« L’autodiagnostic et la labellisation »

Dominique Amirault (Président de la FEEF) et Laurent Croguennec (Directeur général Ecocert Environnement) répondent aux questions de Bruno Pelletier (Responsable développement du label Entrepreneurs+Engagés de la FEEF)

Qu’est ce que la FEEF (Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France) ?

Dominique Amirault : « C’est un mouvement d’entrepreneurs PME (de la start-up à l’ETI du moment qu’elle est indépendante) fournisseurs de la distribution. La FEEF a pour ambition d’apporter des solutions au développement des entrepreneurs par la mise en place de rencontres business et par la voie collaborative et différenciée. »

La FEEF a créé le label « ENTREPRENEURS+ENGAGES (E+) », de quoi s’agit-il ?

Dominique Amirault : « Nous sommes partis du constat que 84% des français ont confiance dans leurs PME, il faut donc que nous conservions cette confiance en nous autorégulant. Nous avons donc défini un référentiel RSE inspiré de l’ISO 26000 et décidé de faire auditer notre dispositif par un tiers extérieur (Ecocert).

Nous nous sommes aperçus, petit à petit, que ce label était devenu une sorte de marque collective pour les entrepreneurs PME qui n’ont souvent pas les moyens de communiquer face aux grands groupes. Nous avons donc décidé d’en faire une véritable marque collective pour rassurer les consommateurs. »

Combien d’entrepreneurs ont aujourd’hui ce label ?

Dominique Amirault : « Aujourd’hui, ils sont 75 et plusieurs sont en cours de labéllisation. Mais je rappelle que c’est une démarche très sérieuse. Nous ne voulons pas aller trop vite. Comme je l’ai dit plus haut, les consommateurs ont davantage confiance dans leurs PME, il ne faut donc pas être déceptif.

C’est un label entrepreneurial, un label d’amélioration continue et de progrès, dans un contexte sociétal qui est très important. Nous prenons en compte le comportement des individus car c’est l’Humain qui fait la force d’une entreprise. »

C’est donc un label qui porte des valeurs sociales, sociétales et environnementales, quelles différences majeures y a-t-il dans l’approche RSE d’une multinationale et celle d’une PME ? 

Dominique Amirault : « Quand on parle de RSE, on pense – à tort ! – trop souvent aux grands groupes qui, pour combler leur déficit d’image humaine et sociétale, s’engagent dans ce genre de démarche.

Les grands groupes essaient également de « normaliser » les engagements RSE avec de nombreux référentiels et, par ruissellement, de les imposer aux PME comme étant la norme universelle. Pour ces groupes, la meilleure façon de dominer, c’est de fixer les règles du jeu collectives, conformes à leurs intérêts particuliers !

Il existe une différence majeure entre la RSE pratiquée par les grands groupes et les PME. Celle des multinationales s’inscrit très souvent dans une logique défensive basée sur la conformité à des règles (« compliance ») et pour lesquelles les facteurs déterminants sont la question de l’image et le risque de réputation. A l’inverse, pour les entrepreneurs PME, la RSE est davantage considérée comme une démarche naturelle d’amélioration continue et de progrès. Il s’agit d’une approche propre et spécifique aux PME guidée par des valeurs d’excellence, d’authenticité, d’engagement pérenne et d’éthique concrète. Des valeurs qui différencient les PME. 

En effet, la PME est très différente, elle est plus humaine, ce sont les hommes qui sont créateurs de richesse. La PME doit s’appuyer sur ses propres forces (dimension humaine, ancrage territorial) et elle doit aborder la démarche de manière collaborative. »

Votre label est-il soutenu par les distributeurs ?

Dominique Amirault : « Absolument car les distributeurs y trouvent aussi leur intérêt. Ils sont, souvent, eux- même engagés dans la RSE. Ils prennent parfois des engagements très importants mais ne savent pas toujours les traduire dans l’économie réelle, ils ont des difficultés pour les mettre en pratique. Avec notre label, nous proposons aux distributeurs de travailler avec des entreprises engagées elles-aussi qui mettent en pratique la RSE quotidiennement dans leurs comportements, éthiques et responsables. »

Quelle forme prend ce soutien des distributeurs ?

