Bpifrance entend renforcer son modèle de gestion pour compte de tiers

Au-delà de son soutien aux secteurs stratégiques et de son accompagnement constant à la relance de l’économie, Bpifrance mise sur le développement de son activité de gestion pour compte de tiers pour affirmer sa position d’investisseur de confiance reconnu internationalement.

Renforcer la gestion pour compte de tiers, notamment auprès de capitaux étrangers au bénéfice des entreprises françaises est un enjeu majeur pour Bpifrance. Le premier closing du Fonds Lac1 (4,2 Md€) fait d’ailleurs office d’exemple et de moteur dans une période pourtant fortement perturbée par la crise de la Covid-19. Pour atteindre ses nombreux objectifs, Bpifrance se tourne notamment vers des investisseurs de long terme parmi lesquels les fonds souverains occupent une place centrale.

Renforcer les partenariats avec les fonds souverains

Au sein de la direction des affaires internationales et européennes, le pôle fonds souverains et investisseurs de long terme a pour mission d’attirer des capitaux étrangers pour investir avec Bpifrance auprès des entreprises françaises. Un travail qui nécessite du temps et un engagement constant des équipes dédiées à l’élaboration de projets communs et d’amplitude variable. « Ce qui est important dans cette activité, c’est qu’il est nécessaire d’apprendre à connaître le partenaire, de travailler avec lui et de nouer une relation pérenne en plusieurs étapes » confie Isabelle Bébéar, directrice des affaires internationales et européennes chez Bpifrance.

Une bonne gouvernance et une crédibilité dans l’activité de compte de tiers qui ont déjà permis de créer plusieurs partenariats. Ainsi, qu’il s’agisse de simples MoU (Memorandum of Understanding) ou de relations plus imbriquées, Bpifrance côtoie déjà de nombreux acteurs : Mubadala (Emirats arabes unis), QIA (Qatar), RDIF (Russie), CIC (Chine), Samruk-Kazyna (Kazakhstan), Khazanah (Malaysie) etc. « Ce sont des homologues qui nous ressemblent et qui peuvent s’aligner sur nos objectifs. Ils sont tout à fait capables de comprendre qu’une institution publique sérieuse peut avoir pour ambition de créer de la richesse et d’obtenir des rendements financiers pour des investisseurs » poursuit-elle.

S’inspirer et se servir du partenariat avec Mubadala

Dans l’optique de créer de nouveaux liens, la coopération entre Bpifrance et le fonds souverain Mubadala Investment Compagny peut servir de référence. Initiée en 2014, cette association a beaucoup évolué, passant d’un partenariat de co-investissements directs à un apport d’un milliard d’euros dans le fonds Lac-1 . « Il y a un historique entre nous, une confiance installée. De plus, l’appui des autorités françaises et l’implication de Nicolas Dufourcq et de l’équipe en charge de la levée de fonds ont permis de concrétiser le projet. C’est toute une mécanique qui se met en marche dans la gestion de ce type d’opérations » précise Isabelle Bébéar. Une imbrication qui permet donc à Mubadala d’accéder à des opportunités d’investissement en France et à Bpifrance de développer son modèle de gestion pour compte de tiers.

Cette interaction met également en lumière la possibilité d’orienter les investissements des fonds souverains vers de nouveaux segments ou de nouvelles modalités d’intervention. « En amont de Lac-1, ce partenariat s’est construit en plusieurs phases. Il y a eu un volet capital développement classique sur du mid cap, un volet innovation mais également du fonds de fonds pme. Nous les avons amenés sur ces deux segments qu’ils ne connaissaient pas en France ».

Une double opportunité pour les entreprises françaises

Dans cette configuration, la gestion pour compte de tiers offre des possibilités nouvelles aux entreprises françaises malgré la crise sanitaire. « Un grand nombre de sociétés performantes, internationalisées et innovantes souhaitent stabiliser leur capital en s’appuyant sur des investisseurs de long terme prêts à accompagner leur transformation dans un contexte de transitions technologiques et environnementales » avait déclaré Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, à l’occasion du premier closing du fonds Lac-1, en mai 2020.

En effet, en plus de renforcer leurs fonds propres pour développer leurs activités dans l’Hexagone, le fait d’attirer davantage de capitaux étrangers permet à ces entreprises d’avoir accès à un actionnaire qui peut les aider dans leur épanouissement à une échelle plus large. « Lorsqu’un fonds souverain très présent dans le Golfe, aux Etats-Unis, en Europe ou en Chine entre dans le capital d’une entreprise française, c’est tout un carnet d’adresses qui s’ouvre pour lui permettre de s’implanter internationalement » confirme la directrice.

Tripler les actifs gérés pour compte de tiers

Grâce aux développements actuels et futurs, Bpifrance a pour ambition de voir les actifs gérés pour compte de tiers être portés de 5,6 Md€ fin 2019 à plus de 16 Md€ en 2023. « Bpifrance se met en ordre de marche concernant la gestion pour compte de tiers et il faut que cela continue. Lorsque Lac-1 sera investi, Lac-2 pourra prendre le relai » conclut Isabelle Bébéar.

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