Ces jeunes entrepreneurs français qui réussissent aux Etats-Unis

De New-York à la Silicon Valley, des start-uppers hexagonaux se sont implantés avec succès outre-Atlantique. Trois d’entre eux, co-fondateurs des pépites Datadog, Try The World et Holberton School, témoignent de leur expérience sur ce marché attirant - mais riche en défis...

Survolez l'image interactive pour découvrir les conseils des fondateurs de ces 3 pépites ! 

Vaste marché qui a vu naître plus d’un géant de la tech, les Etats-Unis fascinent de jeunes entrepreneurs français, toujours plus nombreux à franchir l’Atlantique pour y tenter leur chance. Selon le baromètre Pramex-Banque Populaire, les Etats-Unis représentent de loin la principale destination internationale des start-up tricolores : elles sont 26 % à avoir choisi de s’y installer. Certaines ont démarré avec succès leur implantation américaine, d’autres affichent de belles réussissent depuis quelques années.

Julien Barbier, Holberton School : la Silicon Valley fait rêver

C’est dans la Silicon Valley que Julien Barbier, au terme d’une expérience chez Docker en tant que responsable marketing, a co-fondé, avec Sylvain Kallache, ex-ingénieur software auprès de LinkedIn, la Holberton School, une école dévolue à la formation des ingénieurs en informatique, à San Francisco, en 2015. À l’origine du projet, un double constat : des difficultés pour recruter des personnes qualifiées et l’envie des étudiants de travailler à des tâches concrètes. Fort de son expérience au sein de l'école informatique Epitech, Julien Barbier a eu l’idée, avec ses associés, d’adapter le savoir-faire français de la formation par projets au marché américain. Avec un modèle toutefois différent : les étudiants ne paient la formation qu’après avoir obtenu un travail, en reversant une partie de leur salaire pendant trois ans. La promotion initiale sur les rails, les premiers résultats sont prometteurs. « Les entreprises qui ont commencé à embaucher nos étudiants l’année dernière sont toutes satisfaites et nous demandent déjà quand sortira la prochaine promo », se réjouit Julien Barbier.

Celui qui vit sur les terres californiennes depuis cinq ans ne cesse d'y voir affluer ingénieurs et entrepreneurs français. « La première chose que je leur dis c'est : êtes-vous sûrs que c’est le bon endroit ? Car la Silicon Valley fait rêver, certes, mais ce n’est pas forcément le meilleur lieu, tout dépend de ce que l'on veut faire », souligne Julien Barbier. Pour monter une start-up tech dans la mode, mieux vaut, selon lui, être à Paris… Par ailleurs, « ici, c’est bien plus dur de réussir qu’en France », juge le jeune entrepreneur. « Le marché est beaucoup plus grand mais la compétition plus féroce et nombreuse », avertit-il. Bref, « Soit on ‘explose’ de façon négative, soit on ‘explose’ de façon positive...» Le mot d’ordre étant celui de croissance dans la Silicon Valley : « Il faut ‘scaler’. Tout va beaucoup plus vite », résume-t-il.

Le choc culturel est un autre point auquel il convient de se préparer. « On a l’impression depuis la France de comprendre la culture américaine et on pense qu’elle n’est pas très éloignée de la culture française », estime-t-il. Rien ne serait moins vrai. Exemple : « Ici, lorsqu’on parle de son projet à quelqu’un, il dira que c’est awesome. Mais il y a les awesome qui veulent dire que c’est réellement génial et les awesome qui signifient que cela n'intéresse pas. Car dire que quelque chose n’est pas bien est ici considéré comme très impoli. »
À garder également en tête : l’ambiance multiculturelle. « Si on ne se mélange pas très tôt avec les Américains et qu’on ne s’adapte pas à cette culture, on aura des difficultés dans les affaires. » Isolé, comment comprendre les plaisanteries ou faire un peu de small talk, conversation sur la pluie et le beau temps incontournable avant de rentrer dans le vif d’une négociation ? Et de conseiller de recruter d’emblée des personnes de nationalités diverses pour s’ouvrir l’esprit.

