2030 : quel futur pour le secteur de la santé ?

L'avenir de la santé appartient-t-il aux low tech ? Serons-nous capables de rendre le secteur aussi sûr que celui des banques ? Pour ce premier volet de notre série d’anticipation dédiée à notre programme Demain*, nous nous sommes penchés sur l’un des enjeux majeurs de l’industrie : “mieux se protéger”. Regard sur Demain, avec la startup PKVitality

Embarquement immédiat en 2030 avec la startup PKVitality. Spécialisée dans le domaine des bio-wearables sport et santé (des technologies à porter sous la forme d’accessoires), PKVitality développe par exemple une montre digitale permettant aux diabétiques de suivre leur niveau de glucose en toute simplicité. Son fondateur, Luc Pierart, a accepté de se projeter en 2030 pour répondre à nos questions sur les enjeux de Demain dans le secteur de la santé. 

Nous sommes le 28 juin 2030, comment le secteur de la santé se porte-t-il ? 

Le secteur de la santé est devenu en 20 ans l’un des secteurs clefs du développement high-tech. La chirurgie à distance, les robots chirurgiens ou encore les rendez-vous avec un docteur par visio sont des
exemples qui illustrent parfaitement les nouveaux moyens employés pour se faire soigner. L’homme pré-bionique avec ses nombreux capteurs ou ses lunettes augmentées contrôlées par la pensée est aussi capable d’anticiper ses propres problèmes de santé. Les prothèses bioniques ou encore l’analyse des profils ADN pour minimiser nos faiblesses sont devenues des pratiques courantes. Malheureusement, toutes ces innovations ont un prix et la santé privée ne cesse d’augmenter. Cela renforce le fossé entre les riches et les plus démunis dans l’accessibilité à ces nouvelles solutions.

“L’intelligence artificielle est devenu le maillon clé des technologies ”

Les objets connectés sont-ils devenus essentiels dans ce secteur ?

L’intelligence artificielle est devenu le maillon clé des technologies. On pourrait même la comparer à un super cerveau incontournable dans le cloud. Les objets connectés sont les terminaisons nerveuses nécessaires au fonctionnement de ce super cerveau. Beaucoup plus simples et intégrés à nos corps, dans nos maisons, dans nos voitures et dans nos villes, les objets connectés sont partout. Bientôt, ils pourront même être miniaturisés pour se déplacer dans le corps humain. Semblable à un train sur ses rails et de la taille d’un mini grain de riz, ils seront ainsi capables de se déplacer dans nos cerveaux pour soigner des maladies neurologiques.

Qui sont les utilisateurs de solutions de bio-wearables ?

Les utilisateurs majeurs des bio-wearables, tels que les montres connectées avec des biocapteurs sur la peau par exemple, sont majoritairement les personnes qui vivent avec une maladie chronique. On peut également retrouver plus largement les personnes qui ont besoin d’une connaissance quotidienne ou hebdomadaire de leur corps, comme les diabétiques, les personnes obèses ou encore les sportifs de haut niveau. Pour les risques vitaux mais non chroniques (AVC, crise cardiaque, etc), les implants bio-wearablesse sont généralisés. Néanmoins, ils ont aussi eu beaucoup de mal à s’implanter et n’ont décollé que le jour où les solutions sans chirurgie sont apparues. Désormais, les avantages de ce type de technologie ne sont plus à prouver : coût faible, simplicité extrême d’utilisation, faible encombrement, vraie valeur ajoutée...
Pour ces raisons, elles commencent d’ailleurs à rencontrer un vif succès auprès du grand public aussi. 

“Les conséquences de l’utilisation des objets connectés et de l’intelligence artificielle pourraient être désastreuses pour l’être humain et la société si elles ne sont pas soumises à des règles strictes”

À quels risques les objets connectés pour la santé sont-ils exposés ?

Aujourd’hui, les contrôles sont plus drastiques qu’auparavant. Les conséquences de l’utilisation des objets connectés et de l’intelligence artificielle pourraient être désastreuses pour l’être humain et la société si elles ne sont pas soumises à des règles strictes. Aussi, l’être humain a un besoin majeur : sa liberté. Ainsi, s’il est contrôlé de manière excessive, il finira par rejeter cette autorité à moins d’en tirer des avantages essentiels. Ceci explique d’ailleurs le démarrage plutôt raté des objets connectés à leur début dans les années 2010. À l’époque, ils avaient alors des fonctions plus “gadget” que réellement utiles.

En 10 ans, comment avez-vous vu évoluer les questions de cybersécurité dans la santé ?

La cybersécurité et la protection totale des données a mis 10 ans à passer d’une simili protection (Facebook, Google) à une protection de niveau bancaire. On a donné les moyens à l’utilisateur de maîtriser ses datas à l’aide de la blockchain. Ensuite, des sociétés spécialisées dans le contrôle des datas - ont vu le jour suite à des attaques ciblées dans la cybersanté. Ces sociétés ont fini par cristalliser la confiance des utilisateurs comme le fit la banque entre le XIXe et la moitié du XXe siècle avec de véritables systèmes de sécurité.

Cette évolution vous rend-t-elle optimiste quant à l’avenir du secteur ?

Avant tout, ce parallèle entre le système bancaire et le secteur de la santé me rend plutôt optimiste quant à notre capacité à sécuriser la santé des utilisateurs. Aucune cyberattaque concluante n’a d’ailleurs été recensé dans le domaine bancaire depuis l’avènement du web en 1980... Par ailleurs, la FDA et la ANSM (des centres de contrôle de mise sur le marché des produits médicaux) ont fini par intégrer dès 2024 l’ensemble des objets connectés limitant ainsi les risques humains.

D'après vous, quelles sont les prochaines étapes à franchir pour la santé ?

La première étape va consister à faire contre-pied aux 20 dernières années en généralisant la low tech dans la santé afin d’étendre les nouveaux moyens de santé auprès du plus large public possible. Il faut par ailleurs se rappeler que la médication dite “classique” a presque disparu puisque nos corps se sont habitués aux produits chimiques et en ont même créé des addictions incontrôlables. Une autre étape majeure que nous allons vivre : celle du retard du vieillissement. Nous devrions dans les prochaines décennies repousser l’espérance de vie de l’Homme à 300 ou 400 ans, tout en lui permettant de garder un corps et un esprit sain. Les travaux effectués sur le rat nu - qui vit 30 ans au lieu de 3 ans - auront alors enfin trouvé leur application chez l’être humain d’ici 10 ans, en l’an 2040.

Parce qu’aujourd’hui se construit l’économie française de demain, Bpifrance a lancé le projet « Demain » , une démarche collective de réflexion sur neuf enjeux majeurs, autour de l'économie et de l'industrie : 

  • mieux se protéger 
  • bâtir les territoires de demain
  • réussir la transition écologique et énergétique
  • créer l’entreprise et le travail de demain
  • nourrir l’humanité 
  • faciliter la mobilité
  • répondre à l’épanouissement de l’individu
  • repenser la formation initiale et continue
  • vivre et vieillir en bonne santé 
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