Fabrice Zerah (Ubi Solutions) : "Echouer, c’est apprendre à réussir"

Rien ne le prédestinait à devenir entrepreneur. Or, Fabrice Zerah est aujourd’hui à la tête d’Ubi Solutions, une entreprise spécialisée dans l’internet des objets (IoT) qui s’est développée dans une vingtaine de pays. Il raconte aujourd’hui son expérience dans son livre Du chômage à la French Tech. Interview.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

J’ai créé Ubi Solutions, il y a 10 ans, sans diplôme, sans argent et sans réseau. J’insiste sur ce point car je veux transmettre un message d’espoir aux jeunes générations. Nous sommes devenus un expert de la traçabilité, reconnu dans l’internet des objets et un leader sur le segment de la RFID. Nous exportons aujourd’hui dans 23 pays. Air France, SNCF, Geodis, APHP, Leclerc… font partie des grands groupes qui nous font confiance.

Pouvez-vous nous en dire plus sur Ubi Solutions, la technologie du RFID et ses multiples applications ?

RFID
Le champ d’application de la RFID est sans limite. L’exemple le plus évident de ce que nous faisons est la caisse intelligente. Vous prenez les articles, vous les déposer dans un bac et en un bip vous payez. C’est d’une très grande souplesse et cela représente un gain de temps et de liberté pour le consommateur. Cette technologie a fait gagner près de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires en plus à un groupe comme Décathlon.
Aujourd’hui le marché représente 20 milliards d’objets connectés les uns aux autres. Dans 5 ans, nous serons à plus de 100 milliards ! Quasiment tous les grands secteurs de l’économie sont concernés : la distribution, l’automobile, la santé, le tourisme, les transports, la sécurité, la logistique, nous n’avons que l’embarras du choix.

"Nous avons, en France, un écosystème d’aides au développement et à la création unique au monde"

Et avec la convergence des technologies, nous allons aussi vers un monde qui va totalement changer avec des innovations incroyables comme les boutiques sans caisses ou encore la voiture autonome. Mais c’est aussi notre qualité de vie qui va changer… Demain, les villes sans embouteillages ne seront plus une utopie mais une réalité. Ubi Solutions est au carrefour de toutes ces évolutions.

Pourquoi publier aujourd’hui votre livre Du chômage à la French Tech ?

Voilà 10 ans que j’ai créé Ubi Solutions, un acteur reconnu de la French Tech. J’avais envie d’apporter un message d’espoir à ceux qui veulent se lancer et surtout à ceux qui sont en difficulté, soit parce qu’ils sont au chômage ou parce qu’ils n’ont pas le CV parfait… Quoi qu’on en dise, la France est un paradis pour les entrepreneurs car nous avons un écosystème d’aides au développement et à la création unique au monde. L'écosystème français de soutien aux créateurs d'entreprise est un système unique au monde. Cet écosystème m’a protégé quand j’étais au chômage. Et ensuite, il m’a accompagné dans mon développement. Quel pays au monde propose un dispositif aussi incroyable ? Je vais même plus loin. Je milite pour la sanctuarisation de l’écosystème français. Il ne faut pas qu’il soit soumis aux aléas. Je ne supporte plus les discours grincheux. Oui créer une entreprise et la développer c’est difficile… mais en France, c’est possible, bien plus qu’ailleurs ! Et si je l’ai fait, alors pourquoi pas d’autres ?

La route vers la réussite est sinueuse. Vous avez connu des échecs mais vous avez rebondi. Quels "conseils" donneriez-vous à un jeune qui veut entreprendre ?

D’abord, je veux dire que ce qui fait la réussite, c’est l’échec. Échouer, c’est apprendre à réussir. Il ne faut pas avoir peur de se tromper. Bien sûr, tout au long de la vie, avec nos familles, à l’école, parmi nos pairs, on nous apprend tout l’inverse. Mais pour moi, un entrepreneur, c’est cet individu qui va tomber 7 fois mais se relever 8 ! 
Il faut aussi être passionné par son idée. C’est le meilleur moyen de la transmettre et de la faire partager. L’argent est également important, mais quand on crée, c’est avant tout parce qu’on aime son idée. Et moi j’avais une passion pour les objets connectés. 
Enfin, il faut s’armer de courage et aller chercher l’information. En 10 ans, j’ai reçu plus de 3 millions d’euros d’aides diverses grâce à l’ACCRE, le statut jeune Entreprise Innovante, le CIR et aussi grâce à Bpifrance. C’est unique au monde ! La France est un pays incroyable pour entreprendre. Mon dernier conseil c’est donc d’aller chercher les financements et de s’accrocher !

A-t-on besoin d’un grand groupe pour réussir ?

Oui et non. On a besoin d’un grand groupe pour avoir un client solide qui vous assure une visibilité financière et aussi une crédibilité vis-à-vis de tous vos partenaires. Mais si ce grand groupe développe un comportement prédateur vis-à-vis de la jeune pousse que vous êtes, cela peut devenir très contreproductif.
Je souhaite que l’on comprenne que les PME sont taillées pour faire de l’innovation. Elles sont agiles et souples. Il faut les encourager en priorité.

Fabrice Zerah, Du chômage à la French Tech,Editions François Bourin - 2018

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