Bpifrance Inno Génération : le discours d'ouverture de Nicolas Dufourcq

Mercredi 25 mai, aux alentours de 13h, Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance a inauguré Bpifrance Inno Génération sur la scène du Bang où, après lui, les plus grands chefs d'entreprises se sont succédé en 8 minutes chrono pour "changer le monde".
Retrouvez son speech d'ouverture !

  • Bang
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Bonjour à tous

Heureux que vous ayez accepté de participer à cette expérience hors norme d'un accélérateur d'énergie, monte dans un stade par le business et pour le business. Pourquoi avons nous mobilise tous les collaborateurs de Bpifrance, dans les régions et à Paris, pour créer cet événement ? Parce que nous voulions montrer qu'au delà des tendances, des modes, du buzz, on est maintenant en France dans quelque chose qui est volumineux, qui a du coffre, qui fait masse, on est à l'échelle mondiale. Il faut que ça se voie, il faut que ça se sache. On est dans un monde visuel. Quand vous êtes aux US ou en Asie, on est impressionnés par le volume, les avenues sans fin, le ciel immense, l'environnement brûle et crie que tout est possible. Cette brûlure du Tout est possible, je veux que vous la ressentiez ici, cette brûlure de la confiance en soi, de la confiance dans notre capacité à faire des groupes mondiaux, je souhaite que vous la ressentiez ici, comme vous la ressentirez bientôt à Vivatech ou à l'inauguration de la halle Freyssinet.

L'énergie est toujours contagieuse, et ce que l'on recherche, c'est une mise à feu. Voilà pourquoi avec mon équipe nous avons choisi Bercy. Bercy, lieu habite par les émotions et par la quête infinie de la performance, performance sportive et performance artistique, lieu de la compétition, lieu des grands défis que se lancent à eux-mêmes des hommes et des femmes, au départ toujours tout seuls, comme vous entrepreneurs. Un jour je jouerai à Bercy, voilà ce qu'ils ont tous dit avant d'y parvenir à force de discipline et d'efforts. Il nous fallait ces ondes tutélaires pour faire chauffer dans le chaudron la famille des entrepreneurs. Comme le sport et comme le spectacle, le business est une merveille de montée d'adrenaline. Quand on a connu ça, il est impossible de revenir à une vie d'obeissance.

Pour nous banque publique, choisir Bercy est un geste de liberté et d'entrepreneuriat. Nous ne sommes pas une structure de pouvoir mais une maison de liberté qui donne les moyens de la liberté. Ils choisissent cette liberté que nous leur offrons, parce qu'ils savent qu'ils ont une mission. Et ils l'exercent en accomplissant des performances exceptionnelles, je leur rend hommage, ils ont double les volumes d'action de la banque en trois ans, ils se donnent du mal pour tricoter des solutions pour les entreprises tout en maintenant une discipline de fer dans la politique du risque. Ils ont la niaque des gens libres. Eh bien le choix de la liberte, c'est la clef de l'entrepreneuriat. Je veux qu'on comprenne que Bpifrance n'est pas une banque de puissance, mais une banque qui potentialise la liberté des entrepreneurs. Vous ne trouverez pas un collaborateur de la banque qui essaie d'assujettir l'entrepreneur.

Pourquoi aimons nous tant les entrepreneurs ? Parce qu'ils se disent le matin non pas "bon courage" mais "Que vas tu vivre, comment vas tu augmenter ton vecu". Ils ont le culot des grands vivants. Ils savent qu'on est dans un monde en crue, et que la crue de soi-meme est la seule solution pour maîtriser ce monde, le canaliser. En cela l'entrepreneur parle toujours avec trente mots d'avance sur son temps. Il sent que notre époque doit sans cesse être réveillée d'une sorte de sommeil inconditionnel. Il croit au progrès. Beaucoup d'entre eux ont compris que nos problèmes collectifs viennent de milliers de comportements ataviques et bloquants, de flux non optimisés, de coûts de coordination trop élevés, et ils ont décidé de partir à l'assaut de cette antiquité. Notre role de banquier est de leur faciliter la tâche, de leur permettre d'investir, de leur donner les clefs, de les encourager à voir aussi grand que nous de sorte qu'un jour ils nous disent : je suis allé plus loin que vous ne pouviez l'imaginer.

Pourquoi faut-il investir tant et plus me direz-vous ? Les économistes nous prédisent une stagnation séculaire. Ils se satisfont de prévoir que l'Europe croîtra deux fois moins vite que les USA ds les 10 prochaines années. Ils se trompent. Nous pouvons croître plus vite. Il y a une nouvelle génération d'entrepreneurs et de cadres dirigeants de grands groupes. Ceux qui ne pleurent plus sur le monde maudit mais qui se lèvent le matin pour changer le monde. Artaud disait "nous ne sommes pas encore au monde, les choses ne sont pas encore faites, la raison de vivre n'est pas encore trouvee". Apollinaire disait en 1918 " Partout en France la turbulence actuelle peut amener des changements magnifiques, il faut les apercevoir afin de pouvoir les realiser". L'entrepreneur qui investit est toujours dans une espèce de labyrinthe, il cherche toujours un chemin vers une clairière, laquelle au final il ne sait jamais bien. Il a une mentalité de frontière et cette mentalité est au coeur de l'equation de la croissance économique, car elle contient une inconscience. Le grain de folie c'est aussi le fait de ne pas toujours être pleinement conscient de ce que l'on fait ou de pourquoi on le fait. Si on analyse son impuissance, on a une économie en croissance de 1%. Si on se projete vers la frontière, on croit de 2. Si on le fait de manière collective, on rajoute encore 50 points de base de croissance.

Pourquoi croître à tout prix ? Parce qu'il n'y a aucune raison pour que le monde change hors de France et sans nous. Parce qu'on n'est pas une machine à créer du futur si on croit mollement. Au contraire, on subit. Et surtout  il faut croître pour permettre à nos jeunes de participer à la construction du monde. Aujourd'hui des populations entières sont laissées dans la parenthese. Pourtant tout individu mérite d'accoucher de quelque chose. Tous les hommes contribuent d'une manière ou d'une autre à la marche du monde. Bpifrance confie des capitaux a la jeunesse et à ceux qui font travailler la jeunesse. Donnons des jobs utiles à nos jeunes, bon Dieu ! 45% d'une classe d'age à un diplôme universitaire, ça n'est pas pour être livreurs de pizzas à vie. Nous nous devons de créer des emplois, de creer du PIB. Il faut qu'on s'y mette tous. Pour cela il faut que le poul de l'economie soit rapide. Poum Poum. Il faut qu'on entende les battements tatychardiques de SanFrancisco ou de Shanghai dans nos métropoles. Travailler sur toutes les lenteurs, sur tous les frottements. Jouer collectif et se faire confiance. C'est pourquoi notamment derrière moi 50 directeurs des achats de grands groupes sont prêts à recevoir des start ups pendant les prochaines 24h. En Amérique un jeune est crédible à 22 ans. Il faut qu'il en soi ainsi en France et en Europe. Nos jeunes sont des fusées !

Voila pourquoi nous sommes là aujourd'hui, dans ce lieu mythique de l'Accor Arena. Je vous souhaite le meilleur pendant ces 24h.

Crédit photos : GPETIPAS