TalkSpirit : quand le modèle de gouvernance devient source d’innovation

En adoptant un mode de fonctionnement holacratique, la société TalkSpirit a renforcé l’autonomie et l’agilité de ses collaborateurs et ainsi leur capacité d’innovation.

« Le principe, c’est la confiance » affirme Philippe Pinault, Pdg de TalkSpirit, entreprise membre de la communauté Bpifrance Excellence. Créée il y a une dizaine d’années, sa société fonctionne aujourd’hui sans hiérarchie et sans liens de subordination. Spécialisée dans la transformation numérique des entreprises, elle a adopté, en septembre 2014, un mode de fonctionnement holacratique dans lequel les mécanismes de prise de décision sont distribués.

Formé et accompagné par le cabinet IGI Partners, spécialiste de l’holacratie, Philippe Pinault a défini avec ses collaborateurs l’ensemble des « rôles » nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise et à la réalisation de sa mission. Le « rôle bien être et performance au travail » par exemple a pour raison d'être l’identification et la mise en place des « pratiques, des technologies et d’un environnement qui développent le bien être et la performance au travail ». Le « rôle faire savoir » doit proposer des solutions afin de « susciter l’intérêt du marché pour talkSpirit et médiatiser ses activités et succès ». Les « rôles » ont ensuite été répartis entre les 20 salariés de TalkSpirit, installés à Paris et Montpellier. Il n’existe désormais plus de manager pour valider : « chacun est responsable et a autorité sur son ou ses rôles » raconte Philippe Pinault.

Une plus grande capacité d’innovation

« L’holacratie ne change pas ce que les collaborateurs font mais la façon dont ils le font et dont ils interagissent » poursuit-il. En plus de la clarté apportée aux missions et responsabilités de chacun, ce mode de fonctionnement amène de l’autonomie et de l’agilité. « En favorisant la participation et en se nourrissant de la capacité à résoudre les tensions, le modèle entraine une plus grande capacité d’innovation » poursuit le Pdg de TalkSpirit. Loin d’être figée, l’holacratie est une boîte à outils à adapter. « Des réunions de gouvernance régulières permettent de réaliser des ajustements en continu » précise Philippe Pinault.
L’adoption de la démarche invite par ailleurs à repenser l’ensemble de l’organisation. « Les fonctions RH ont été impactées par exemple : aujourd’hui, ce sont les équipes qui décident de leurs congés » confie Philippe Pinault. Pour le dirigeant, c’est un soulagement. « Avant, j’étais souvent en prise avec des problématiques qui ne relevaient pas de mes compétences. Aujourd’hui, j’ai plus de temps à consacrer à mes rôles et à la réflexion sur l’organisation ».