entreprises, le financement bancaire est minoritaire (34%[2]). Elles bénéficient en effet de sources alternatives de financement (obligations et autres titres de créances négociables), leur offrant des avantages complémentaires en matière de coût, de durée, de profil de remboursement et de diversification.

Avec des taux d’intermédiation respectivement de 96% et 71% (hors financement en fonds propres), les PME et dans une moindre mesure les ETI, recourent très majoritairement au financement bancaire, tant pour leurs besoins de trésorerie que pour leurs besoins de financement à moyen et long termes. Pour les PME et les ETI, ce mode de financement s’avère dans la majorité des cas très compétitif du point de vue du coût, dans l’absolu (en comparaison, notamment, des taux pratiqués en Allemagne), et relativement aux sources alternatives de financement[3].                                             

En matière de dynamique, on observe pour les instruments de marché et notamment pour les endettements obligataires des rythmes de croissance plus soutenus que pour le crédit bancaire. Cette tendance est renforcée pour les ETI pour lesquelles le financement obligataire est passé de 6,5% en 2008 à 13% en 2013, ce qui constitue une mutation significative dans leur mode de financement.

Un financement globalement assuré durant la crise mais une demande actuelle atone

À l’inverse d’autres pays européens, le financement bancaire des PME et des ETI françaises semble avoir été bien assuré durant la crise avec des encours de crédit aux PME restés globalement en croissance sur la période et avec le maintien d’un taux d’investissement, mesuré en pourcentage de la valeur ajoutée, relativement stable[4].

Cette bonne tenue a été facilitée par des conditions de crédit particulièrement favorables. Ainsi, en 2012, le coût du crédit aux entreprises à moyen et long termes servant à financer l’investissement était inférieur de près de 200 points de base à son niveau de 2000[5].

Les PME et les ETI françaises ont de plus bénéficié de la mobilisation conjointe des acteurs de la place financière de Paris et des pouvoirs publics pour garantir un niveau adéquat de financement par les banques. Cette mobilisation s’est traduite par de multiples dispositifs de soutien développés dans le cadre du Plan de relance de l’économie française de 2008, comme par exemple la mise en place du dispositif de Médiation du crédit aux entreprises et le renforcement des moyens de Bpifrance Financement (à l’époque Oséo) à travers le Plan PME.

Si la demande de crédit semble avoir été correctement servie depuis 2008 – et notamment sur le financement d’investissement « classique », immobilier et équipement – la production de crédits nouveaux aux PME et aux ETI se maintient à des niveaux faibles, encore largement inférieurs aux pics atteints les années précédant la crise[6]. Les différentes enquêtes et études menées sur le sujet accréditent davantage la thèse d’une atonie de la demande de crédit d’investissement des entreprises que celle d’un fléchissement du côté de l’offre[7].

 Pour autant, si ce constat est partagé dans une approche macroéconomique, les études menées par la BCE suggèrent également, au niveau microéconomique, l’existence d’un phénomène d’autocensure des dirigeants d’entreprises qui auraient, pour partie, intégré les contraintes d’accès aux financements bancaires, provoquant de fait une diminution de la demande. Une telle interprétation est toujours délicate car cette autocensure peut autant traduire la perception d’une trop grande exigence des banques dans leurs critères d’octroi, qu’une anticipation pessimiste de l’évolution de la conjoncture et des perspectives d’activité et donc, de facto, d’un moindre besoin d’investissement. Néanmoins, elle vient souligner que malgré des conditions globalement favorables au financement actuellement en France (taux bas, liquidités abondantes, secteur bancaire en bonne santé et concurrentiel), l’aversion au risque des agents économiques (entreprises et banques) constitue un frein puissant à la reprise de l’investissement.

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