Case study : comment Nestor rentabilise la livraison de repas en entreprise

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Dans un paysage très concurrentiel, la start-up, lancée en 2015, s'appuie sur un algorithme prédictif pour aller au devant des commandes de ses clients. Le résultat : le plus grand restaurant virtuel de France.

Nestor Plat Thai

D'autres s'y sont cassés les dents, comme le Belge Take Eat Easy, mis en redressement judiciaire à la mi-août 2016, ou précarisent leurs livreurs, comme le Britannique Deliveroo, pour réussir. Nestor, une start-up parisienne de la food tech, créée en 2015 par trois amis « fans de food », Benoît d'Arrouzat, Sixte de Vauplane et Joseph de Chateauvieux, a adopté une solution inédite pour percer dans le secteur ultra-concurrentiel de la livraison de repas. Les trois fondateurs ont appris en faisant... et relevé une évidence : pour réussir, il faut une organisation ultra-serrée. Mais comment faire si l'on propose plusieurs menus, sans savoir qui commandera quoi, ni où ? 

Gastronomie

Les trois entrepreneurs ont donc décidé de ne proposer qu'un seul menu (entrée/plat/dessert) à 15 euros, qui change tous les jours, pour tous les salariés qui n'ont pas de restaurant d'entreprise, soit, en règle générale, plutôt les entreprises de 0 à 500 salariés, et en particulier ceux qui travaillent dans des quartiers de bureaux. Résultat : des achats groupés, donc moins chers, et moins de gaspillage dans les produits. Enfin, les cuisines (il en existe trois pour l'instant, situées respectivement à la Défense, vers l'Etoile et enfin la dernière, qui a ouvert au 1er janvier, au Pont du Garigliano) toutes à moins de 20 minutes à vélo des grandes zones de livraison.

 Des clients qui commandent régulièrement

Nestor Plat
Mais ce n'est pas tout. Nestor s'est doté d'un algorithme de prédiction. En analysant les goûts des clients (interrogés systématiquement et dont les impressions sont remontées aux cuisines), ainsi que le taux de répétition de commandes (18 % des clients commandent au moins une fois par semaine - « ce qui est une très forte récurrence, relève Sixte de Vauplane, Nestor n'est pas l'exception, il fait partie du quotidien »), la société fait, tous les jours, le pari que certaines commandes n'arriveront qu'au dernier moment.
Velo
Au lieu d'embarquer six repas, par exemple, le livreur à vélo en prend dix, considérés comme des pré-commandes, qui pourront être livrées en un temps record lorsque les menus seront effectivement commandés. « Jusqu'à 40 % des menus font l'objet de prédiction », indique le jeune entrepreneur.
En tout cas, cette astuce permet, en les mutualisant, de limiter les frais de transport (qui reviennent à moins de 2 euros par repas pour Nestor, contre 5 à 6 euros pour ses concurrents, assure Sixte de Vauplane), puisque le livreur ne fait qu'un seul voyage, et ce dernier voit d'ailleurs sa rémunération augmenter de cette façon. De quoi satisfaire le client, qui voit arriver son repas très rapidement. Et, évidemment, offrir des prix raisonnables - tout en permettant à l'entreprise d'être rentable. Et le cercle vertueux s'enclenche...

Trois nouvelles cuisines prévues cette année

"Depuis septembre dernier, nous connaissons un taux de croissance de l'ordre de 15 à 20 % par mois"

Ainsi, si la société ne livrait que 120 repas par jour en janvier 2016, elle en livrait 1 450 en mai 2017. En 2018, elle table sur une moyenne de 10 000. « Nous comptons aussi ouvrir trois cuisines supplémentaires dans Paris », confie Sixte de Vauplane. Pour ajouter : « Depuis septembre dernier, nous connaissons un taux de croissance de l'ordre de 15 à 20 % par mois. » Mieux encore, le modèle de Nestor est « scalable ». Autrement dit, il peut non seulement être appliqué ailleurs mais aussi à plus grande échelle. Et c'est d'ailleurs ce qu'ont l'intention de faire les trois co-équipiers.

 ... et une ville étrangère

 Nestor s'intéresse désormais aux grandes métropoles européennes, et surtout celles qui abritent des quartiers d'affaires bien délimités, comme Londres, Bruxelles, Luxembourg, Madrid ou Berlin, et compte s'y déployer à partir de la fin de cette année. « Notre modèle nous permet d'être rentable, et en conséquence, nous n'avons pas forcément besoin d'argent frais pour croître », précise à cet égard Sixte de Vauplane. Quelle sera la première ville ? Le jeune co-fondateur ne veut rien dire pour l'instant, de même que Nestor ne communique pas son chiffre d'affaires ni son niveau de rentabilité. « Les grands chefs ne divulguent pas leurs recettes, dit-il en souriant, alors nous non plus. » La start-up, qui a levé 900 000 euros auprès de la communauté Anaxago, de business angels et de The Family à la mi-2016, compte aujourd'hui une quarantaine de salariés. Les livreurs, eux, travaillent pour divers sous-traitants. Et, insiste Sixte de Vauplane, « ils sont bien traités ».

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