La filière nautique française a le vent en poupe

Durement touché par la crise de 2008, le secteur nautique français se redresse - et exporte !
Passage en revue à l’occasion du salon nautique international qui se tient à Paris du 5 au 13 décembre.

Quelque 775 exposants, 1 400 marques, 825 embarcations, 230 000 visiteurs attendus : voici ce qu'annonce le salon nautique international, qui se déroule du 5 au 13 décembre à la Porte de Versailles, à Paris, sur son site web. Des chiffres impressionnants, qui montrent combien le nautisme a le vent en poupe en France !
L'Hexagone est en effet en première position mondiale dans les domaines de la voile et de la glisse, et en quatrième sur le segment de la production de bateaux à moteurs.

Plus de 5 000 entreprises et près de 40 000 emplois

D’après les dernières données de la Fédération des industries nautiques (FIN), la filière nautique a enregistré un chiffre d’affaires total de plus de 4 milliards d’euros en 2013. Elle compte plus de 5 000 entreprises, dans 30 catégories distinctes (constructeurs, motoristes, loueurs, importateurs, activités du négoce et de la maintenance, prestataires de services…), qui emploient près de 40 000 personnes au total. Si le nautisme mondial et hexagonal n'a pas encore réussi à renouer avec le faste des années d'avant crise, il n'empêche : la filière française exporte plus de 72,4 % de sa production, un record ! L'Amérique du Nord et du Sud, l'Asie et le Moyen-Orient ont acheté 41 % de la production, tandis que l'Union européenne (hors France) en a pris 31 %.

Des entreprises emblématiques

voilier
Logiquement, les activités de la filière nautique française sont situées à proximité du littoral (voir encadré). Avec, en Vendée, l'emblématique Bénéteau, coté en Bourse depuis 1984. Le groupe - qui fête ses 131 ans cette année - est non seulement leader dans la construction de bateaux à moteur et à voile en France, mais aussi, et depuis plus de 30 ans, le numéro un mondial dans la production de voiliers (monocoques et multicoques).
La vénérable maison, qui compte quelque 6 000 salariés dans ses différentes filiales en France et dans le monde, a affiché un chiffre d'affaires de près d'1 milliard d'euros sur son dernier exercice (+19,9 % par rapport à son exercice précédent). Bénéteau a surfé sur la vague de la reprise du marché de la plaisance et la baisse de l’euro face au dollar (qui accroît la compétitivité du groupe à l’international). Et, « secret de fabrique », Bénéteau consacre 20 millions d’euros par an à la recherche et développement, pour que sa centaine d’ingénieurs innove toujours plus, notamment sur les matériaux composites, l’objectif étant de proposer des bateaux toujours plus haut de gamme. Des produits majoritairement fabriqués dans ses chantiers en Gironde et en Vendée, même si le groupe dispose d’usines à l’étranger (Brésil, États-Unis, Italie, Pologne). Par ailleurs, cette année, Bénéteau a recruté un nouveau directeur financier, familier des grands groupes industriels, pour l’accompagner davantage dans son expansion à l’international et dans sa quête de rentabilité.
Pour l’an prochain, l’équipe dirigeante est optimiste sur les perspectives du groupe : les premiers salons professionnels de la saison ont été positifs, dans une Europe qui représente 48 % de son chiffre d’affaires sur l’activité bateau ainsi qu'en Amérique du Nord (31 % de son CA). En revanche, l’Amérique du Sud et l’Asie sont pour l’instant en retrait, même si le potentiel de ces marchés reste élevé...

Une industrie de littoral

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, spécialisée dans la plaisance et les services, est la plus révélatrice de la filière nautique française. En 2013, elle a représenté à elle seule un quart du chiffre d’affaires national dans le secteur. Viennent ensuite les Pays de la Loire, avec notamment la présence du groupe Bénéteau. Cette région a dégagé 18,3 % des revenus nationaux. Enfin, le podium est complété par la Bretagne, principalement active dans la production industrielle, avec 11,6 % du chiffre d’affaires total français dans le secteur. Parmi les autres régions très actives dans la filière nautique, on trouve l’Ile-de-France, l’Aquitaine, le Poitou-Charentes et le Languedoc-Roussillon.

Autre entreprise qui compte dans le nautisme en France, Fountaine Pajot. Avec un domaine de prédilection : la fabrication de catamarans à voile et à moteur. Fondé en 1976, le chantier naval Fountaine Pajot se fait une place de plus en plus significative parmi les grands constructeurs mondiaux de catamarans grand public à travers des innovations comme l’eco-cruising, développé depuis 2011. Ce procédé consiste à produire des bateaux moins énergivores, en y intégrant des panneaux solaires, des hydro-générateurs escamotables ou encore des LEDs.
Cotée sur Alternext depuis 2007, la société (380 salariés) a réalisé un chiffre d’affaires de 61,6 millions d’euros sur son dernier exercice, en croissance de 24,3 %. Comme pour le reste de la filière française, l’export est l’un de ses atouts : 59 % de ses ventes s'effectuent hors d’Europe, notamment en Amérique du Nord.
Pour poursuivre sa croissance ininterrompue depuis cinq ans, l’entreprise charentaise va investir 10 millions d’euros dont 4 millions pour le développement de nouveaux produits. Le reliquat sera consacré à l’extension sur plusieurs milliers de mètres carrés de ses deux sites de production, à la Rochelle et à Aigrefeuille. Autant de signes qui prouvent que la filière dans son ensemble estime que le bon vent la portera…