Ask Mona : l’intelligence artificielle pour maintenir le lien entre la culture et son public

Ask Mona est une start-up française au croisement de la culture et de l’intelligence artificielle. Depuis 2017, l’entreprise propose une solution numérique pour accompagner les utilisateurs et les guider lors de leurs sorties culturelles grâce à des chabots. Dans ce contexte particulier, l’entreprise maintient son activité et fait vivre autrement la culture grâce au digital.   

Que signifie le détail sur le pied gauche de la statue ? Quel château en France correspond à votre style architectural préféré ? Ne restez pas sans réponse. Betty la concierge du Grand Palais, Adam chef d’œuvre de la sculpture médiévale au musée Cluny ou La Joconde répondent à vos questions sur le lieu de votre visite et à distance. Depuis son lancement Ask Mona a aidé plus de 50 institutions culturelles à développer un outil d’accompagnement pour informer leurs visiteurs. Près de 600 000 messages ont été échangés entre les bots et les utilisateurs. Aujourd’hui, ces outils continuent d’exister et permettent aux établissements de garder un lien avec leur public en leur proposant un contenu culturel, à défaut de pouvoir organiser des expositions et des visites. Autour de cet enjeu, Marion Carré, co-fondatrice et présidente de l’entreprise, nous raconte comment elle envisage le rôle d’Ask Mona dans ce contexte atypique.

Bpifrance : Comment est né ce lien entre l’intelligence artificielle et la culture ?  

Marion Carré : Ask Mona est né d’un autre projet, un média en ligne qui valorise l’histoire de Paris. Plusieurs lecteurs me demandaient des conseils de sorties. Pour répondre à ce besoin nous avons imaginé avec mon associé une solution personnalisée de conseil culturel selon le goût et les centres d’intérêt de chacun. C’est ainsi que nous avons lancé notre chatbot qui s'appelle Ask Mona qui est notre média conversationnel principal. Inspiré du personnage iconique de La Joconde, Mona se veut un bot sympathique et astucieux pour faire des recommandations culturelles. En parallèle, il y a Ask Mona Studio qui accompagne les institutions culturelles dans la mise en place d'assistants pour répondre aux questions de leurs publics ou leur proposer des expériences de jeu et de médiation sur place ou en ligne. 

B : En cette période de crise sanitaire mondiale, vous vous décrivez comme un "maillon entre le public et l'art" c’est à dire ?  

M.C : En développant notre chatbot Ask Mona, nous nous sommes rendus compte que beaucoup de musées aimeraient développer leur propre chatbot pour créer une conversation avec leur public, répondre à ses questions sur les œuvres d'art, sur l’histoire du musée ou tout simplement sur les visites. Nous proposons donc de développer pour eux un chatbot selon leurs besoins : faciliter l'information de leurs visiteurs, mettre à leur disposition des dispositifs ludiques, proposer des expériences de médiation interactives sur place ou à distance. Aujourd’hui, ces outils sont utiles pour garder un lien avec le public de l’établissement à travers des jeux, des quiz ou des visites virtuelles. Les contenus servent à faire vivre le lieu culturel dans l’esprit de ses adeptes : les jeux, quiz et parcours virtuels aident le musée à rester en contact avec son public physiquement séparé de lui.  

B : Ask Mona est aussi un média indépendant. Comment se positionne-t-il aujourd’hui pour parler à un public en attente du retour au musée ?  

M.C : Nous avons optimisé notre offre, pour s’écarter un peu des recommandations de sorties culturelles, en misant plus sur les contenus éditoriaux informatifs ou sur les jeux qui ne nécessitent pas la présence physique du public au musée. Pendant le premier confinement, par exemple, nous avons créé un musée imaginaire en demandant à plusieurs musées autour du monde de choisir une œuvre de leur collection à présenter dans ce musée inédit. Ainsi, le public pouvait découvrir ce musée imaginaire autour d’un storytelling qui racontait ce qui a amené chaque œuvre à y être. Nous proposons sur notre chatbot un jeu pour découvrir des châteaux en fonction de ses affinités et un quiz sur les femmes artistes. L’idée étant de valoriser ces lieux qui sont aujourd’hui en attente d’ouverture.  

B. De leur côté comment vos bots développés pour les institutions culturelles continuent-ils de faire vivre ces lieux en attente d’ouverture ?  

M.C :  Nos bots sont développés sur mesure, ils répondent à la problématique rencontrée par l’entité culturelle en question. Ils sont aussi le reflet de l’institution qu’ils représentent. Pour le musée Cluny nous avons développé le bot Adam en référence à la statue phare du musée, Pour le Grand Palais, le bot Betty personnage inspirée d’une gardienne mythique du monument etc. Leur rôle peut être d’informer sur des questions pratiques, mais peut se situer au-delà de cela. Le bot peut jouer le rôle d’un assistant qui fait cheminer le visiteur en lui racontant l’exposition autrement. Il permet de commenter les œuvres rencontrées sur son parcours au musée. Certains bots permettent d’expérimenter un parcours complètement virtuel. Le bot est aussi là pour jouer, créer des affinités avec des œuvres et discuter avec elles. C’est un outil personnifié qui se veut proche de l’utilisateur, d’où par exemple son existence sur plusieurs supports : le site web, les discussions instantanées etc. Nous avons voulu un accompagnement présent n’importe où dans toute circonstance, aujourd’hui c’est plus que jamais nécessaire.  

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