Forte de sa culture américaine du business de même que des enseignements tirés de ses revers, Isabelle Saladin a lancé plusieurs entreprises innovantes en France. Convaincue qu'il faut changer le regard sur l'échec, elle épaule aujourd'hui les entrepreneurs tricolores à travers plusieurs structures dédiées. 


« Échouer est une force ! ». Isabelle Saladin en est plus que jamais persuadée. Celle qui, aujourd’hui, affiche un CV d’entrepreneure chevronnée, a forgé son credo au fil d’un parcours atypique, semé tant de réussites que d’embûches.

Avoir de l'audace. A 20 ans, et après une scolarité décevante en raison de sa dyslexie, Isabelle Saladin décide de s’envoler pour les États-Unis. Destination : l’Université de San Diego, pour y étudier le commerce et le marketing. Munie de son seul prêt étudiant et ne maîtrisant pas encore tout à fait l’anglais, elle se sent d’emblée à l’aise dans ce pays où règne « un état d’esprit selon lequel tout le monde est capable de monter un projet ». Au cours de ses stages au sein de la Silicon Valley, elle apprend « ce que représentent la proposition de valeur, la stratégie, le marketing et la puissance des mots, bref, le monde du business », se souvient-elle.

Art-DV : un Etsy à la française

Autant de connaissances qu’elle met à profit dès son retour en France. A 28 ans, elle fonde sa première entreprise, Art-DV - une place de marché d’objets faits main entre particuliers, inspirée du site américain Etsy. Le succès est au rendez-vous. « Nous avions une croissance de 30 % par an », assure l’entrepreneure. Mais son projet de levée de fonds pour accompagner la croissance de sa plateforme digitale se heurte à l’incompréhension des investisseurs. « On me disait que je ne vendais rien, que c’était immatériel. Et à l’époque, il n’y avait pas encore beaucoup d’aides ni d’accélérateurs... ». Faute d’investissements nécessaires et confrontée à une courbe de charges exponentielle, la jeune chef d’entreprise dépose le bilan. "C'était trop tôt. J'ai compris que les différents marchés et cultures n'avaient pas le même degré de maturité. Mais c'était une expérience forte, notamment le fait de devoir expliquer l'échec aux équipes", constate-t-elle.

Copiloter les entrepreneurs

Peu de temps après, Isabelle Saladin intègre Lexmark avec pour mission d'accélérer le changement du modèle économique du groupe via des fusions-acquisitions. Une expérience durant laquelle l’entrepreneure cofonde la société CDLS, dédiée à la transition digitale des PME, mais découvre également un nouveau métier, celui d’operating partners - ces créateurs d’entreprise expérimentés qui « copilotent » les décisions stratégiques des entrepreneurs. De quoi lui donner l’idée de lancer, en 2016, la société I&S Adviser, spécialisée dans ce domaine. Plus récemment, elle a aussi monté Les Rebondisseurs français, une association qui vise à libérer la parole sur l’échec, et fournir aux entrepreneurs des outils pour se relancer.

Aujourd’hui, Isabelle Saladin continue de mener de front ces deux activités qui, en cette période de pandémie, se retrouvent sous les feux des projecteurs. « Le téléphone ne cesse de sonner », affirme la serial entrepreneure. Son prochain défi est une évidence : « Je veux aider le plus grand nombre d’entrepreneurs à traverser les vagues de cette crise et à mieux rebondir. Ce qui nous attend tous sera sans doute une grande aventure », conclut-elle.

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