Fin de la vaisselle en plastique : ces entreprises aux alternatives innovantes

Avec l’interdiction progressive de nombreux produits en plastique en France, les entreprises ne manquent pas d’ingéniosité pour proposer des alternatives écoresponsables.

Le plastique est bel et bien dans le collimateur du gouvernement. Gobelets, pailles, verres, assiettes : tous disparaîtront d’ici la fin de l’année 2021. Cette suppression programmée des produits en plastique à usage unique devient une réelle opportunité de marché pour les entreprises de la foodtech. Quelques-unes d’entre elles ont déjà pris le pli de ce changement d’ère et créent des alternatives qui pourraient bouleverser le secteur dans les prochaines années. 

Koovee : manger ses couverts à la fin de son repas  

9 millions de tonnes de plastique finissent dans la mer tous les ans. C’est ce constat qui amène Tiphaine Guerout, étudiante à Sciences Po Paris, à créer Koovee en 2017. Elle monte la startup à Saint-Aubin-de-Médoc, en Gironde. Après 1 an et demi de R&D, rendue possible grâce au soutien financier de Bpifrance, la startup lance sa cuillère et sa fourchette comestibles, composées de farine de blé, d’huile de colza et de sel. Au lancement, Koovee a trois clients pilotes : Chefing, API Restauration et un grand groupe du secteur ferroviaire. Pour le moment, Koovee fabrique ses 7 000 couverts quotidiens dans le Val-de-Marne, en Ile-de-France, mais souhaite rapatrier sa production en Gironde. En 2019, l’entreprise aurait doublé son chiffre d’affaires tous les mois depuis la commercialisation au grand public en avril.

Le mot de la boîte [Tiphaine Guerout] : Nous faisons 40% de croissance par mois. Nous souhaitons devenir la première alternative aux couverts à usage unique à l'échelle européenne. Pour cela, nous développons notre gamme de saveurs ainsi qu’un kit de couverts comestibles complet. Nous investissons également dans une ligne industrielle de manière à répondre à la demande croissante et à garantir une offre attractive tout en conservant la qualité du produit.

La Perche : la première paille… faite en paille 

Une alternative innovante venue du Perche fait déjà le bonheur des professionnels et du grand public pour les remplacer. En 2018, l’agriculteur Mike Sallard et le designer Jeff Lubrano veulent créer la première paille bio à base de paille naturelle et lancent l’entreprise La Perche. Après un an de R&D afin trouver la meilleure variété pour confectionner les pailles, ils s’arrêtent sur le seigle fin 2019. Les pailles sont récoltées manuellement et transformées dans un atelier de Bellême en Normandie. La Perche a trois partenaires qui coupent la tige de seigle dans leur atelier avant de la renvoyer dans celui de Bellême. Pour commercialiser ses produits, La Perche travaille avec le réseau de magasins Biocoop et de nombreux cafés, hôtels, restaurants et épiceries de vente en vrac. L’entreprise a déjà stocké 30 tonnes de seigle pour fournir 8 millions de pailles dès l’été 2020.

Le mot de la boîte [Jeff Lubrano] : Nous sommes pleinement impliqués dans une démarche ESS. Nous souhaitons monter une charte de travailleurs handicapés afin de pousser notre logique RSE à son paroxysme.

Tassiopée : A boire et à manger 

Un double constat pousse Nicolas Richardot à vouloir réinventer la pause-café : les 5 milliards de gobelets en plastique utilisés chaque année en France et le grignotage qui accompagne souvent la pause-café. Le jeune ingénieur-entrepreneur sorti de l’AgroParisTech veut créer... Une tasse de café comestible. En mars 2016, il monte la startup Tassiopée et crée une tasse confectionnée avec des produits bio et résistante à la chaleur. Des qualités qui ont valu à Tassiopée l’obtention du Label GreenTech verte il y a 4 ans. Le produit a nécessité un an et demi de R&D avant son lancement, mais l’entrepreneur se dit sûrement que cela valait le coup. Depuis janvier 2018, Tassiopée développe une activité événementielle autour de ses tasses et dispose d’une boutique en ligne sur son site. En février 2020, les tasses à croquer de l’entreprise font leur entrée dans les rayons des magasins Nature & Découverte. Pour le moment, Tassiopée se spécialise dans la tasse comestible écoresponsable, mais Nicolas Richardot n’exclut pas d’étendre son activité dans les années à venir.  

