Bpifrance Inno Génération 2018 : une nouvelle vision de l'entreprise

La 4e édition de Bpifrance Inno Génération a réuni près de 43 000 personnes - chefs d'entreprise, porteurs de projets, experts etc. - venus soutenir le mouvement lancé par Bpifrance : celui d'une vision renouvelée pour une économie toujours plus forte, toujours plus ambitieuse et toujours plus optimiste. Question d'état d'esprit...

Un danseur, qui semble dompter une dizaine de drones illuminés, sur fond de musique planante : le spectacle, aérien, féérique, qui ouvre l'événement Bpifrance Inno Génération 2018, à l'AccorHotels Arena de Paris, le 11 octobre dernier, est emblématique. Il illustre à la fois la French Touch, cette esthétique si particulière à la France, et l'innovation, avec ces drones, utilisés ici pour la danse par la société Dronisos, mais qui peuvent servir dans bien des domaines industriels. Trop court, sans doute, le spectacle symbolise également le chemin qui reste encore à parcourir pour l'économie française, en pleine évolution...

« Tout est une question d'esprit », déclare simplement Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, en donnant le coup d'envoi d'un événement qui a réuni cette année plus de 43 000 participants, y compris 25 délégations étrangères, pour écouter les success stories de dizaines d'entrepreneurs, petits et grands, et assister à 300 ateliers sur des thèmes allant de la gouvernance à la transmission en passant par l'export. Sans oublier les quelque 1 000 intervenants, dont trois membres du gouvernement français : Edouard Philippe, premier Ministre, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, venus assurer tous les innovateurs, tous les preneurs de risques, que le gouvernement est, encore et toujours, à leurs côtés, tous les jours, comme Bpifrance.

« La France est en mouvement, et pour que ça bouge, il faut que tout bouge » Nicolas Dufourcq

Oui, l'entrepreneuriat est « un état d'esprit, qui permet à chacun de se réaliser, selon ses valeurs », assure Nicolas Dufourcq, mais qui ne peut vivre sans collectif. « La France est en mouvement, et pour que ça bouge, il faut que tout bouge », dit-il. Réformes sur le marché du travail, initiatives dans l'éducation, l'apprentissage, les quartiers, les régions, accompagnement de Bpifrance via ses fonds et ses accélérateurs, chacun peut en profiter et contribuer ainsi à ce changement, pour une France plus prospère. « Et pour cela, il faut être en forme, physique et mentale ! », s'exclame Nicolas Dufourcq. D'ailleurs, au-delà de l'information technique et stratégique, l'accent est mis sur la réflexion, presque philosophique, en ce qui concerne la vie de l'entreprise et sa place dans la société. Si, comme chaque année depuis quatre ans que l’événement existe, les participants pouvaient s'informer et réseauter, ils ont donc également eu l'occasion de réfléchir sur la culture d'entreprise, le management, et même le « leadership désirable ».

Nouvelle culture d'entreprise

De quoi, d'ailleurs, tordre le cou à bien des clichés. D'abord, le pouvoir - celui d'un chef d'entreprise ou d'un manager - « n'est plus une position personnelle, assène Valérie Accary, présidente de l'agence de communication BBDO Paris. Il faut faire circuler les responsabilités. L'heure est aux leaders à durée déterminée ! ». Une nouvelle culture d'entreprise donc, qui, au-delà de la bienveillance et du dialogue social, désormais de rigueur dans les organisations, pourrait enlever un sacré poids des épaules de certains. Finie, d'ailleurs, la dictature du « leadership ». Compte tenu du stress, des horaires qui n'en finissent pas, d'une vie personnelle rétrécie, certains ne désirent plus endosser le rôle de leader. C'est vrai pour une bonne partie des femmes, comme l'a montré un sondage présenté par le Figaro Madame, mais aussi pour de nombreux hommes... En fait, on peut se contenter d'être un bon manager. C'est déjà beaucoup. Et finie, aussi, la dictature du bonheur en entreprise. « Le bonheur est quelque chose de personnel, le mien ne sera pas forcément le vôtre, et l'entreprise n'a pas à être responsable du bonheur des salariés », relève de son côté la philosophe Julia de Funès. « Le bonheur n'est pas une condition de la performance, mais une conséquence de celle-ci », poursuit-elle. Bref, alors que l'entreprise a déjà de nombreuses responsabilités, depuis la création d'emplois jusqu'au respect de l'environnement, n'accablons pas les entrepreneurs avec cette contrainte supplémentaire ! Un atelier qui aura soulagé bien des entrepreneurs. Autre idée fausse à dynamiter, celle du pouvoir des actionnaires. « Sans actionnaires, il n'y a pas d'entreprise, mais si l'on ne pense qu'aux actionnaires, il n'y a pas d'entreprise non plus », martèle ainsi Eric Lombard, directeur général de la Caisse des Dépôts. Il est donc temps, selon lui, de « remettre du sens dans l'entreprise », et ce sens, que les collaborateurs réclament de plus en plus, passe par un projet sociétal et environnemental plus grand qu'une simple organisation, mais dans lequel elle doit s'inscrire pleinement.

