DiamFab : 30 ans de R&D pour la startup Deeptech

Fondée il y a un an, la start-up iséroise, issue de l’Institut Néel, accompagnée par la SATT Linksium et lauréate du concours i-Lab 2019, développe des composants en diamant synthétique semi-conducteur pour révolutionner la conversion de l’énergie électrique.  

Quelles ont été les étapes de création de DiamFab ? 

Gauthier Chicot : Notre start-up sort de l’Institut Néel, un laboratoire du CNRS, qui travaille depuis bientôt 30 ans sur la synthèse du diamant avec l’idée de l’appliquer aux composants électroniques. L’idée de cette innovation de rupture est donc fondée sur ces années de recherche. Nous fabriquons le diamant semi-conducteur pour les composants électroniques, notamment d’électronique de puissance. Aujourd’hui, le matériau utilisé est le silicium. Mais étant donné les besoins de plus en plus grands en énergie, celui-ci montre ses limites pour les applications haute puissance. Depuis une vingtaine d’années, on cherche à le remplacer. D’autres matériaux commencent à être utilisés. Cependant, lorsque l’on regarde les propriétés pures des matériaux, le diamant est le meilleur semi-conducteur. 

30 ans de recherche et développement, c’est long. Finalement, vous avez eu envie de créer une startup ? 

G. C. : L’envie de créer une startup est venue progressivement. Au fil des années, l’équipe de recherche au laboratoire est devenue l’un des acteurs au monde qui maîtrisait le mieux la croissance du diamant, en tout cas pour fabriquer des composants électroniques. Le laboratoire était souvent sollicité pour être partenaire dans des projets de recherche et pour fournir du diamant pour développer des composants. Mais plutôt que d’être partenaire dans des projets de recherche, nous nous sommes dit que nous pourrions nous lancer dans la valorisation et éventuellement la création d’entreprise pour proposer nos couches épitaxiées de diamant à de nombreux acteurs, et notamment aux laboratoires d’industriels qui développent des composants en diamant.  

Avez-vous eu des difficultés depuis la création de la structure ? 

G. C. Jusqu’à présent, nous avons rencontré peu de difficultés, à l’exception des difficultés administratives liées au montage de la société. Aujourd’hui, notre principal défi est d’avoir devant nous trois années de R&D très intensives qui nécessiteront beaucoup de moyens financiers. Il faut donc chercher des financements, des subventions et éventuellement faire une levée de fonds. 

Trouver des fonds, ça prend du temps... 

G. C. : C’est vrai.  Tout l’enjeu est de trouver le ratio entre le temps que prend le montage des dossiers et les montants que nous pourrions récolter. Il existe un grand nombre de guichets pour financer une start-up. Il faut donc choisir intelligemment les guichets pour les financements qui nous seront nécessaires. Nous sommes également sollicités pour être fournisseurs dans plusieurs projets de recherche, mais nous ne répondons pas toujours positivement car nous ne voulons pas nous disperser vers d’autres applications, ni perdre de vue notre objectif. Et bien sûr, je dois continuer de développer DiamFab, notamment sur la partie commerciale. La difficulté aujourd’hui est donc de trouver un équilibre entre la recherche de financements et le développement de l'entreprise.  

Comment imaginez-vous DiamFab demain ? 

G. C. : Notre objectif est de devenir un acteur clé de la filière de fabrication de composants en diamant, qui va se mettre en place dans les années à venir, en étant le fournisseur de référence de matériaux en diamant pour l’électronique. Nous représentons une étape très stratégique de la chaîne de fabrication de composants en diamant. C’est notre ambition à long terme. Avant d’arriver à cet objectif, le diamant étant un matériau capable de fonctionner à très haute température sous des taux élevés de radiation, il y a un certain nombre d’applications de niches telles que dans le spatial ou le nucléaire auxquelles nous pourrions également nous intéresser. 

Rendez-vous le 6 novembre prochain, à Nantes pour le Deeptech Tour  

Depuis le 19 septembre, Bpifrance part à la rencontre des chercheurs et des doctorants dans toute la France, afin de créer des ponts entre le monde de la recherche et celui de l'entrepreneuriat.

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