Veganbottle : la bouteille en bagasse de canne à sucre

L’entreprise Lyspackaging est pionnière sur son marché avec sa Veganbottle, première bouteille constituée de bagasse de canne à sucre. En 2015, Nicolas Moufflet, fondateur de Lyspackaging et créateur du produit s’associe au laboratoire Biopolynov pour la phase de recherche. Fruit de technologies brevetées dans le domaine de la transformation d’extraction du sucre de la bagasse de canne à sucre et de combinaisons végétales, la Veganbottle a nécessité plus d’un an de R&D. L’entrepreneur charentais a bénéficié de la Bourse French Tech Emergence pour créer sa bouteille 100 % compostable. Conditionnées en pack de 12, elles sont désormais vendues directement aux entreprises, mais aussi aux particuliers dans les boutiques partenaires de Lyspackaging. Ce succès a permis à l’entreprise de décliner sa bouteille en version gourde : la Veganbottle GO. Lyspackaging travaille avec l’association Génération Masoala Madagascar pour planter un arbre par gourde vendue et toutes les 2 500 bouteilles vendues.

Le mot de la boîte [Nicolas Moufflet] : « Depuis sa création en 2015, LYSPACKAGING a connu une forte progression tant au niveau R&D que d'un point de vue commercial. L'investissement a permis de tripler la capacité de l'usine tout en gagnant en autonomie. L'équipe a également été structurée pour augmenter la performance et dynamiser la stratégie. Le service de design se renforce pour permettre le développement de nombreux projets. LYSPACKAGING veut proposer sa solution sur tous les continents en favorisant la production locale via un système de licences ».

Monbento : Le déjeuner à emporter

L’histoire de monbento démarre en 2009 à Clermont-Ferrand. De retour d’un voyage en Australie, Fabien Marret, designer, imagine un concept de restauration basé sur l'écoconception et la réutilisation des packagings. Ce projet l'oriente vers le bento qu'une de ses connaissances, Emilie Creuzieux, kinésithérapeute, adopte rapidement au quotidien. Cependant, le bento reste encore difficile à trouver en Europe. Face à ce constat, Fabien et Emilie s'associent pour créer monbento. Aujourd’hui, l’entreprise propose une gamme élargie de bentôs, de la version originale à la version carrée en passant par celle pour enfants. En 2017, les cofondateurs décident de proposer le bento MB Original en made in France pour le marché occidental. Les boîtes classiques sont produites à Oyonnax, dans l’Ain et celles en bois par un artisan de Vertolaye, dans le Puy-de-Dôme. Pourtant, c’est bien l’Asie qui constitue le premier marché de monbento, devant la France. L’entreprise possède trois filiales à Shanghai, Hong Kong et New York et réalise 70% de son chiffre d’affaires à l’export. Pour pousser encore plus loin sa démarche écoresponsable, monbento conçoit également des couverts en plastique d’origine végétale ou en acier inoxydable ainsi que des bouteilles nomades pour lutter contre les 200 millions de bouteilles en plastique jetées chaque jour, comme le rappelle l’entreprise sur son site.

Le mot de la boîte [Fabien Marret] : « Monbento a pris la mesure des enjeux environnementaux dès sa création. Nos produits invitent à rejoindre un mouvement auquel adhèrent déjà quelques millions d’utilisateurs de bentos depuis plus de 10 ans. Avec l’entrée en vigueur de la loi EGalim, tout s’accélère : les emballages plastiques à usage unique sont désormais interdits dans le secteur de la restauration. Nous sommes sollicités quotidiennement par les restaurateurs sur la question du réutilisable. Pour les enfants, leur transmettre le goût du bien manger devient notre ambition ».

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