David Foult, Try The World : à la conquête de la Grosse Pomme

À l’autre bout du continent américain, New York attire tout autant les talents. Rêvant d’étudier à l’Université de Columbia, David Foult y est arrivé il y a cinq ans pour faire un master en relations publiques. Il y rencontre son associée et prend très tôt la décision de lancer Try The World, une start-up permettant de découvrir des marques de produits alimentaires du monde entier via un abonnement mensuel. « Pendant un an et demi, nous avons été à la fois en lancement de start-up et étudiants à plein temps. C’était intense, mais très excitant », se souvient-il. Incubés chez Google, puis dans l’incubateur de Columbia, leurs efforts n’ont pas tardé à porter leurs fruits : « Très vite, nous avons fait du chiffre d’affaires, développé une petite PME avec des employés et levé des fonds », indique-t-il. « J’ai également pu obtenir un visa E2, le visa investisseur. » Et alors qu'en 2014, l’entreprise affichait un chiffre d'affaires de 450 000 dollars, l'an dernier, cela a été 14 millions de dollars.

Les enseignements de son expérience ? Le jeune patron insiste sur la présence d’un esprit très entrepreneurial aux Etats-Unis. « ll y a une dynamique, une volonté de faire du business aux Etats-Unis qui fait que l’on est porté par un mouvement. Et tout le monde travaille beaucoup. » Dans la Grosse Pomme, d’ailleurs, l’écosystème de startup est en plein essor. « New-York est devenu un hub d’innovation très dynamique du fait qu'il y a beaucoup d’universités et de capital », rappelle-t-il.

Avec 300 millions de consommateurs dotés d’un pouvoir d’achat élevé, les Etats-Unis sont aussi « un marché très exigeant, car on ne vous attend pas. Tout le monde essaie de vendre aux Américains. » S’il rechigne à prodiguer des conseils, il souligne toutefois l’importance de l’équipe de base. « L’associée que j’ai rencontrée est Américaine, ce qui nous a permis de combiner nos compétences et nos sensibilités.» Enfin, au delà des défis quotidiens de l’entrepreneuriat, il y a aussi ceux d’ordre personnel. « C’est enrichissant de découvrir une nouvelle ville et de s’expatrier. Cela vient aussi avec son lot de complexités : on est loin de ses proches et hors de sa zone de confort », ajoute celui qui a apprécié le soutien qu’il a trouvé auprès du réseau French Founders et de la Chambre de commerce franco-américaine.

Alexis Lê-Quôc, Datadog : une success-story new-yorkaise

Installé à New York depuis plusieurs années, Alexis Lê-Quôc est Chief Technical Officer de Datadog, une entreprise spécialisée dans le « cloud-scale monitoring », offrant une vue d'ensemble de leurs activités (cloud, serveurs, applications, données...) aux clients, qu’il a co-fondée en 2010, et qui compte aujourd’hui quelque 400 employés dans le monde. À l’époque, « nous n’avions pas de velléité particulière de déménager en Californie pour lancer l’entreprise », confie-t-il, même si New-York du milieu des années 2000 n’était pas l’endroit « idéal » pour démarrer l’aventure. Depuis, l’écosystème de startups de la Grosse Pomme s’est considérablement enrichi et diversifié, avec davantage d’entreprises en forte croissance, note-t-il.

D’où aussi une forte concurrence pour recruter. « Les gens bougent très vite ici », indique le co-fondateur de cette pépite qui, désormais, possède également un bureau de R&D à Paris. « Lorsqu’on signe un contrat avec quelqu’un aux Etats-Unis, le salarié commence sous deux à trois semaines. Pour les entreprises en forte croissance, cela peut déjà avoir un impact. Si le salarié n’arrive qu'au bout de deux ou trois mois, et doit en plus se former, cela représente une perte non négligeable en termes de productivité », estime-t-il.

Et si la clé du succès outre-Atlantique résidait dans la persévérance

Enfin, si les formalités outre-Atlantique sont légères : « créer une entreprise est facile et peu onéreux », en revanche, « il y a peu d’aides comparé à l’écosystème français », précise ce Français. Par ailleurs, pour monter son entreprise, « il est obligatoire de passer par un avocat, car le langage de la common law et la manière dont les choses sont rédigées ont bien plus d’importance qu’en France », ajoute-t-il.
Le secret de son succès ? « Il n’y a pas de recette magique », assure Alexis Lê-Quôc. « Les problèmes ne sont pas fondamentalement différents de ce que l’on peut rencontrer en France, même s’il y a quelques différences culturelles », dit-il. Enfin, il y a les astres, qui doivent être alignés. Et « des jours faciles et d'autres qui le sont moins... » En fait, si l'on écoute ces expatriés, la clé du succès outre-Atlantique réside sans doute dans la persévérance...

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