Aledia, à l’assaut du marché des écrans

La pépite grenobloise de la deeptech est à l’origine d’une technologie de LED unique au monde. Elle ambitionne de révolutionner le marché de l’affichage électronique. L'entreprise vise la production de masse d’ici deux ans.

Cap sur l’industrialisation pour conquérir le marché des écrans. La start-up deeptech Aledia, dotée d’une technologie disruptive de LED (diode électroluminescente) 3D a levé à ce jour un total de 90 millions d’euros, dont 30 millions de série C en janvier dernier auprès d’Intel Capital en plus des investisseurs historiques : Braemar Energy Ventures, Demeter, Bpifrance, Ikea Group, Sofinnova Partners et Supernova Invest.

Grâce à cette levée de fonds, l’entreprise emménagera dans ses propres locaux, à Echirolles, en banlieue de Grenoble. Le lieu sera dévolu à la R&D et comportera également un parc de machines destiné à lancer le début de la production à grande échelle d’ici 2021. Une nouvelle levée de fonds est envisagée dès le premier semestre 2020. L’entreprise mise également sur un deuxième site industriel un peu plus tard, afin de passer à la production de masse. « Nous poussons les boutons les uns après les autres pour passer à l’industrialisation », résume ainsi Giorgio Anania.

Plus de brillance et davantage d'efficacité énergétique

La pépite, forte d’une centaine de collaborateurs et détentrice d’environ 170 familles de brevets, a développé une technologie produisant de la lumière à partir de nanofils. Une innovation de rupture capable d’apporter plus de brillance aux écrans des smartphones et autres appareils connectés. Elle assure également une meilleure efficacité énergétique, pour un coût de fabrication équivalent ou moindre aux OLED utilisées pour illuminer les displays [affichage mobile, ndlr] : « au-delà d’une simple réduction de coûts, notre technologie peut apporter quelque chose que les technologies existantes n’ont pas ».

Initialement, Aledia prédestinait sa technologie innovante au marché du luminaire. « Sur ce marché, il faut avoir un rendement énergétique d’au moins 70 % et nous en sommes encore loin. Sans compter les nombreuses entreprises chinoises qui s'en sont déjà emparé », indique Giorgio Anania. « Nous avons ensuite regardé celui de l’automobile avant de nous rendre compte que le marché de l’électronique grand public, qui offre aujourd’hui un rendement énergétique de 5 %, nous était plus accessible, en plus d’être particulièrement intéressant », poursuit le patron de la jeune société.

Aledia se place donc résolument dans la course aux écrans avec trois versions de sa technologie : l’une vise le marché prometteur de la réalité augmentée, une autre est dédiée aux écrans de taille moyenne comme ceux des ordinateurs portables ou des tablettes, et une troisième version, destinée à de très grands écrans, pourra non seulement « améliorer l’image mais aussi réduire de moitié le prix d’achat », affirme Giorgio Anania.

Diversifier ses équipes pour un meilleur rendement

En plus de plancher sur le développement commercial, Aledia a également renforcé ses rangs avec différents profils opérationnels. L’objectif ? Conquérir une poignée de géants technologiques mondiaux qui dominent le secteur des displays. « C’est un marché où l’on met longtemps à générer un chiffre d'affaires, mais une fois que cela démarre, tout va très vite. Sur ce marché de volume, la première année pleine, on n'enregistre pas quelques dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires, mais des centaines ! ». Le compte à rebours est lancé…

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