Conseils d’entrepreneurs pour réussir son développement aux Etats-Unis.

Bpifrance Excellence et FrenchFounders ont réuni plus de 200 entrepreneurs le 11 février dernier à l'occasion de l’événement « Embarquement pour les USA ». Retour sur une soirée riche en conseils pour s’implanter sur ce grand marché.

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Pas moins de 200 personnes ont participé à l'événement organisé par Bpifrance Excellence, en partenariat avec FrenchFounders, la communauté des entrepreneurs français de l’étranger, le 11 février dernier au Hub de Bpifrance, à Paris. Objectif ? Tout savoir pour réussir son développement aux Etats-Unis, pays qui représente à lui tout seul 20 % du PIB mondial.  Un événement où experts et entrepreneurs ont pu partager retour d’expériences et conseils pratiques. Voici ce qu’il fallait retenir

Cinq success stories françaises aux Etats-Unis : témoignages et conseils

« 340 millions d’habitants, un pays extrêmement solvable, un pays de consommation et de services, qui représente 20 % du PIB mondial : cela vaut le coup de s’y intéresser et nos entrepreneurs sont là pour nous le prouver », résume Alain Renck, Directeur Bpifrance Export, pour lancer la table ronde. A l’honneur, cinq entrepreneurs français qui ont réussi aux Etats-Unis. Avec un premier témoignage… en duplex depuis San Francisco. Pascal Rigo, fondateur de La Boulange, est parti tenter l’aventure californienne à la fin des années 90. Celui qui a été surnommé par la presse américaine le « Steve Jobs de la pâtisserie » y a créé sa chaîne, rachetée en 2012 par Starbucks. Le choix des Etats-Unis n’était pas un hasard. « C’est un grand pays avec des habitudes de consommation assez intenses », explique-t-il. Sa recette ? Un excellent produit, abordable et servi avec le sourire...

Mathieu Nouzareth, fondateur de FreshPlanet, une société de jeux vidéo connue pour son quiz musical « Song Pop », a, lui, embarqué pour New York il y a sept ans, après avoir déjà lancé plusieurs sociétés en France. Son conseil ? « Si vous avez déjà une structure en France et que vous voulez vous développer aux Etats-Unis, ne faites rien à la légère et investissez le temps et l’argent nécessaires pour vous y implanter. »

" Aux USA on pardonne d'avantage l'échec alors lancez-vous ! " @mnouz@FreshPlanet#CapUSA

— Bpifrance Excellence (@BpifranceExcell) 11 Février 2016

Avoir un co-fondateur américain est une différence « qui, sur la durée, est assez importante », estime de son côté David Foult, qui a créé Try the World, une plateforme de box gourmet comprenant des produits du monde entier. Bien se préparer aussi peut faire la différence. « Le marché américain est énorme et a un potentiel considérable, maison peut se ‘planter’ assez facilement si l’on n’est pas préparé », relève le patron de la plateforme Try the World, qui a enregistré 50 000 abonnés en un an.

Mon conseil pour s'implanter aux USA serait " préparez-vous bien, pensez réseau et association " #DavidFoult@Trytheworld#CapUSA

— Bpifrance Excellence (@BpifranceExcell) 11 Février 2016

Alexis Lê-Quôc a pour sa part co-fondé Datadog, un service de monitoring de données en ligne, après ses études aux Etats-Unis. «Gardez l’esprit ouvert et foncez », est le message de cet entrepreneur, dont la société a levé près de 148 millions de dollars depuis sa création, en 2010, à New York.

Etre accompagné, enfin, est le conseil que donne Anji Ismail, co-fondateur de DOZ, une plateforme rassemblant plus de 6 000 experts free-lance en marketing numérique à la demande. Cet entrepreneur - décrit comme « l’étoile montante de la Sillicon Valley » par La Tribune - qui partage aujourd’hui son temps entre Lyon et San Francisco, ne cache pas que le parcours peut être semé d'embûches. « C’est un autre pays, une autre culture, et il faut être dans un réseau. », souligne-t-il.

