Bpifrance Le Lab en 3 questions

Bpifrance Le Lab organise son premier événement mardi 1er juillet. L’occasion de rencontrer Philippe Mutricy, directeur de l'évaluation des Etudes et de la Prospective à Bpifrance, et Elise Tissier, responsable de Bpifrance Le Lab.

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1- En mars, vous avez lancé Bpifrance Le Lab, pourriez-vous nous rappeler les objectifs de ce think tank ?

Notre mission : stimuler la réflexion !
Bpifrance n’est pas qu’une banque destinée à financer l’économie. Nicolas Dufourcq [directeur général de Bpifrance] a souhaité que l’on crée un Lab pour stimuler la réflexion des entrepreneurs, et au-delà de tout l’écosystème « entreprises » pour agir sur le développement de celles-ci.

Le Lab par rapport à Bpifrance ? Un lieu autour de la direction de l’Evaluation des Etudes et de la Prospective de Bpifrance où on échange des idées, confronte les points de vue et les expériences, se projette dans l’avenir en voyant le monde tel qu’il est aujourd’hui et sera dans 2-3 ans mais aussi dans 10 ou 30 ans, avec toutes les opportunités de développement qu’il représente et d’obstacles à anticiper pour une PME. En une phrase : accompagner les entrepreneurs par l’information et la réflexion économique et stratégique, dans un environnement changeant à un rythme qui ne cesse de s’accélérer.

Notre point de départ a été le suivant : la recherche académique sur les PME existe, mais est peu connue, et trop éloignée des entrepreneurs. Cela est dû notamment au manque de médiatisation mais aussi aux difficultés d’accès aux données sur les PME. Tout cela engendre des idées reçues. Par ailleurs les chefs d’entreprises se retrouvent souvent isolés dans la masse d’informations économiques et ont du mal à l’utiliser.

La proposition de valeur du Lab :
Encourager la recherche sur les PME, la « traduire » pour favoriser sa diffusion dans le monde de l’entreprise, casser les idées reçues, favoriser les échanges (entre écoles, universités et entreprises)… avec 3 axes d’action :

  • l’accès aux données
  • la valorisation des travaux de recherche (formats courts, infographie, site internet dédié : bpifrance-lelab.fr)
  • le débat (groupes de travail, conférences rassemblant entrepreneurs, chercheurs, et autres)

2- Bpifrance Le Lab ouvre ses données et a lancé un appel à projets pour l’amélioration de la connaissance sur les PME. Qu’en est-il aujourd’hui ?

L’appel à projets qui a été lancé le 13 mars s’est clôturé le 14 juin (nous avons dû décaler de 2 semaines la clôture, compte tenu des nombreuses demandes qui nous sont parvenues après la diffusion de l’appel à projet auprès de la CPU (conférence des présidents d’université) et de l’AIREPME (association internationale de recherche en PME, rassemblant les écoles de commerce en management francophones).

43 dossiers ont été soumis dans le cadre de ce premier appel à projets avec une belle diversité de réponses, tant dans les répondants (université de Montpellier, Dauphine, Bordeaux, Sorbonne, etc) que dans les sujets soumis (facteurs clés de succès des aides à l’innovation, relations entre actifs immatériels et croissance des ETI, étude comparative France/pays scandinave sur l’efficacité du support public sur l’internationalisation des entreprises).

Le jury se réunira une première fois en juillet pour sélectionner 10 à 12 projets,  les premiers travaux devraient commencer d’ici la fin de l’année.
Les sujets portés montrent qu’il y a clairement un intérêt pour l’innovation, et l’impact de l’action publique.

3- Bpifrance Le lab réalise notamment des études, sur quels sujets travaillez-vous en ce moment ?

Nous avons effectivement une programmation d’études, riches et variées, c’est-à-dire une dizaine d’études ou de groupes de travail jusqu’en mars 2015, qui marquera la fin de la 1re année du Lab. Notre objectif pour ces 12 premiers mois : accroitre la notoriété de Bpifrance Le Lab, être légitime et visible, avec une ligne éditoriale claire basée sur trois valeurs fondatrices : rigueur, pédagogie et ouverture.

Le premier événement Lab après le lancement aura lieu le 1er juillet sur le thème « Les chefs d’entreprise savent-ils anticiper leur activité ? ». Nous exploitons les résultats de 10 années d’enquêtes de conjoncture réalisées auprès de PME, soit un échantillon de 24 000 entreprises. Les réponses aux enquêtes ont été systématiquement comparées aux performances réelles des entreprises interrogées, en termes de chiffre d’affaires, d’investissement et d’effectifs. Notre intuition de départ : il y a des entrepreneurs optimistes ou pessimistes par nature, et ce pessimisme pèse sur la conjoncture. Ce n’est pas ce que nous trouvons : les chefs d’entreprise sont tour à tour optimistes ou pessimistes. Mais on constate des différences de comportements en matière d’investissement… qui vous seront révélés le 1er juillet !