La fintech révolutionne l'offre bancaire traditionnelle

La première manifestation nationale consacrée aux nouvelles technologies appliquées à la finance a eu lieu à Bordeaux, qui dispose d’une filière financière locale bien organisée et d'un écosystème numérique dynamique.

(c) Agence Appa

Quelque 400 personnes ont débattu, à Bordeaux, de l'avenir de la fintech, cette nouvelle filière qui profite des innovations technologiques pour révolutionner un secteur traditionnel, celui des services bancaires.Première manifestation et premier succès. L'organisateur, Louis Alexandre de Froissard, gérant de Montaigne Patrimoine à Bordeaux, s'est appuyé sur une filière financière locale bien organisée et un écosystème numérique dynamique, labellisé French Tech. Exerçant le métier traditionnel de conseil en gestion de patrimoine, Louis Alexandre de Froissard, féru de nouvelles technologies numériques, a identifié une attente du public sur la fintech, grâce à quelques tests sur les réseaux sociaux.
L'intérêt est là, mais les questions demeurent. La première : comment expliquer l'émergence de la fintech ? Son origine fait débat, entre ceux qui privilégient une révolution d’usages et ceux qui mettent en avant la révolution technologique : « le Bitcoin et l'Internet ne sont pas nés de la demande des utilisateurs. Ce sont avant tout des révolutions technologiques, qui ont ensuite généré des usages », insiste ainsi Gonzague Grandval, cofondateur de la plateforme d'échanges Paymium, tandis que Jérôme Traisnel, président de SlimPay, société spécialisée dans les paiements par prélèvement, souligne en revanche qu’ « il n'y aurait pas de révolution technologique s'il n'y avait pas de changements d'usages. »

Une « nuée de moustiques » pour les banques

Quelle que soit son origine, le secteur de la fintech, encore quasiment inconnu du grand public il y a un an, se développe à grande vitesse en France. Au point que les jeunes pousses commencent à se structurer, avec la création en juin dernier de l'association professionnelle France Fintech, destinée à promouvoir le concept et les usages auprès du public. 
Philippe Dardier, le patron de la plate-forme Alternativa (qui organise la rencontre entre des PME en recherche de capitaux et des investisseurs désireux de financer la croissance de ces entreprises), compare l'émergence de ce nouveau secteur à « une nuée de moustiques qui piquent les banques ». Nouvelle façon de lever des fonds et de prêter, technologie appliquée aux transferts de fonds : la révolution n'en est qu'à ses débuts.

Et déjà, dans le secteur même de la fintech, des tendances se font jour, avec d'une part, la concentration, notamment du crowdlending, et de l'autre, une spécialisation de plate-formes sur des niches. Signe que ce nouveau secteur est on ne peut plus actif...