Dominique Amirault : « Il y a une vraie attente des consommateurs aujourd’hui même si elle a encore du mal à s’exprimer dans l’achat des produits. Les consommateurs déclarent, en effet, préférer un produit PME à un produit d’une multinationale.

Il y a donc un changement de culture qui se met en place, mais il se fait par petits pas. En 5 ans, quand nous avons lancé la démarche, nous ne pensions pas que certaines choses seraient possibles aujourd’hui. »

De nombreux distributeurs soutiennent notre label et l’ont fait connaitre aux consommateurs via des prospectus nationaux qui mettaient en avant des produits labellisés ENTREPRENEURS+ENGAGES.

Ce Label « Entrepreneurs+Engagés » est-il visible sur le produit ?

Dominique Amirault : « Oui, notre logo « E+ » est visible sur les emballages des produits PME labélisés. Nous allons bientôt le faire évoluer en proposant un QR code, par exemple, qui pourra montrer aux consommateurs plus précisément quels sont ces engagements. »

Ce label est accessible aux PME de quelles tailles ? Une TPE peut-elle être labellisée ?

Dominique Amirault : « Oui, ce label est accessible aux TPE, PME et ETI. L’engagement est dans la culture d’entreprise quelle que soit sa taille. Toutefois, il est plus facile de mettre en place une démarche RSE et une labellisation quand on est structuré car cela prend du temps. »

Comment devient-on un Entrepreneur+Engagé ?

Laurent Croguennec : « Nous avons travaillé avec la FEEF pour créer un référentiel de bonnes pratiques issus de la norme ISO26000. Nous avons donc mis un place une démarche exigeante et ambitieuse qui peut être reconnue par l’ensemble des tiers (consommateurs, distributeurs, partenaires), mais nous avons voulu rendre cette labellisation accessible, compréhensible et progressive. L’intervention d’un organisme tiers indépendant garantit la transparence vis-à-vis des consommateurs.

Dominique Amirault : « c’est une démarche de labellisation bien sûr, mais surtout collective, de communauté. Obtenir la labellisation n’est que le début, le collectif va aider à aller de l’avant.

De manière très concrète, les entrepreneurs ont des outils mis à disposition par la FEEF pour prendre connaissance de la démarche, s’auto-évaluer et s’entrainer. Il y a également un accompagnement proposé pour ceux qui auraient besoin de l’être. Il faut en général entre 1 jour (pour l’auto-évaluation) et 6 mois pour les entreprises qui se font accompagner, pour présenter leur dossier.

La RSE est un état d’esprit, elle ne nécessite pas forcément d’énormes moyens. Elle repose sur du dialogue avec nos parties prenantes pour comprendre tant en interne qu’en externe, ce qui est important pour eux. Un entrepreneur fait de la RSE naturellement, cela fait partie de son ADN.

Partant de ce principe, il n’est pas compliqué d’avancer dans la démarche. Après, tout est question de volonté, d’ambition, de sincérité vis-à-vis de l’ensemble de ses salariés et de ses clients.

Laurent Croguennec : « Ecocert intervient sur le terrain pour auditer et s’assurer que l’entrepreneur et ses équipes ont bien mis en œuvre la démarche et qu’elle est conforme au référentiel. Nous pouvons faire des recommandations s’il y a des décalages pour qu’il puisse rectifier le tir. Une fois qu’il est en phase avec les conditions du label,, nous lui remettrons une attestation. Dans la durée, nous nous assurons également que le plan de progrès est bien mis en œuvre d’année en année. »

En savoir plus sur le Label Entrepreneurs+Engagés :

http://www.feef.org/Qui-sommes-nous-/Label-Entrepreneurs-Plus-Engages

Retrouvez l’intégralité de la discussion :

https://innogeneration.bpifrance.fr/Replay/2017#video-37116

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