Cyril Chiche [Lydia] : « On a laissé les gens viraliser le produit en partageant leur expérience »

En humanisant les services financiers tout en maximisant leur praticité, la fintech a réussi à entrer dans le quotidien de nombreux Français.

112 millions d’euros. C’est le montant de la levée de fonds réalisée par Lydia, membre de la communauté Les Excellence, en décembre 2020. La crise du Covid-19 a accéléré la croissance de la fintech, qui se rapproche de son objectif fixé par son co-fondateur Cyril Chiche : « devenir la « super application » européenne des services financiers ».

Bpifrance : Comment vous est venue l’idée de créer Lydia ?

Cyril Chiche : En regardant ce qui se faisait ailleurs. Au Kenya, pays où peu de gens possèdent un smartphone et faiblement bancarisé, le paiement par téléphone existe déjà depuis le début des années 2010. Pareil en Corée du Sud ou au Japon à la même époque, alors que ce sont des pays radicalement différents les uns des autres.

Ça n’existait pas en France et je me suis dit que si c’était possible dans des environnements si différents, ça pouvait être une opportunité extraordinaire pour notre pays. Je voulais créer un projet à grande échelle, alors je me suis lancé.

B : Avez-vous eu des craintes de ne pas réussir à installer un concept si particulier ?

CC : Quand on part de rien, si on n’a pas de crainte, c’est qu’on est un peu fou (rires). Mais il faut les surmonter, faire très attention aux détails, ne pas avoir peur de se tromper, jusqu’à trouver des choses qui fonctionnent. Il faut également avoir un peu de chance - et on en a eu - pour que l’utilisateur que vous voulez convaincre finisse par l’être, et espérer qu’il porte votre message autour de lui.

B : Selon vous, quelles sont les forces qui permettent à Lydia de faire partie du quotidien d’autant de personnes ?

CC : Je dirais avant tout le produit, dans sa philosophie pensée pour les humains. Maintenant, grâce à notre application, on peut envoyer « x euros » non pas à une suite de chiffres mais à un nom dans notre carnet d’adresses avec la source d’argent de notre choix. C’est envoyé immédiatement, c’est compréhensible et bien plus humain. Une logique humaine avec la puissance du mobile.

Nous avons une autre force qui est l’honnêteté. On a toujours été transparent et relativement clair sur le fait qu’on participe à un processus de changement qui n’est pas simple. Nous ne dépensons pas de grandes sommes dans le marketing. Dans notre manière de communiquer, on a toujours été humble.

On a laissé les gens viraliser le produit en partageant leur expérience plutôt que d’imposer Lydia comme un grand groupe l’aurait fait avec de gros moyens. A l’époque, nous avions une phrase sur notre bureau : « work hard, in silence, let success be your noise » (ndlr : travail dur, en silence, et laisse le succès faire du bruit »). L'année dernière, même si on a été affecté par le Covid-19, la pandémie a accentué la tendance qui amène les gens à passer du cash au sans-contact.

B : Vous avez intégré le French Tech 120 l’année dernière, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

CC : Cette reconnaissance des pouvoirs publics et les classements divers et variés dans lesquels nous sommes positionnés nous donnent de la crédibilité. Ça rassure aussi les investisseurs et ça fait du bien au moral. Et à l’ego (rires).

B : Quelle est votre ambition à la suite de la levée de fonds de 112 millions d’euros réalisée en fin d’année 2020 ?

CC : Notre ambition est de changer en profondeur la manière dont les gens vivent l’argent au quotidien et devenir la « super application » européenne des services financiers.

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