EPC : un nouveau business model pour le champagne

Fils et petit-fils de vigneron, Edouard Roy mise sur l’innovation et  la transformation digitale pour s’imposer sur le marché exigeant du champagne. [Entretien]  

Une start-up au pays du champagne. Pour sa re-naissance, l'entreprise familiale qui vient de lever 1,5 million d'euros auprès de Kima Ventures et de business angels, change de nom. Rebaptisée EPC, la marque ambitionne de séduire les 25-35 ans en misant sur digital et en fixant un prix unique pour toutes ses bouteilles. « Nous avons été invités à l'Elysée il y a peu, car l'un des conseillers économiques du président s'intéresse à notre nouveau modèle », déclare Edouard Roy, non sans fierté.

Il faut dire que le jeune dirigeant cherche à dépoussiérer le marché du champagne. « Nous sommes à l'opposé des grandes marques », précise-t-il d'emblée. De fait, ne serait-ce que pour servir en permanence les milliers de clients à l'étranger, les grands noms champenois doivent souvent faire appel à des dizaines de petits vignerons qui leur vendent le fruit de leurs vendanges.
Mais la rançon de ce succès français, ce sont des cuvées mélangées, dont la qualité doit être identique d'une année sur l'autre. « Ces grandes maisons sont obligées d'avoir du champagne 'linéaire', au détriment de la traçabilité et de la qualité, qui peut varier d'une année sur l'autre, sans oublier que les petits producteurs, comme dans la grande distribution, doivent accepter les conditions des grandes marques », pointe Edouard Roy. De quoi banaliser un produit qui est pourtant le seul au monde à bénéficier de l'appellation d'origine contrôlée champagne...

Une gamme restreinte mais de qualité

Comment faire alors pour le protéger, lui redonner toutes ses bulles, et organiser la relève, puisque parmi les petits producteurs, la moitié aura atteint l'âge de la retraite à horizon 2022 ? « Nous nous sommes rapprochés de coopératives de taille moyenne, et avec notre propre maître de cave, nous co-élaborons une cuvée, en nous fondant sur un seul cépage, une seule année, un seul territoire », explique Edouard Roy. De quoi forger une nouvelle identité, et surtout, apporter un meilleur partage de la valeur entre producteurs et la marque qui distribue une part du fruit de leur travail.
 

"Nous racontons une histoire, celle de ces petits producteurs" Edouard Roy

A cette gamme permanente, dont la traçabilité, qu'exigent de plus en plus de consommateurs, est parfaite, s'ajoute une gamme éphémère, « qui correspond bien au goût des jeunes générations, ajoute le jeune homme. Nous racontons une histoire, celle de ces petits producteurs, et de l'année ». La cuvée peut, en fonction des conditions climatiques, être exceptionnelle, bonne ou moyenne. Et fini le jargon des « experts » qui se gargarisent en parlant d'une pointe de cassis et d'un final acidulé ! Le narratif que déroule Edouard Roy est simple et factuel. « On parle de champagne frais, fruité, léger, et c'est tout ! », dit-il.

Des incubateurs pour créer un nouvel écosystème

Mais la maison ne veut pas s'arrêter là. Pour créer un véritable écosystème autour de ce champagne nouvelle génération, elle a mis en place un incubateur, qui vient d'accueillir son premier producteur. Celui-ci va lancer sa propre marque avec l'aide d'Edouard Roy. « Nous voulons avoir un rôle de label », précise d'ailleurs le jeune homme. Une nouvelle identité pour un produit classique, mais « qu'il faut dépoussiérer », assure-t-il, et surtout, qu'il faut amener à prendre un virage pour faire émerger une nouvelle façon de produire et de consommer, mais aussi de respecter le champagne et ses producteurs.  

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