Retour sur Bpifrance Inno Génération (10 et 11 juin 2015)

Le shopping connecté

Pour le second atelier Big Echo 1 de Bpifrance Inno Génération, Olivier Sichel, Pdg de Leguide.com, a exploré les tendances du e-commerce avec Lionel Baraban, Pdg de Famoco, et Patrick Brunier, délégué général de Picom. Ils étaient acompagnés par deux entrepreneurs du monde de la mode : Olivier Cotinat, directeur général de Flayr, et Marc Ménasé,  président fondateur de Menlook.
Voici les onze idées qui ont animé le débat :


BIG ECHO 1 - Le shopping connecté par BIG-BpifranceInnoGénération
 

1. Des obstacles à la connexion

"Quand on veut connecter 1 000 magasins dans un même mall, il faut connecter tout le monde à une même application, avec les mêmes normes de sécurité. Or, aujourd'hui il faut transporter son identité et il serait plus simple de pouvoir tout faire avec un Pass Navigo. Attention à ne pas faire des systèmes de geek pour des geeks. On a besoin de simplicité", a averti Lionel Baraban, Pdg de Famoco.

2. Pas de shopping connecté sans une organisation adaptée

"Le shopping connecté n'est pas qu'une question de technologie. Les pratiques organisationnelles sont essentielles pour s'adapter à ce nouveau parcours de vente. A commencer par la logistique, mais aussi les ressources humaines. Comment motiver les vendeurs, notamment en terme de rémunération, si le parcours de vente peut être préparé en amont par la marque", a mis en garde Patrick Brunier, délégué général de Picom.

3. Le mobile transforme le monde physique

"Aujourd'hui la vente est multimodale, et le mobile contribue à animer le point de vente physique. Quand vous entrez dans un magasin, il ne sait pas qui vous êtes mais il sait que tel numéro de mobile est présent. Nous pouvons analyser où les gens se promènent dans un centre commercial, quel est leur parcours. En poussant des coupons sur le portable des visiteurs, nous pouvons modifier leur parcours, et les inciter à aller visiter des zones du mall moins fréquentée, par exemple", a averti Lionel Baraban, Pdg de Famoco.

4. Des investissements importants...

"Demain, le parcours de shopping permettra une continuité, une fluidité entre différents médias et différents supports : vous préparerez votre liste de course via votre ordinateur le soir, puis le lendemain matin vous utiliserez votre portable dans le métro pour compléter votre liste d'achat avant de lancer la livraison, tout en collectant des points fidélité. Mais pour arriver à cela, il faut des investissements importants", a illustré Patrick Brunier, délégué général de Picom.

5. ...qui mériteraient une concertation entre les acteurs des centres commerciaux

"Ce sont surtout les foncières qui investissent dans les technologies pour définir les "cartes de chaleur" - mesurant la fréquentation des différentes zones du mall - tandis que ce sont les enseignes qui investissent dans le web-to-store et le couponing. Ces deux mondes ne partagent pas l'information, et c'est dommage", a regretté Lionel Baraban, Pdg de Famoco.

6. Investir dans le contenu

"Créer un e-commerçant, c'est d'abord créer une ligne éditoriale. Notre cible, les hommes, ont besoin de conseils pour choisir les achats. Nous avons donc investi dans le contenu, en faisant appel à des journalistes professionnel, et en laissant une large place à la photo. Nous avons ainsi produit un magazine qui paraît 5 fois par an à 150 000 exemplaires, et qui est distribué via un réseau de distribution construit par nous même. On n'allait pas passer par les NMPP, donc nous avons noué des partenariats avec les lounges Air France, les restaurants Cojean, etc.", a détaillé Marc Ménasé, président fondateur de Menlook.

7. Customiser l'expérience

"Les gens équipés en iOS ont un pouvoir d'achat supérieur à ceux qui utilisent Android. Il faut adapter le contenu à l'appareil (téléphone, ordinateur, tablette) mais surtout au profil du client. Dès le mois prochain, nous lancerons un centre téléphonique de personal shopping à Barcelone. Ces conseillers qui connaissent la mode peuvent pousser des recommandations shopping ultra-personnalisées. Toutefois, la prise de contact par email reste une valeur sûre. Et le SMS revient en force."

8. Quelle stratégie adopter à l'international ?

 "Nous mettons en avant les créateurs de mode d'un pays auprès des consommateurs des autres pays. En revanche, nous essayons d'industrialiser notre technologie : qu'elle soit la même entre les pays, même si les conditions de retour diffèrent... La Commission européenne cherche à uniformiser la réglementation du commerce transfrontalier pour permettre d'offrir les mêmes droits à tous les consommateurs européens", a précisé Olivier Cotinat, directeur général de Flayr.

 

9. Les micro-niches, une voie d'avenir

"Si vous voulez lancer votre boutique en ligne, testez votre idée sur un micro-marché. Un e-commerce hyper-spécialisé peut générer des marges supérieure à une enseigne en ligne généraliste", a conseillé Olivier Cotinat, directeur général de Flayr.

 

10. Un panel d'utilisateur pour modérer l'utilisation de leurs datas

 

"Nous avons créé un panel de nos meilleurs consommateurs, que nous mobilisons sur certaines questions, comme l'utilisation qui est faite des données de nos clients. Ainsi, nous pouvons modérer nos pratiques avec eux", confie Marc Ménasé, le président fondateur de Menlook.

11. Les chiffres-clés de Olivier Sichel, le PDG de Leguide.com

  • En France il y a plus de 100 marketplaces. Mais les business models évoluent : des enseignes commencent à accueillir d'autres marques sur leurs propres espaces de vente
  • Chaque jour, 56 sites de e-commerce ouvrent en France
  • Parmi les 150.000 sites de e-commerce actifs en France, la plupart réalisent moins de 1 million d'euros de chiffre d'affaires par an
  • Chaque personne utilise entre 5 et 20 applications mobile

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