2050 : Comment nourrir l'humanité ?

En 2050, parviendra-t-on à nourrir les 9 milliards d'êtres humains qui peupleront notre planète ? Quelles solutions pour relever ce défi de manière pérenne ? Denis Olivier, CEO de Meal Canteen, fait un bond dans le temps et répond à nos questions d’anticipation dédiées à notre programme Demain.  

Et si d’ici quelques décennies, la lutte contre le gaspillage alimentaire s’intégrait à l'ensemble de nos modes de production et de consommation ? C’est en tout cas le souhait de Denis Olivier, CEO de Meal Canteen, qui propose - grâce à une application mobile - de réserver ses plats à l’avance auprès de son restaurant collectif pour permettre aux équipes de cuisine d’ajuster leur production. Il a accepté de répondre à nos questions et de se projeter avec nous en 2050 pour parler alimentation et gaspillage.  

Bpifrance : Nous sommes le 5 décembre 2050. En quoi nourrir l'humanité est-il devenu l'un des premiers défis à relever au cours de ces dernières années ? 

Denis Olivier : Notre planète compte désormais un peu plus de 9 milliards d'êtres humains. 9 milliards d'enfants, de femmes et d'hommes à nourrir sur une Terre qui, en revanche, ne voient pas ses ressources naturelles (eau, terres cultivables, biodiversité) augmenter. À cela s'ajoutent les phénomènes climatiques extrêmes et les pollutions qui viennent aggraver davantage la disponibilité des ressources.

B : Quelles sont les grandes innovations mises en place ces dernières décennies pour nourrir la population sainement et en quantité suffisante ? 

D.O : Les législations ont accompagné un vaste mouvement de changement du modèle pour favoriser des gestions plus responsables et moins énergivores : limiter les consommations d'eau potable, les produits phytosanitaires... Les grandes métropoles mondiales ont lancé de nouveaux modèles d'agriculture comme l’utilisation des friches industrielles dépolluées. Il n'existe plus de service militaire, mais un service agricole obligatoire : chaque citoyen est formé pendant 6 mois aux nouvelles pratiques agricoles. Grâce à la science, on trouve désormais en plein centre-ville des fermes, des potagers, du maraîchage... 

 "Le meilleur déchet est celui que l'on ne produit pas.” - Denis Olivier

B : Le gaspillage alimentaire fait-il toujours partie des problématiques à résoudre ? 

D.O : Début 2020, la lutte contre le gaspillage alimentaire est devenue la priorité de l'ensemble des pays. À l'époque, 1/3 de la production alimentaire était jetée dans le monde. Évidemment, des solutions ont été testées. La priorité a été donnée à la lutte contre les gaspillages à la source, car le meilleur déchet est celui que l'on ne produit pas. Cela s'est fait grâce à un véritable changement des usages, tant au niveau de la production des biens alimentaires, qu'au niveau de la distribution et de la consommation. 

B : Les modes de production et les habitudes de consommation ont-ils changé ? 

Les législations ont accompagné ces changements, mais les initiateurs ont bien été les consommateurs. Ces derniers ont rapidement compris qu'ils avaient - grâce à leur pouvoir d'acheter ou de ne pas acheter - le pouvoir de faire changer les modèles anciens. Les producteurs ont rapidement suivi le mouvement en inventant de nouveaux modèles. 

“Comment continuer de produire et de consommer, sans prendre en compte l'augmentation de la population mondiale, la limite de nos ressources naturelles, les pollutions et les dérèglements climatiques ?”  

B : Les inégalités entre les pays dans l'accès à l'alimentation se sont-elles creusées ?  

D.O : La pression démographique et l'immigration climatique ont modifié en profondeur les rapports de puissance dans le monde. Très rapidement, les pays les plus riches ont compris que la stabilité mondiale ne pouvait être assurée qu'en réduisant les inégalités entre les pays, notamment dans l'accès à l'alimentation. Les différents gouvernements ont décidé d’accompagner le développement des terres cultivables dans les pays les plus précarisés, de favoriser des modèles agricoles et alimentaires plus respectueux de notre environnement. Certes, des inégalités perdurent, mais nous observons un vaste mouvement pour les endiguer. 

B : Quels sont les nouveaux défis à relever aujourd’hui pour nourrir l’humanité  ? 

D.O : Le temps de la rentabilité fondée sur le volume et la surproduction est bien terminé. C'est sur la performance écologique que l’on évalue désormais les entreprises. Le nouveau défi est donc la convergence des intérêts de tous (gouvernants, société civile, acteurs économiques) vers un modèle alimentaire respectueux de l’Homme et de la planète.  

Parce qu’aujourd’hui se construit l’économie française de demain, Bpifrance a lancé le projet « Demain », une démarche collective de réflexion sur neuf enjeux majeurs, autour de l'économie et de l'industrie :

  • mieux se protéger
  • bâtir les territoires de demain
  • réussir la transition écologique et énergétique
  • créer l’entreprise et le travail de demain 
  • nourrir l’humanité
  • faciliter la mobilité
  • répondre à l’épanouissement de l’individu
  • repenser la formation initiale et continue
  • vivre et vieillir en bonne santé 
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