Exotrail, la pépite du New Space qui propulse les nanosatellites de demain

Porté par un marché des nanosatellites en forte croissance, le nouveau secteur spatial français est fin prêt pour la bataille mondiale. De jeunes PME et startups de la SpaceTech passent à la vitesse supérieure. C'est le cas d'Exotrail, spécialisée dans la propulsion électrique pour petits satellites.

Le New Space français est en plein essor. Selon une récente étude d'Euroconsult, le marché mondial pour les petits satellites passerait de 12,6 milliards de dollars dans la décennie 2009-2018 à près de 43 milliards de dollars sur 2019-2028. Et si le secteur est principalement porté par les Américains SpaceX (Starlink), OneWeb et Amazon (Kuiper), les startups françaises ne sont pas en reste. 

C'est le cas de David Henri, polytechnicien de 25 ans, devenu en peu de temps l'une des figures incontournables du New Space français. « Notre mission est d'apporter de l'agilité dans le monde spatial, particulièrement pour les petits satellites. À ce titre, nous voulons devenir des leaders dans le transport en orbite dans les 5 à 10 prochaines années », lance David Henri. En mettant sur orbite depuis l'Inde son premier démonstrateur, un système propulsif électrique équipant un CubeSat lituanien, la startup deeptech franchira, début 2020, un nouveau cap.

Exotrail : lauréat du concours i-Lab et le Concours d'innovation i-Nov 

Avec 20 employés, Exotrail fait partie des startups françaises qui espèrent briller dans ce marché en ébullition. Fondée en 2015 par David Henri et Paul Lascombes, la startup a été soutenue par la SATT de Paris-Saclay. Depuis, la propulsion électrique mise au point par Exotrail suscite l'intérêt des intégrateurs comme des opérateurs de satellites. Cette technologie permet « d'améliorer les stratégies de lancement des petits satellites et les performances des constellations », explique David Henri. La propulsion sert à modifier l'orbite des nanosatellites, action indispensable pour rejoindre une orbite opérationnelle, éviter des collisions ou plonger dans l'atmosphère une fois la mission terminée. Pour le jeune CEO, l'Europe est déjà leader sur le créneau.

En 2018, Exotrail a levé plus de 6 millions d'euros notamment auprès du fonds d'amorçage de Bpifrance F3A qui a pris le pari très tôt d'investir dans le Newspace et de soutenir la startup lauréate du concours i-Lab et du concours d'innovation i-Nov porté par Bpifrance. En cette fin d'année, David Henri annonce la validation des trois objectifs majeurs fixés pour cette année : la création, « en seulement 10 mois », d'un démonstrateur, le lancement d'une version bêta de son logiciel d'assistance à la conception, l'optimisation et l'opération de missions spatiales, ainsi que la signature des premiers contrats commerciaux.

Un laboratoire commun lancé avec le CNRS 

Conseillé par Thales Alenia Space, Exotrail incarne ce New Space français capable de bouleverser l'industrie spatiale tout en nouant des liens forts avec les acteurs traditionnels comme les institutions. Il a pourtant fallu convaincre pour s'imposer. « Il y a quatre ans, on nous riait parfois au nez lorsque nous évoquions les petits satellites, se souvient David Henri. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas et il est probable que les industriels prennent le lead sur ce segment. » Face au fort ralentissement du marché du satellite géostationnaire, les grands industriels comme Thales ou ArianeGroup se tournent de plus en plus vers les objets de moins de 150 kg. « Et ils constatent que ceux qui produisent des solutions techniques répondant à leurs besoins sur de petites plate-formes sont des nouveaux acteurs comme nous », indique le dirigeant d'Exotrail, également épaulé par le CNES.

La concurrence est rude. David Henri sait que dans la recherche et développement réside l'une des clés du succès. C'est pour cette raison qu'Exotrail a ouvert, en 2019, un laboratoire commun avec le laboratoire Icare du CNRS, à Orléans : Oracle. « Il s'agit de préparer le futur, explique le jeune CEO. Les technologies qui se trouveront dans nos moteurs dans trois ou quatre ans sont probablement en cours de développement chez Oracle aujourd'hui. Alors que tout doit aller très vite au quotidien, avec ce laboratoire, nous investissons dans un temps différent. À moyen et long terme, il est indispensable que nous restions actifs et leaders en matière d'innovation ».

Deeptech Tour : 

Depuis le 19 septembre, Bpifrance part à la rencontre des doctorants, chercheurs et laboratoire. Le but : faire rayonner l’écosystème de la deeptech. A l’occasion de ce Deeptech Tour on vous propose de découvrir le guide « Créer sa startup Deeptech » ! 

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