Ces startups qui réinventent le marché de l'art

Galeries en ligne, catalogues fondés sur la blockchain, créations à partir de données ou d’algorithmes au service des compositeurs de musique : de plus en plus de jeunes pousses repoussent les frontières de l’art avec leurs innovations numériques.

A l’ère du tout numérique, les jeunes pousses ne cessent d’explorer le champ des possibles, y compris dans le monde de l’art. Avec leurs innovations, elles bousculent les différents pans d’un marché qui connaît aujourd'hui l’avènement des données, des algorithmes et même de la technologie de la blockchain - sur laquelle repose une promesse de transparence. Revue de quelques Art Tech françaises qui réinventent le monde de demain.

KAZoART, pionnier français de la vente d’art en ligne

Son nom s’inspire de celui d’un oiseau vivant aux confins de l’Australie : le casoar. Sa mission ? « Rendre l’art plus accessible à ceux qui l’aiment, mais n’achètent pas, du fait de son caractère... inaccessible».

Pour aider les acheteurs potentiels à franchir le pas, la start-up Kazoart se positionne comme tiers de confiance : elle est à l’origine d’une plateforme en ligne qui commercialise peintures, photographies, dessins, sculptures, gravures, sérigraphies, créations numériques… réalisés par des artistes prometteurs. « Nous avons un rôle de dénicheur de talents de demain. Nous sommes des têtes chercheuses et nous accompagnons les artistes un peu comme un incubateur », explique Mathilde Le Roy, fondatrice de cette jeune pousse bordelaise. Son business model est fondé sur les commissions de vente et vise à se développer davantage dans le B2B, aussi bien auprès des PME et les professions libérales qu’auprès des décorateurs.

Pionnière en France, la pépite accélère désormais à l’international. Sa plateforme sera traduite en anglais pour cibler dans un premier temps les acheteurs britanniques auxquels elle proposera des œuvres d'artistes locaux.

L’envolée internationale de Singulart

Une ADN singulièrement internationale : la jeune pousse parisienne Singulart, lancée en 2017, a d’emblée misé sur les ventes transfrontalières et les artistes du monde entier.

Premier constat : « Le digital est un formidable outil pour se faire connaître », explique Véra Kempf, co-fondatrice de cette galerie en ligne qui sélectionne et accompagne les artistes dont elle vend les œuvres. De fait, « c’est assez compliqué pour les artistes de se faire connaître en dehors de leurs frontières. L’idée est de leur permettre d’être visibles auprès de collectionneurs qui habitent dans d’autres pays », détaille la jeune dirigeante. Résultat, la plateforme de Singulart, qui se décline en six langues (anglais, français, allemand, espagnol, italien et mandarin) et vend des œuvres réalisées par des artistes de 80 nationalités différentes - principalement européennes - réalise plus de 90 % de son chiffre à l’export.

En forte croissance, la jeune entreprise a lancé une plateforme en Chine en juin dernier. Elle a en outre récemment racheté un concurrent britannique, New Blood Art. Conseil, paiement en bitcoins, intégration de la sculpture à son offre sont autant de cartes qu’entend jouer cette place de marché, forte de 15 collaborateurs, qui prépare prochainement une nouvelle levée de fonds.

Arteïa mise sur la blockchain

« Accessible sur abonnement, aussi bien à des jeunes collectionneurs qu'à des professionnels et des institutions, elle se décline en sept langues : de l’anglais au français en passant par l’espagnol, le russe, le polonais, l’allemand et même le coréen.

Elle a d’ores et déjà séduit des clients tels que la Fondation Napoléon. Surtout, dotée d’une équipe de 20 développeurs, la jeune entreprise, valorisée à 15 millions d’euros, investit dans la blockchain pour organiser et crypter les transactions de collectionneurs à collectionneurs. Premier jalon du succès dans cette voie, elle a récemment lancé pour l’éditeur Cahiers d’Art, une offre de catalogue raisonné fondée sur cette technologie visant à sécuriser et tracer les données.Créée par des collectionneurs pour des collectionneurs ». Avec sa plateforme de catalogage d’œuvres d’art, la start-up Arteïa table sur la confidentialité des données.

Créée en 2016 à Bruxelles par six personnalités françaises et belges issues du monde de l’art et de l’entreprise, la jeune pousse, incubée au sein de The KHUBE, au Luxembourg, conçoit des solutions de catalogage « hyper sécurisées » et intuitives, afin de faciliter le recensement, la visualisation, la logistique, la gestion financière et le partage des collections.

Bright, les data-créations qui réinventent la communication des marques

Des créations « génératives » ou interactives, ludiques et esthétiques, qui vivent à partir de données client provenant des réseaux sociaux, de capteurs, d'objets connectés, de parcours client… : c’est le concept que la jeune pousse parisienne Bright, fondée en 2015, propose aux entreprises pour réenchanter leur communication, leurs espaces ou leurs événements.

Forte de cinq programmeurs qui planchent sur des algorithmes, la start-up propose les travaux d’une trentaine d’artistes numériques pour les mettre ensuite à disposition d'entreprises clientes sous forme d’abonnement, le temps de vie d’une création.

Exemple, pour Allianz Real Estate, elle a permis de visualiser l’impact écologique et les économies d’énergie réalisées par ses propriétés. Nouveauté, cette lauréate de la 7e édition du Concours d’innovation numérique vient de mettre en place une plateforme permettant d’embarquer les créations artistiques à partir des data en temps réel sur tout type d’écran - de l’affichage dynamique au facebook live en passant par le web et le mobile. La pépite ambitionne de déployer ses ailes en Europe, d’après son PDG et co-fondateur, Abdel Bounane. Un projet qui devrait se matérialiser dès fin 2019, confie le jeune patron.

Symphonie algorithmique pour Muzeek

Augmenter le compositeur : avec son générateur de musique intelligent, la start-up Muzeek, cofondée par le musicien André Manoukian, associé à Yacin Bahi, est à l’origine d’une innovation qui permet de décliner des morceaux de musique, incluant la voix, en les adaptant à l’ambiance d’un contenu vidéo.

Après avoir démarré avec une approche grand public, l’entreprise a changé de cap pour mieux coller aux besoins du marché et s’orienter vers le B2B2C. Elle propose désormais son produit innovant à des agences, des monteurs ou des plateformes vidéo. Fruit d’un long travail de recherche et de développement, la solution de la jeune société, lancée à San Francisco, avec une antenne à Paris où se situe son cœur d’activité, est en train d’être commercialisée, explique le CEO, Yacin Bahi.

Le business model ? La plateforme est disponible grâce à un abonnement permettant d’accéder aux produits : quand une musique plaît, le client l’achète sous forme de licence, explique le dirigeant de cette jeune société qui compte 15 collaborateurs. Quant aux musiciens, ils ne sont pas lésés, bien au contraire. « Nous sommes une plateforme où le musicien fournit la matière première, est rémunéré en conséquence pour son travail et voit son œuvre utilisée à grande échelle. Ainsi, nous augmentons l’artiste plutôt que de le remplacer », souligne cet entrepreneur.

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