La France, future championne des véhicules autonomes ?

Bordeaux accueillait il y a quelques semaines un congrès consacré aux systèmes de transports intelligents. Des acteurs venus du monde entier ont présenté leurs innovations, et quelques projets français ont été remarqués.

vehicule autonome

Les visiteurs d’ITS (Intelligent Transports Services) ont pu découvrir les voitures autonomes conçues par Akka Technologies ou les grands constructeurs automobiles. Des prototypes fonctionnels pour la plupart, qu’on pourrait croiser dans quelques années sur route si la réglementation accélère. Akka a testé pour la première fois à cette occasion son véhicule autonome dans des conditions réelles d'utilisation, c'est-à-dire sur route au milieu du trafic quotidien. L’engin, réalisé en partenariat avec l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), le Conseil régional d’Aquitaine ainsi que les sociétés Cogniteev et Helileo, est bardé de capteurs : il reconnaît les passagers et leur permet de retourner leurs sièges pour se parler en face à face et projette sur un écran les informations relatives aux points d’intérêt (restaurants, cinémas…) à proximité, etc.

La France a le savoir-faire

Navya,-France-véhicules-autonomes,-26-Oct
D’autres acteurs français ont aussi une carte à jouer sur un marché moins grand public.
Présents sur le segment tout juste naissant du véhicule de transport public autonome (comprendre : minibus sans chauffeur, se déplaçant sur des sites fermés tels que les aéroports, les parcs à thème…), deux Français ont présenté leurs bijoux technologiques. Navya (Lyon et Paris) a mis en valeur Navya Arma, navette mise au point en un temps record : tout juste une petite année de développement. Une trentaine de personnes travaille sur ce prototype et une dizaine les rejoindront d’ici la fin de l’année. « En France, il y a une tradition automobile et robotique importante, nous avons tout le savoir-faire qu'il faut dans ce pays pour développer les véhicules autonomes », assure Christophe Sapet, dirigeant de Navya.

Des gains financiers et humains

Autre projet qui compte : celui d’EasyMile (siège à Toulouse, bureau à Singapour), joint-venture qui réunit Robosoft (siège à Bidart dans les Pyrénées-Atlantiques) et le constructeur français de véhicules électriques utilitaires légers et de microcar Ligier. Son véhicule EZ10, présenté à Bordeaux, a déjà transporté 30 000 personnes durant les sept derniers mois, dans les villes tests où il a été déployé.

Ces deux sociétés se préparent au démarrage de leur marché, mondial, d’ici deux ou trois ans. « Une fois que l'effet "waouh technologique" sera passé et que nous aurons dépassé le cap des usagers dits pionniers, les futurs clients - villes, entreprises, infrastructures de transport, centres de congrès, campus universitaires... de nos solutions vont calculer les gains financiers et humains qu'elles sous-tendent. Il y aura de la place pour les deux acteurs français que nous sommes », juge Jean-Marc Desveaux, directeur marketing d’EasyMile.
Il y a peu de chance pour que Navya et EZ10 puissent un jour nous doubler sur la rocade ou l'autoroute. Mais contrairement aux autos pensées grand public par les grands constructeurs, ces moyens de transport autonomes pourraient se spécialiser dans les liaisons dites « du dernier kilomètre » entre des hubs de transports publics en centre-ville et la destination finale du voyageur. Lors d'ITS, ce sont des navettes autonomes de Navya qui ont transporté les visiteurs depuis la station de tramway jusqu'aux portes du Palais des Congrès.