Des entrepreneurs gonflés à bloc

Si certains sont venus à Bpifrance Inno Génération pour trouver une plus grande confiance et une meilleure concentration sur leurs objectifs, d'autres sont simplement repartis gonflés à bloc, grâce aux discours énergiques des orateurs sur la scène du Bang. Certains sont des habitués, comme Xavier Niel, patron de Free, et supporter de la première heure de l'événement. D'autres entrepreneurs l'ont rejoint, comme chaque année, pour raconter leurs débuts, leurs difficultés, leurs succès. Plusieurs sportifs - puisqu'il faut avoir un moral de champion pour réussir dans l'entreprise - sont venus « entraîner » le public très dense. Comme Muriel Hermine. Championne de nage synchronisée à la fin des années 80, elle s'arrête, puis reprend la compétition, pour remporter, en 2015, les championnats du monde. Une façon de s'épanouir en relevant des défis et de « vivre, guidée par mes valeurs », dit-elle, qu'elle transmet désormais à de jeunes enfants en difficultés familiales et scolaires. Ou comme Bertrand Piccard, qui a fait le tour du monde avec son planeur solaire, Solar Impulse, et qui ne peut que souhaiter « un bon décollage » à la nouvelle économie française. Une économie innovante et responsable. Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF, raconte quant à lui son épiphanie, lorsqu'il part, en 2017, constater sur place, à Saint-Barthélemy et Saint-Martin, la dévastation causée par l'ouragan Irma, et voir comment y remettre l'électricité. « Cette expérience a changé ma façon de voir mes responsabilités », dit-il. Pour agir et faire sa part dans la lutte contre le réchauffement climatique, il prend dans la foulée la décision d'investir dans le solaire. Et comme d'autres intervenants, il engage chacun des entrepreneurs dans la salle à s'inscrire « dans un projet plus grand que soi ».


Les participants ont pu également rêver. Avec Siim Sikkut, par exemple, le sous-secrétaire d'Etat aux Télécom et à l'IT d'Estonie, lorsqu'il décrit le grand dessein, déjà en marche, de ce pays balte, pionnier de l'économie digitale, pour numériser et simplifier la vie de ses concitoyens. « Lorsqu'un enfant naîtra, nous enverrons un mot aux parents, pour les féliciter mais aussi pour leur offrir la possibilité, sur un site web, de déclarer leur enfant, de demander les subventions assorties à la naissance, de le pré-inscrire à la crèche, en quelques clics seulement ». Et cela vaut pour d'autres aspects de la vie quotidienne, bien entendu. Une vision qui a de quoi faire des émules dans l'Hexagone.

En quête d'opportunités

D'autres, enfin, sont venus à Bpifrance Inno Génération pour réseauter, comme Laurent Saurel, co-fondateur de Lumi'IN, une société basée à Malijai, dans les Alpes-de-Haute-Provence, qui conçoit et fournit des lampadaires solaires. « Ici, tout est au même endroit, dit-il, en parlant des immenses halls de l'AccorHotels Arena, et j'ai pu voir qu'en plus de l'Hexagone, le Mexique pouvait représenter des opportunités à l'international pour ma société, par exemple ». Et d'aucuns sont venus pour tenter de dénicher la pépite dans laquelle ils pourront investir, comme Benjamin Joffe, partner de Hax, un fonds d'investissement basé à la fois à Shenzhen, San Francisco et Paris, qui s'est spécialisé dans le hardware et les objets connectés. « Nous investissons dans des start-up early stage, explique ce Français, or elles ne sont pas encore médiatisées. Pour prospecter, il nous faut donc venir à ce genre de manifestation ». Celles qui auront su l'attirer pourront également passer par le programme d'accélération financé par Hax.

En somme, comme pour les entrepreneurs qui profitent du guichet unique qu'est Bpifrance, l’événement Bpifrance Inno Génération représente un précieux « one stop shopping » qui leur permet de se projeter vers l'avenir et de s'inscrire, ensemble, dans la nouvelle façon de faire des affaires - à la française.


Photos : ©Lisa Raio/Bpifrance 

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