"Il faut être accompagné lorsque l'on se lance aux USA c'est très important ! " @anjismail@DOZCOM#CapUSA

— Bpifrance Excellence (@BpifranceExcell) 11 Février 2016

Dans son discours introduisant la table ronde, Nicolas Dufourcq, le Directeur général de Bpifrance, a rappelé la richesse de la boîte à outils de l'institution qu'il dirige en matière d’accompagnement à l’international. Une palette qui sera complétée par l’accueil, en septembre prochain, des collaborateurs de Coface, dans le cadre du transfert des garanties publiques à l’export vers Bpifrance, afin d'offrir aux entrepreneurs un guichet unique.

En amont de la table ronde, nous sommes allés suivre deux des ateliers organisés dans le cadre de l’événement : Visa et recrutement. Voici ce qu’il faut retenir :

Immigration et visas : Comment ça marche ?

Avant de s’embarquer pour les Etats-Unis, une question est incontournable, celle du visa. Mieux vaut anticiper la démarche. Car il en existe plus d’un... D'abord le B1, visa temporaire des visiteurs en prospection business. Comme l’explique Isabelle Marcus, fondatrice de Colombus Consulting Group et animatrice de l’atelier dévolu aux visas, le B1 sert à démarcher, rencontrer des acteurs et des partenaires potentiels, voire à commencer à créer tout de suite sa structure aux Etats-Unis sans toutefois pouvoir y travailler...

Une fois la structure montée, un bail de bureau signé, un premier salarié recruté, la solution la plus classique est le visa E, afin de venir travailler et percevoir une rémunération. Sa variante, le « Treaty Investor », est destinée à ceux qui investissent un montant «substantiel », en créant une société en tant qu’entrepreneur, ou en montant une filiale de société française. Les critères pour en bénéficier ? Il faut qu’au moins 50 % des parts de la société américaine soient détenues par un investisseur français et qu’un versement cash «  substantiel » soit effectué sur le compte de la société américaine. Un montant qui diffère selon que l’on crée une société de services ou un retail store, un commerce ou un restaurant…. «Pour une société de services, 100 000 dollars sera le minimum à investir », précise Isabelle Marcus.

Parmi d’autres solutions, le visa L permet de transférer un cadre, qui reste salarié en France, vers la filiale américaine. Le très demandé H1B, pour lequel peu importe la nationalité du bénéficiaire, est soumis, quant à lui, à une loterie par ordinateur. Et il ne faut pas oublier le O - réservé aux compétences extraordinaires - y compris celles dans les affaires. Enfin, au bout de quelque temps, il est possible de demander la carte verte. Là aussi, plusieurs catégories… A choisir au cas par cas.

Comment recruter aux Etats-Unis ?

Baptiste Vavdin, co-fondateur de Mobiskill et animateur de l’atelier sur le recrutement, insiste lui aussi d’emblée sur l’anticipation. « Il ne faut pas attendre une période de trop forte croissance pour se pencher sur le recrutement ».

Aux Etats-Unis, la notion de « profil type » est moins présente qu’en Frnce : les Américains évaluent davantage le potentiel que le parcours du candidat. Où, justement, trouver la perle rare ? Pour Baptiste Vavdin, il faut optimiser le nombre de candidats potentiels. Pour ce faire, utilisez votre réseau proche, vos collègues, LinkedIn, les outils tels que les applications de recrutement, les marketplaces, les cabinets de recrutement… Sans oublier la possibilité de recruter des personnes ne venant pas forcément des Etats-Unis ou de France, dans le cas de certains métiers en pénurie.

Recrutement : Aux USA, on évalue un potentiel plutôt qu'un parcours, il n'y a pas de profil type ! #CapUSApic.twitter.com/rnJKjjhXrh

— Bpifrance Excellence (@BpifranceExcell) 11 Février 2016

De même, il faut être vigilant quant à la « marque employeur », autrement dit, l’image de votre société auprès des personnes qui pourraient potentiellement y travailler, et la mettre en avant de la façon la plus « sexy » possible. « D’autant que les salariés américains sont plus enclins à quitter une entreprise », prévient Baptiste Vavdin. Il faudra donc fidéliser les bons. La clé consiste à accompagner la personne dès le premier jour pour qu’elle se sente bien. Le micro-management est en effet une tendance forte aux Etats-Unis : « Ayez le réflexe de creuser avec eux ce qu’ils apprécient ou non, ce qu’ils aiment dans votre management. N’hésitez pas à les suivre de façon beaucoup plus forte que vous ne suivriez un Français ». Last but not least, la présence d’un membre de la direction sur place est essentielle : difficile par exemple d’y recruter un commercial et ne pas le suivre...